Nos options, Big Major, Exumas – 27 mars 2020

Depuis le début de la pandémie, nous avons toujours eu plusieurs options. Bien sûr, plus le temps avance et tant que la pandémie n’est pas sur sa pente descendante, nos options vont en s’amenuisant.

De nos îles lointaines, il est difficile de savoir si l’on fait le bon choix. On ne le saura que plus tard. Et c’est quelque chose qui est difficile à accepter quand la sécurité de nos enfants passe par ces choix.

Notre premier choix a été de savoir si nous poursuivions le voyage. Rapidement, le voyage comme nous l’avions imaginé a disparu. Restrictions pour aller à terre, pour côtoyer des gens, pour s’approvisionner… Nous avons donc mis fin au voyage.

À ce moment, nous étions aux îles Turquoises. De magnifiques paysages, des gens accueillants, des ressources tout à côté, un hôpital pas trop loin… il aurait été facile de rester là et de laisser passer la crise… Mais si la crise durait? Combien de temps cela durerait-il? Impossible de prévoir. Et à partir de juillet, il est possible que des ouragans se pointent.

Alors, laisser le bateau ici et rentrer en avion? Nous avons investi beaucoup d’argent et de temps dans ce voyage. Si nous venions qu’à perdre le bateau, il nous faudrait beaucoup d’années pour reprendre le dessus financièrement, sans compter que j’ai perdu mon emploi juste avant de partir…

Il nous fallait donc remonter le bateau en des lieux plus sécuritaires. Les Bahamas? Oui, pas trop loin des États-Unis. Allons-y.

Mais les ressources se font rares… Et deux jours après y être rentré, tout le pays est tombé en lock down pour une semaine. Aucun avion pour rentrer chez nous si nécessaire. Pas vraiment d’hôpitaux sauf à Nassau, zone contaminée et sujette à un taux de criminalité grimpant en temps de crise.

Nous avions presque décidé de laisser passer la crise en restant dans les Exumas, petites îles isolées bien agréable à vivre. Mais quand Sébastien est allé chercher du diesel pour faire le plein, un officier était sur place et a annoncé que le lock down se poursuivrait pour un mois. Avec des restrictions plus grandes pour les étrangers. Pas le droit d’aller à terre pour tout le mois, y compris pour s’approvisionner. Et pas le droit de pêcher, les ressources devant être réservées aux Bahamiens.

Dans ces conditions, nous partons vers les États-Unis. Nous devons naviguer au moins deux jours entiers pour aller toucher la côte.

Nous espérons que les règles d’entrée ne changent pas d’ici là.

Nous espérons que la navigation sera sans heurt.

Nous espérons que d’entrer dans le pays le plus contaminé de la planète ne sera pas une erreur.

Nous espérons pouvoir nous approvisionner en nourriture et en diesel car nous en aurons besoin pour naviguer dans l’Intracostal.

Nous espérons aussi que les écluses du canal Champlain ouvriront comme prévu au mois de mai, pour nous laisser rejoindre le lac Champlain.

D’ici là, nous nous attendons à faire face à plusieurs autres défis auxquels nous n’auront pas pensé.

Malgré tous les facteurs inconnus, nous sommes reconnaissants d’être en santé et en compagnie de nos filles.

Depuis le début de la gestion de cette crise, elles sont extraordinaires. Elles nous confient leurs états d’âme, nous réconfortent quand nous craquons et nous allègent le coeur quand elles éclatent de rire toutes les trois ensemble.

Le deuil est entamé. Les larmes soulagent maintenant. Voguons vers la sécurité. On espère…

Je veux remercier tous les gens qui nous manifestent leur soutien et qui pensent à nous. Tous les gens qui s’informent de notre plan de match et de nos conditions de vie. Sachez qu’à part une grande inquiétude, nous ne pourrions pas être mieux que maintenant. Sauf peut-être d’être près de vous au Québec, au Canada. Merci xxxxx

Doux amer, de Calabash Bay à Big Major, Exumas – 26 mars 2020

Depuis le début de nos contacts avec l’océan, j’ai envie de voir ce que c’est qu’une mer calme. Ben voilà, c’est aujourd’hui.

Nous traversons de Calabash Bay, Long Island vers Black Point aux Exumas. Nous espérons être capable de nous ravitailler en diesel et peut-être quelques items d’épicerie si possible.

Nous entendons toutes sortes de rumeurs comme le fait qu’il est interdit d’aller à terre. Nous avons hâte de voir comment le ravitaillement sera possible dans ces conditions.

La tristesse m’étreint toujours la gorge. Les larmes sont toujours aux coins de mes yeux. Malgré tout la vie en famille sur le bateau est douce et pleine de câlins. Malgré l’obligation de couper court à ce voyage, nous sommes reconnaissants à la vie de nous permettre de vivre des moments merveilleux ensemble.

Le turquoise de l’eau est ce qui me manquera le plus je crois. Regarder dans la mer comme dans le plus beau des écrans, voir la vie marine venir à notre rencontre, je ne m’en lasserai jamais.

Comme une odeur d’apocalypse – 18 au 25 mars 2020

Un endroit merveilleux. Un décor paradisiaque. La nuit, les étoiles se font belles par milliers. Le jour, les teintes de turquoises, de bleus de beiges, de verts et de fuschias…

Aucune seconde pour en profiter.

Nous sommes arrivés aux Turquoises le 17 mars. Nous en repartirons le 22, sans presque avoir mis pied à terre, complètement angoissés et sans savoir ce qui nous attend. Nous avons peur d’être refoulé à l’entrée des Bahamas et des États-unis. Et nous avons beaucoup de grosses navigations à faire jusque-là. Donc les choses peuvent changer très rapidement, c’est stressant…

J’ai l’impression d’être en plein cauchemar. Nous avons tellement eu de difficultés à nous rendre jusqu’ici. Nous comptions en profiter à partir de maintenant… il faudra plutôt se dépêcher à remonter vers le nord. Il se peut même qu’on ne puisse pas retourner sur une plage… c’est totalement absurde. Dans toute la durée de notre voyage je ne crois pas que nous avons eu plus d’une dizaine de jours pour en profiter.

Nous sommes partis de Providenciales le 22 mars. Vagues annoncées: 4 pieds. Vagues réelles: 8 à 12 pieds aux 6 secondes. Nous devions nous rendre aux Exumas mais nous avons dû arrêter à Mayaguana parce que la navigation était trop difficile.

La remontée sera dure… et nous ne voulons pas faire trop de moteur au cas où nous ne pourrions pas nous approvisionner plus haut. Quelle galère…

Le 23 mars, nous poursuivons notre route. Nous visons les Exumas. Mais encore une fois, l’océan est déchaîné. Rien pour nous mettre à risque mais des navigations très éprouvantes. Nous nous arrêtons aux Crooked Island pour nous reposer.

Re-départ le lendemain… et si cette fois nous y arrivions? Distance jusqu’aux Exumas: 165 miles. C’est beaucoup. La mer est moins grosse mais nous sommes épuisés.

Le soir tombe, passerons-nous la nuit à naviguer?

De plus, le gouvernement des Bahamas vient de décréter un couvre-feu 24h, c’est à dire que personne n’est autorisé à circuler. Nous contactons notre ambassade à Nassau… Le consul essaie de nous encourager, et sans trop se commettre nous dit que si nous nous déplaçons pour rentrer chez nous, ça devrait être correct. Nous nous faisons plein de scénarios stressants d’abordage par l’armée ou la police bahamienne… Ça n’arrivera heureusement pas.

Nous sommes trop fatigués pour continuer jusqu’aux Exumas, nous stoppons à Calabash Bay vers une heure du matin. Nous prenons un apéro tardif bien mérité. Le plus dur est fait. Demain nous prendrons une journée de repos et nous repartirons pour de bon vers les Exumas pour nous ravitailler si on le peut et poursuivre notre remontée vers le nord.

Avant de partir des Turquoises, j’ai fait un approvisionnement de nourriture que j’ai évalué à 1 mois, 2 si on étire les denrées. Je me disais qu’on devrait en avoir assez… maintenant, avec les odeurs d’apocalypse et les services qui ferment les uns après les autres, on est inquiets. On a hâte de revenir à la maison.

Là où le voyage s’arrête – 18 mars 2020

C’est la mort dans l’âme que j’écris ce billet.

Pour nous, c’est fini.

Le 17 mars, nous étions heureux, fiers et insouciants (pas à ce point mais tout de même confiants que les choses allaient bien se passer). Après notre repas au resto, nous nous connectons à internet et notre monde s’écroule.

Les frontières des Antilles sont presque toutes fermées à partir de demain de façon indéfinie. Les accès aux ressources (nourriture, diesel) sont compliquées ou risquées pour notre santé.

Seb et moi nous discutons des implications… nous pensons à nos filles. Et nous décidons qu’il ne serait pas sage de continuer. Malgré tous les défis impliqués dans un retour vers le Québec avec Océo, tout de suite après notre arrivée aux Turks and Caicos, nous commençons à planifier notre retour.

Nous rebrousserons chemin en espérant ne pas rencontrer trop d’obstacles sur notre route.

Nous avons suivi l’évolution du COVID19 de loin, un peu comme une réalité qui ne pouvait pas nous atteindre.

Nous avons bien ri de la saga du papier de toilette!

Quand l’OMS a déclaré la pandémie, nous nous sommes mis à faire des recherches sur l’impact que ça pouvait avoir sur nous.

Nos assurances santé peuvent décider de ne pas nous couvrir.

Nous avons vu les frontières se fermer les unes après les autres.

Nous ne pouvons plus effectuer une descente des Antilles de façon sécuritaire. Même si nous ne contractons pas le virus, rien ne nous assure que nous pourrons nous approvisionner en nourriture et en carburant si nous nous aventurons plus loin.

De plus, nous ne profiterions pas de ce voyage, ayant peur de nous mêler aux gens et de contracter le virus.

Ce soir, les larmes ont coulé sur nos 5 visages. Ce pour quoi nous avons tant sacrifié ne se concrétisera pas. Bien sûr, nous essaierons de faire d’autres plans… mais nous devons présentement travailler à faire notre deuil.

Et nous mettre en chemin pour rentrer dans notre pays d’une façon ou d’une autre.

Vers les Turquoises – 13 au 17 mars 2020

Eh oui, on est partis.

À nous les grandes traversées.

Malgré les vents qui persistent sans relâche,  nous décidons de partir quand même. On sait que ça veut dire avoir une houle plus grosse que celle annoncée (4 à 6 pieds).

On sait donc que ça va brasser. Mais pour se rendre à Grenade, il faut bien avancer!

Nous partons vendredi 13 mars de George Town vers Long Island. La houle est assez grosse (plus qu’annoncé) mais nous prenons de plus en plus confiance en Océo. Ce qui fait que la navigation de 6h s’est relativement bien passé malgré que c’était désagréable de brasser.

À notre ancrage dans la baie de Calabash nous retrouvons Air Cool, un voilier avec un couple bien gentil et leur chien qui vont eux aussi vers le sud.

Nous discutons un peu avec eux et nous décidons de partir ensemble dimanche matin vers Mayaguana, notre dernière île des Bahamas. 165 miles nautiques à faire, 30 heures selon les prédictions, sûrement plus parce qu’on est aux Bahamas et que peu importe ce qui est annoncé, on aura le vent DANS FACE. Donc un jour, une nuit et une autre partie de journée. Départ à 7h le matin pour contourner la pointe de Long Island puis prendre un cap sud-est.

Long Island porte bien son nom. C’est interminable de la dépasser. Au coucher du soleil, elle était enfin derrière nous.

Puis nous avons laissé les îles Acklins sur notre tribord pendant la nuit et avons descendu sous les îles Plana au lever du jour pour se cacher un peu des vagues. Une bonne idée à priori mais le vent n’a pas viré au nord-est comme prévu et nous avons dû faire du moteur parce que le vent ne nous aidait pas.

Nous sommes arrivés à notre ancrage à l’extrémité est de l’île de Mayaguana vers 18h après 35 heures de navigation.

Que c’est magnifique. Une île toute en nature avec des plages enclavées dans des petites falaises. Nous aurions bien aimé aller à terre mais il fallait se reposer pour continuer notre chemin le lendemain.

Cette traversée a eu des bons et des moins bons moments. Les bons quand le vent est juste parfait et qu’Océo file à 6 noeuds en coupant les vagues. Bon aussi quand les trois filles viennent dans le cockpit et que nous pouvons discuter tous ensemble, jouer à des jeux ou simplement admirer la multitude d’étoiles qui décorent le ciel. Très bon aussi quand les trois filles se sont endormies dans le cockpit, bien tranquilles et en confiance malgré le caractère exceptionnel de notre situation.

Moins bons quand le vent vire proche de DANS FACE et que les vagues en profite pour nous secouer bien comme il faut.

À part beaucoup de vagues qui nous ont ralenti, Océo a bien fait son travail. Les filles se sont occupé toutes seules (elles ont fait un marathon de films accompagné de popcorn!) et on a pu se concentrer sur la navigation.

De mon côté je ne pouvais pas arrêter de dire : « wow, on a fait une traversée dans le VRAI océan Atlantique!! » Un océan avec beaucoup de milliers de pieds sous la quille.

De notre cockpit le soir nous avons pu admirer ce vaste océan, tout en étant assez bien protégés de la houle par l’île.

Nous quittons Air Cool et poursuivons notre route le lendemain matin vers les Turks and Caicos où nous ferons un arrêt obligé pour attendre une fenêtre météo pour Porto Rico.

Une traversée de jour cette fois, nous sommes partis à 7h30 pour arriver aux îles Caicos, plus précisément sur la grosse île de Providenciales vers 16h30.

Le Caicos Bank et l’île de Providenciales

Une belle traversée, 15 à 20 noeuds de vent sur le travers, Océo a filé comme l’éclair vers notre destination.

Nous voulions prendre une marina, nous appelons la seule qui offre assez de profondeur sur les cartes pour nous accueillir. Ils sont complets! Zut!

Nous appelons la marina de South Side mais sur les cartes ça nous indique un canal d’entrée avec 5 pieds d’eau. Le propriétaire nous assure que comme nous sommes à marée haute nous pouvons passer.

Oui ça passait, mais on a pas mal labouré le fond en chemin! Et on ne pourra pas sortir n’importe quand d’ici, il va falloir attendre une marée haute.

Bob le propriétaire est venu nous accueillir lui-même. Après nous avoir attaché, et comme Océo est sur un quai de l’autre côté du bassin, j’embarque dans sa voiture pour aller faire les douanes à la marina.

Avec le coronavirus dans sa pleine expansion, nous ne savions pas quel genre d’accueil nous attendait. Nous entendons dire que certains pays demandent une quarantaine de 14 jours sur le bateau, d’autres ferment leurs portes. Les pays des Antilles sont peu touchés pour l’instant mais on sait que tout peut changer rapidement alors nous nous tenons au courant.

Pour les îles Turquoise, l’entrée dans le pays a été facile. Je fais la paperasse des douanes dans le gazebo de la marina: une table de jardin pour les douanes et celle d’à côté pour l’immigration.

Les officiers sont très gentils. Je suis soulagée, tout se passe bien!

Il en coûte 60$ pour les douanes et 15$ pour l’immigration. Habituellement c’est 50$ seulement mais comme nous sommes arrivés après 16h30 nous avons dû payer leur temps supplémentaire.

Ensuite c’est l’inscription à la marina. Le personnel est très aimable et il y a beaucoup de services. Entre autres des douches, une salle de lavage, un joli resto bar et aussi un transport vers l’épicerie. Que demander de mieux!!!

Nous allons vite prendre une douche. Que c’est merveilleux, une douche d’eau douce. Ok, elle est froide, mais ça reste de l’eau douce! En plus, les douches sont à ciel ouvert. Je trouve ça génial!

Et un luxe, nous allons au resto pour souper! Nous goûtons à la bière locale, la Turk’s Head. Elle est bonne. Et tous nos plats sont très bons. Il y a même une poutine à la québécoise avec du fromage en grain. Les filles s’en sont régalé! Nous avons appris que Bob a une soeur qui vit à Trois-Rivières, c’est probablement de là que vient l’inspiration!

Nous sommes donc arrivés. Il nous reste encore pas mal de chemin à faire, dont un gros morceau pour nous rendre à Porto Rico. Notre première étape sera de se trouver de l’Internet et de regarder la météo pour les prochains jours.

Nous sommes très fiers de nous!

6 mois de voyage: Bilan des filles

Bilan de Mathilde: C’est cool d’être en voyage. On découvre de beaux endroits. C’est bien aussi d’être en famille.

Coup de coeur de Mathilde: Cumberland island

Randonnée à Cumberland Island

Mathilde n’aime pas: rencontrer des itinérants (ça la rend triste) et ne pas voir la famille et les amis.

Ce que Daphnée préfére du voyage: rencontrer des gens, il fait chaud tout le temps, pratiquer le volleyball et surtout le musée de St Michaels.

Thor, le bateau jeu

Ce que Daphnée n’aime pas: ne pas voir les amis et aussi quand on ne peut pas se baigner parce que l’eau est trop brune.

Les coups de coeur de Livia: voir les hydravions atterrir et décoller à côté du bateau, voir des dauphins et nourrir une raie.

Avion!

Livia n’aime pas: rester tranquille quand il faut s’ancrer!

6 mois de voyage – Le bilan

18 épisodes de série et 7 films plus tard, le vent nous lâche enfin un peu. Au moins, l’école est à jour!

Le 6 mars a été la journée préparation pour le gros cocooning qui nous attendait: provisions, eau, diesel et lavage.

Du 7 au 11, il a venté. Des pointes à 40 noeuds. Même l’éolienne a dû déclarer forfait.

Ça permet d’installer une routine, ce qui me fait du bien. J’ai moins l’impression d’être en rattrapage, surtout pour l’école.

Et puis, on a fêté nos 6 mois de navigation avec une bonne lasagne, une bouteille de moût de pommes pour les filles et une bouteille de vin que j’avais mise de côté pour nous. Et comme dessert des cupcakes au chocolat!

Notre cocooning a aussi permis de dresser un bilan… Le score n’est pas très bon. Nous avons eu une année spécialement difficile en vents et météo, dixit tous les navigateurs d’expérience qui nous accompagnent cette année.

Nous avions travaillé trop fort avant de partir.

La côte Est des USA a dû se faire version intense, rapide et en fonction de se cacher des systèmes qui passaient.

Les Bahamas se sont montrés sous leur meilleur jour à de très rares occasions ne nous laissant pas profiter de ces paysages paradisiaques autant qu’on aurait aimé.

Dans la colonne des plus il y a la compagnie de notre équipier Benoit pour nos 6 premières semaines.

Notre crabe pêché dans la baie de Chesapeake, ça c’était génial!

Notre visite à Disney n’était pas seulement bien, elle a été essentielle à la poursuite du voyage, nous donnant ainsi une semaine de vacances qu’on ne savait pas avoir besoin (autant que ça).

La gentillesse des Bahamiens ainsi que leur réel intérêt dans les humains qui les visitent nous a souvent touché.

Et malgré les défis, les chicanes et les jouets qui traînent, le fait de passer tout notre temps avec nos enfants nous permet de les voir grandir et voir aussi la merveilleuse lumière qu’elles dégagent. Tout le monde nous dit que nos filles sont géniales. Nous découvrons qu’elles peuvent être courageuses et très généreuses, surtout avec nous qui leur en demandons beaucoup.

Des larmes aux rires, du découragement à la persévérance, ce voyage nous fait vivre. Tout court.

Et malgré qu’on l’oublie souvent, c’est ça que nous voulions.

George Town, Great Exuma, Bahamas – 28 février au 5 mars 2020

Les semaines passent vite. Notre moral est un peu revenu au beau fixe et le décompte commence déjà pour Grenade. Nous voulons y être fin juin, c’est dans 4 mois.

Notre navigation vers George Town a été un peu houleuse mais au moins le vent n’était pas DANS FACE cette fois! Nous avons donc levé les voiles, sans faire la vitesse que nous espérions. Nous avions 52 miles à parcourir avec une sortie de cut puis une entrée à synchroniser avec les marées. Heureusement, tout ça entrait dans les heures d’ensoleillement.

George Town est une longue baie protégée par l’île de Stocking Island. En fait nous disons George Town mais il s’agit de l’île de Great Exuma. Et nous nous ancrons « devant » la ville de George Town.

Arrivée à George Town, il y a un peu de monde!

Devant étant un bien grand mot. La baie est large d’au moins un mile. Quand il vente d’est, nous nous ancrons près de Stocking Island. Et pour accéder aux multiples facilités, il faut traverser en Zozo. Sauf que si il vente, on arrive totalement trempé! On approchera sûrement Océo de la ville pour faire nos provisions!!

Les marins qui passent (ou qui restent) à George Town sont organisés en communauté. À 8h le matin sur le radio VHF, il y a les annonces du jour. Nouveaux arrivants, annonces locales, objets perdus, échange ou vente de matériel, le coin des enfants, etc. Une ambiance de camping règne dans cette immense baie!

Le premier jour où nous allons à terre, nous découvrons le fameux Chat and Chill. Situé sur Stocking Island, il s’agit d’un bar/resto entouré de plages, terrains de volleyball et jeux de poche. C’est le lieu de rassemblement de toute la communauté de bateaux.

The Famous Chat n Chill

Les filles découvrent rapidement le jeu de poche, puis la chaise hamac et la corde de Tarzan au-dessus de la plage. Ça tombe bien, on est aussi juste à côté de la cabane qui sert des salades de conches faites devant nous. On se gâte. Puis avec les morceaux de conches non comestibles résultant de la préparation de notre salade, nous pouvons nourrir les raies qui viennent juste au bord de la plage exprès pour ça.

Je suis un peu mitigée. Je trouve génial que les filles puissent enfin s’amuser dans un lieu intéressant pour elles. Mais comme généralement je ne me mêle pas beaucoup aux foules, je me sens en-dehors de la communauté et ça me donne un point de vue étrange. Georgetown, enfin sa communauté de bateau, me semble loin de l’authenticité rencontrée jusqu’à maintenant. Un peu l’impression  qu’on aurait j’imagine en arrivant en plein milieu d’un carnaval… C’est bien intéressant, mais où se trouve la vraie nature?

Peut-être dans la ville. À George Town nous entrons avec Zozo dans le Lake Victoria, une étendue d’eau enclavée avec une toute petite entrée où les gens qui entrent ont priorité, parce que ça ne passe pas à deux de large.

Entrée du Lake Victoria

Le quai pour les dinghys a aussi un robinet d’eau gratuite. Juste à côté du quai il y a le camion à déchets et l’épicerie Exuma Market, une épicerie de grandeur moyenne avec une sélection correcte de produits. Enfin, du vrai lait!!!

Nous visitons un peu, les filles découvrent un parc et nous jouons même au basketball! Nous repérons ce dont nous aurons besoin pour faire nos provisions avant de nous aventurer plus loin.

Nous profitons de notre présence à terre pour dîner avec nos amis de Mikhaya au Driftwood Café (avec ses spécialités pâtisseries italiennes, miam!). Ils partent pour Cuba le lendemain.

Nous laissons passer quelques jours de gros vents puis nous retournons au Chat and Chill pour y passer un après-midi détente. Les filles ont leur premier « vrai » cours d’éducation physique terrestre du voyage: on enseigne les bases du volleyball de plage.

Et maintenant, qu’est-ce qui nous attend? Du VENT! De gros vents forts sont annoncés pour la fin de semaine prochaine. Très gros. Nous ne bougerons pas d’ici car nous sommes bien protégés. Mais après, on va se mettre en mode grande navigation et préparer nos bouts de chemin vers les Turquoises et Porto Rico. On a hâte de faire la découverte d’un autre pays.

Nous sommes bien ancrés à Monument Beach

Les longs séjours forcés, durs sur le moral… – 21 au 27 février 2020

21 février. Ce matin nous bougeons vers Black Point sur l’île de Great Guana. L’ancrage de Big Major (l’île aux Cochons) où nous sommes aurait convenu pour les forts vents du Nord annoncés mais nous avons envie d’aller ailleurs.

Déjà, nous ne voulons pas faire de l’eau ici, surtout qu’on voit les étrons de porc flotter régulièrement autour du bateau. Et nous sommes très loin en Zodiac des services de Staniel Cay. Si il vente en plus, nous ne pourrons pas aller à terre pour un bout.

Arrivés à Black Point en matinée, nous prenons le temps de dîner avant d’aller à terre. Black Point est une petite communauté intéressante. Les petites rues sont bien vivantes et tout le monde nous salue. Un garçon nous invite même à aller jouer au basketball avec lui sur le terrain de l’école.

Mais même chose ici qu’à Staniel, le bateau provision n’est pas déchargé. Je sais que j’ai assez de nourriture pour quelques jours mais il est toujours plus agréable de manger du frais que du cannage… Et les filles ne se sont toujours pas habituée à boire du lait UHT. Sauf Livia. Elle, on dirait que rien ne la dérange!

Maman, le pain est jauuuuuuuuune!

Nous faisons le tour du village en moins d’une heure, les restos, le laundromat, les épiceries, tout est concentré au même endroit.

22 février. Il vente. Fort. Encore. On reste sur Océo. Quoi de mieux pour rattraper un peu de retard d’école accumulé pendant la présence de nos visiteurs. Ah oui, c’est samedi? Mais comme c’est un peu samedi tous les jours, ça marche quand même!

23 février. C’est dimanche, tout est fermé. Sauf l’école d’Océo. Les petites élèves travaillent fort.

24 février  Le vent se calme assez en après-midi pour qu’on puisse aller à terre faire une petite épicerie. Les filles sont ravies, il y a un congélateur avec de la crème glacée.

Nous avions aussi comme projet de faire du lavage. Personne à l’horizon, impossible d’acheter des jetons à la buanderie. On est resté là une heure, on a squatté l’Internet. Mais pas de Madame Jetons en vue.

On a aussi traversé à la bâtisse voisine pour acheter un pain raisin, cannelle et noix de coco de Peermon, la maman de Lorraine du Lorraine’s café. Les filles ont trouvé ça bien étrange d’entrer dans la maison de quelqu’un pour lui acheter du pain! Belle expérience! Et que ça sentait bon le pain frais dans sa maison!

Puis on a décidé d’aller manger une pizza au DeShaMon. Ça fait du bien, un repos de cuisiner!

25 février.
Il vente toujours. Journée d’école. On se gâte en cuisinant du pain doré avec le pain de Peermon, un délice.

Et c’est définitivement l’heure de la douche. Nous n’avons pas pu nous baigner à Black Point à cause des vents forts. Qu’à cela ne tienne, on remplit une chaudière d’eau de mer, on se lave, puis on se rince avec la douche solaire remplie d’eau douce. Une douche chaude, un luxe!

L’heure de la douche!

Nous essayons de rester positifs mais les vents nous découragent. Pas possible (en tout cas vraiment pas confortable!) de sortir avec ces vents et ils semblent se poursuivre pour un bon bout encore. Le moral flanche un peu. Beaucoup.

26 février. Nous devions bouger aujourd’hui mais les vents sont plus forts que prévu (autour de 25 noeuds) et nous devons passer par le Sound et deux cuts (une entrée vers le Sound et une sortie). Nous attendrons demain.

J’ai besoin de retourner à l’épicerie au cas où notre attente se prolongerait. On fait la rencontre de Suzette à l’épicerie. Suzette une vraie Bahamienne qui aimerait tant parler français! On fait un petit cours de français en accéléré pour elle.

On rencontre aussi Agnès qui marche avec nous jusqu’au quai. Elle me raconte que lorsqu’elle était jeune, elle a dû aller à Nassau pour faire son secondaire. Il y a seulement une école primaire ici sur l’île de Great Guana et ceux qui veulent poursuivre leurs études doivent aller loger chez de la famille à Nassau. Pas facile.

27 février. Enfin jour de départ. On doit sortir sur le Sound vers 11h. Mais non, finalement on restera à notre ancrage. Deux fronts froids se succèdent aujourd’hui dans la journée. Et à l’heure de notre départ, l’organisme météo des Bahamas émet un communiqué promettant des mers de 6 à 8 pieds (ce qui généralement veut dire plus). Et comme les vents ne sont pas encore tombés, ben nous, on laisse tomber le départ. Zut.

On aurait tout de même dû y aller. Le bulletin ne s’est pas avéré et on aurait pu descendre. Mais on n’a pas voulu prendre de chance.

Nous partirons demain directement pour George Town, question d’avancer vers le sud et aussi encore question de se protéger des vents forts qui vont nous souffler dessus après-demain. Ça veut aussi dire que j’oublie mon arrêt à Rudder Cay pour voir la sirène, statue installée dans le fond de l’eau par David Copperfield. On en a marre des vents forts!

On a appris que certains de nos amis qui devaient aller à Grenade comme nous ont décidé de s’arrêter à George Town aux Bahamas et de retourner au lac Champlain. Ils feront d’autres projets pour leur deuxième année de voyage.

Ça nous force à réfléchir de notre côté aussi. On est pas mal tanné des Bahamas. Il fait beau, l’eau est turquoise, et il y a des plages. À part ça, le reste est compliqué ou cher. Les navigations sont souvent des casse-tête de profondeur ou de négociation de cut avec une bonne marée à cause des vents forts qui soufflent tout le temps. Les ancrages ne sont jamais tout à fait protégés et les nuits de sommeil ne sont pas calmes et réparatrices mais plutôt de couleur blanche, surtout pour Seb. La fatigue s’accumule et tout le monde est à pic, et on regarde les grosses navigations qui nous attendent et dans notre mood présent ça ne nous tente pas.

Mais des amis nous ont donné rendez vous à Grenade. Ce sera peut-être notre coup de pied au derrière nécessaire pour poursuivre notre aventure comme prévu.

Espérons que l’arrêt à George Town sera plus reposant que les précédents et que les vents iront finalement jouer ailleurs!

Suite des Exumas – 16 au 20 février 2020

16 février
Après le spectacle de magie de la belle Livia, ce soir nous avons droit au souper-spectacle des requins nurses qui viennent se chamailler devant nous.

Pendant que nous mangeons dans le cockpit, 3 requins de bonne taille ont résolu de se montrer qui est le plus fort, juste derrière Océo. Nous décidons de les encourager un peu et nous leur offrons nos carcasses de crevettes, résidus de notre souper. Wow. Ces grosses bêtes deviennent rapides et agiles sous l’influence de l’odeur de nos restes. Nous ne les jetons pas dans les ancrages habituellement mais là nous savions que nous avions des clients immédiats! Et c’était beau de les voir aller.

17 février. La décision a été prise de nous diriger vers Staniel Cay, ou tout au moins Big Major. Des vents d’est assez forts se dirigent vers nous. Nous ne voulons pas manquer la fenêtre météo pour être certain que notre visite attrape leur vol.

Bye Warderick Wells, on espère te revoir un jour!

La navigation n’est pas bien longue, autour de 3 heures sur le Sound (plus profond) et l’occasion de pêcher pour Seb. Mais pas de chance, aucun poisson ne mordra sur notre route.

L’entrée pour Staniel Cay nous apparaît difficile et peu profonde. Beaucoup de courant, pas beaucoup de place entre les rochers… Nous décidons de nous ancrer entre les deux îles Major pour cette nuit mais nous ne sommes pas confortables. Sébastien part en zodiac pour une reconnaissance et revient avec l’idée de bouger un peu au sud, juste à l’est de Big Major, dans une espèce de bassin assez protégé.

Le bout de l’arc-en-ciel

Nous déplaçons Océo et tout semble beau. Mais la renverse de courant arrive… notre bassin bien tranquille devient une marmite bouillonnante et nous nous mettons à faire des 360 degrés sur notre ancre. Ça, c’est pas bon.

Notre super Rocna a fait de l’excellent boulot, nous n’avons pas décroché mais nous avons veillé toute la nuit parce qu’Océo se retrouvait devant l’ancre (on est presque TOUJOURS derrière surtout par gros vents), dos au vent et de côté aux vagues. La visite s’est fait bercer à souhait!

Lever de soleil sur une nuit difficile

18 février. Plan de la journée: déplacer Océo. Nos cartes nous disaient qu’on ne pouvait pas se rendre de l’autre côté de Big Major. Après avoir parlé à des locaux, il semblerait qu’il y a assez profond partout. Seb et Jacques iront sonder en zodiac au début de l’après-midi et nous nous déplacerons à marée haute question d’avoir la tête tranquille.

Le matin j’emmène les filles et Lucie à Big Major en Zozo pour voir les fameux cochons nageurs. Ouf. Ils sont gros. Il y a déjà pas mal de bateaux de touristes, ça me va, je peux mettre Zozo sur la plage un peu plus loin sans avoir trop peur que les cochons se lancent à l’abordage.

Ils ne perdent pas de temps à nous repérer et quelques-uns viennent nous souhaiter la bienvenue. Les filles vont visiter l’espèce de kiosque et trouvent des photos des cochons avec leurs noms et elles se mettent à la recherche de Milkshake, un tout petit cochonnet minuscule. Elles le trouveront couché sous un arbre.

Toute une expérience, mais avec modération. Il faut regarder où on marche, il y a de la crotte partout. Et comme certains touristes ne respectent pas la consigne de déposer la nourriture pour les cochons dans les bacs, les cochons viennent souvent nous fouiller pour voir si on n’aurait pas oublié un petit quelque chose… Ils ne sont pas agressifs mais Livia est juste à la hauteur de leur groin et c’est bien impressionnant. Nous avions amené des retailles de légumes. Ils ont beaucoup apprécié!

Le déplacement d’Océo s’est fait en douceur en après-midi. Nous avions assez profond partout. Mauzusse de cartes des fois.

19 février
Il est 6h. On se lève, la visite quitte pour l’aéroport. Sébastien fait un voyage de Zozo avec eux et les bagages. Il reviendra nous chercher après pour qu’on leur dise au revoir. À Staniel Cay, l’accès à l’aéroport est facile. Il est à 2 minutes de marche du quai où on peut laisser le dinghy, devant le Isle General Store.

Mais quand nous arrivons à terre à notre tour nous préférons laisser l’annexe à la plage de la marina.

Staniel Cay Yacht Club

Nous nous rendons au mini aéroport en 10 minutes et nous regardons partir nos amis. Merci de votre visite les amis et bon retour à la maison!

Nous profitons de notre arrêt à terre pour explorer un peu Staniel Cay. On arrête à l’épicerie bleue (Burkes) et aussi à la rose (Pi-Pi’s). Le bateau provision arrive demain. Il y a quand même du pain mais pas de lait frais. Nous reviendrons demain.

On décide de se payer un déjeuner de luxe: 3 assiettes de deux oeufs bacon et fruits (avec du café!) pour un modeste 75$ US au Staniel Cay Yacht Club. Pas trop souvent!

Resto de luxe!

De retour sur Océo on réalise qu’on est à marée basse alors vite on se prépare, on va voir la grotte Thunderball. Un film de James Bond a été tourné ici. La grotte est superbe mais nous sommes un peu dépassé l’étale (le slack) et le courant est déjà très fort. Daphnée et Livia ne se risquent pas et j’y fais seulement un tour rapide. Nous retournerons le lendemain à la place.

Nous en profitons aussi pour explorer une autre plage de Big Major, la « cruisers beach ». Des gens de bateau y ont aménagé des jeux et des tables à pique-nique. Les filles ont trouvé un endroit à leur goût!

Le lendemain matin je fais un retour à terre, seule, question d’efficacité pour faire l’épicerie. Et pourtant, j’aurai une efficacité quasi nulle: le bateau provision n’était pas déchargé. J’ai tout de même acheté quelques denrées, deux petits sacs d’essentiels pour 100$ US. Ça fait mal au portefeuille.

Un petit exemple, 2 litres de jus pour 8$ US.

J’en ai plutôt profité pour jaser avec des équipages québécois qui attendaient les provisions eux aussi.

Et j’aurais bien jasé plus longtemps mais nous avions un rendez-vous familial avec la marée basse et la grotte Thunderball que je ne voulais pas rater.

Quelle belle sortie ce fut! Nous y sommes tous allés, même Livia qui n’est pas encore tout à fait capable de mettre un masque de plongée mais qui est courageuse comme dix. Même chose pour Daphnée qui doit souvent combattre des peurs trop grandes pour elle mais qui serre les dents et s’en sort très fière d’elle-même d’avoir pu en profiter. Quant à Mathilde, elle est rendue un vrai poisson dans l’eau. Avec palmes masque et tuba, elle va partout!

Je crois que c’était une de nos meilleures sorties familiales, tout le monde ensemble qui s’amuse.

Et bien sûr, la grotte est fabuleuse. L’entrée est pleine de poissons qui nous attendent. J’avais peur qu’il faille passer sous l’eau mais non, il y a un bon dégagement sous les rochers à marée basse et on y passe sans problème. Le plafond de la grotte est tout simplement magique avec ses ouvertures sur le le ciel. Définitivement un endroit à ne pas manquer.

On songe maintenant à notre descente vers le sud. Pas juste rejoindre Georgetown, mais aussi notre grand stretch dans l’océan pour aller jusqu’à la République Dominicaine et Porto Rico. Même sur papier, ça n’a pas l’air d’être du gâteau. De longues navigations, des ancrages pas très protégés. Il faut s’attendre à ne pas trop bien dormir pour un petit bout je pense!

On va commencer par finir de descendre les Exumas, on verra pour le reste après!