Enfin, à l’eau!

Mardi dernier, nous avons mis notre beau Océo à l’eau. Enfin! Ce fut une journée intense. Arrivée de l’équipe de déménagement vers 7h, nous n’avions pas terminé notre dernier support de mât dû à la pluie continue de la veille. Sébastien a donc terminé son ébénisterie sous la pression de ne pas trop faire attendre le personnel de la marina.

Pour le reste, nous étions prêts. Le mât a été emballé, les barres de flèches démontées (les parties transversales au mât. Elles étaient trop larges à notre goût une fois le mât couché sur Océo, elles dépassaient de 2 pieds chaque côté! Pour les écluses avec leurs murs de béton, ce n’est pas l’idéal!). Les amarres et défenses étaient prêtes, tout était sécurisé sur le pont.

Et un sac de provisions et activités pour les filles, parce qu’on sait que c’est toujours un peu long pour elles dans ces cas-là. Parlant des filles, j’ai reçu une demande unanime pour faire l’école quand même!! Alors on s’est assis sur nos petits tabourets « dans les roches » et on a discuté des grands projets de l’année. Et plus tard, rentrée officielle « sur Océo dans l’eau », belle salle de classe dans le cockpit. Je pense que j’aime ça, faire l’école à nos filles!

Rentrée scolaire progressive

J’avais demandé aux filles si elles voulaient faire leur rentrée scolaire en même temps que leurs amis. Nous avions donc une rentrée prévue pour mardi le 3 septembre. Petit changement à l’horaire, comme la météo annoncée pour lundi n’était pas bonne, notre mise à l’eau a été prévue pour… mardi, jour de rentrée! Nous l’avons toujours dit, le boss, dans ce voyage, c’est la météo!

Qu’à cela ne tienne, nous avons fait une rentrée hâtive DIMANCHE le 1er septembre!! Le thème de notre école (terrestre) cette année est la lecture. Quoi de mieux, comme première activité, de se procurer un nouveau livre (petit cadeau emballé écolo!!) et ainsi présenter le projet du Carnet de lecture. À chaque lecture que les filles effectueront, elles consigneront certaines informations et impressions, soit de façon dirigée, soit à leur choix. Elles auront le choix entre plusieurs fiches pour les inspirer. Une fiche pouvant être une description technique du livre, les impressions sur les personnages, sur l’histoire, un dessin qui résume une partie de l’histoire, etc. Chaque lecture aura donc sa propre fiche rangée dans une reliure. Ce qui permettra d’avoir un suivi de la progression en lecture.

Cadeaux emballés écolo!

C’est drôle, les filles étaient contentes, et pas une seconde l’idée ne leur a effleuré l’esprit de se rebeller contre une rentrée « scolaire » un dimanche!!!

Les prochains jours risquent d’être plutôt occupés pour les parents en vue du départ imminent, alors l’école risque d’être un peu perturbée. Malgré tout, maman prof n’est pas trop inquiète, Mathilde étant déjà passée au travers des livres de contes de Grimm, Perreault et Andersen, tandis que Daphnée se fait plaisir avec « l’ardoise effaçable » en écriture, calculs et dessins. Je suis chanceuse, du moins pour l’instant, les filles aiment l’école!!

Des milliers d’étoiles dans le ciel, dans la tête et dans le cœur!

Malgré le beau temps que nous avons connu cet été, ce soir est le premier soir où j’ai pu voir autant d’étoiles dans le ciel. Visibles par milliers malgré les gros projecteurs de la cour à bateaux. Nous revenions d’une visite chez des amis. Un autre « au revoir ». Nous les multiplions ces temps-ci, sans toujours réaliser qu’effectivement, nous serons « absents ». Nous sommes tellement occupés à préparer notre Océo que le focus est trop rarement centré sur la nature de notre projet.

Et c’est en discutant avec ces amis que nous retrouvons notre enthousiasme, que nous ramenons notre esprit sur les précieux moments pour lesquels nous travaillons si fort depuis si longtemps.

Je le répète souvent, mais vous, les gens qui nous écoutez, vous qui partagez notre rêve depuis toutes ces années, vous le nourrissez et c’est ce qui fait que c’est le plus beau des rêves. Merci, pour toutes ces étoiles dans notre ciel, dans notre esprit et dans notre cœur!

Et bonne fête encore Ben!

La vie « dans les roches » et un logo magnifique!!!

Nous vivons au bateau depuis 8 jours maintenant. Le temps passe à toute allure, tout comme les derniers mois. Nous travaillons fort aux derniers préparatifs et… non, nous ne sommes pas encore dans l’eau. Les travaux de coque sont complétés mais il reste l’électricité (pose de nouvelles batteries) et quelques détails nécessaires à la mise à l’eau. On avance bien mais la présence de trois mutines nous ralentit disons… beaucoup!!

Pas d’électricité, pas d’eau (bateau pas déshivernisé étant donné l’absence d’électricité), la vie à bord avec 3 enfants sans les commodités s’organise quand même bien. On met de la glace dans le frigo, on branche le boyau d’arrosage et on peut vivre presque normalement.

Les étapes s’enchaînent les unes aux autres et aujourd’hui j’ai eu une magnifique surprise. Nous recevions un ami de Sébastien qui venait installer le logo d’Océo sur l’avant du bateau. Je m’attendais à une tâche comme les autres puis j’ai réalisé qu’enfin, nous avions devant nous une tâche… agréable! Une tâche d’esthétique! Une tâche qui nous fait réaliser que nous avons un beau bateau, et qu’on en est fier. Ce genre de détail qu’on oublie au fil des jours est vraiment important. Il nous fait sentir bien dans ce projet (de fou) qui nous absorbe totalement. Alors tellement, mais tellement merci à Sylvain et Chantal pour le merveilleux logo!! Pour le contacter: impactlettrage@hotmail.com .

Pour la petite histoire, Sylvain pensait que j’étais un peu (pas mal) saoûle quand j’ai dessiné le logo. Mais finalement avec la mise en contexte et l’installation sur un bateau, je pense qu’il a fini par aimer ça!! Et moi, comme dirait Daphnée, j’adore!!!

Je cherchais depuis longtemps un logo pour notre Océo. Nous voulions lui faire un beau lettrage bien gros à l’avant pour qu’on puisse le voir de loin, mais je voulais lui ajouter un petit signe distinctif, et dans l’inspiration de mes filles, je l’ai trouvé.

Voici Océo avec, pour les O, le logo du film Moana qui représente le coeur de Te Fiti.

Quand j’ai soumis mon idée au conseil d’approbation du secteur graphique (composé majoritairement de Seb), la réponse que j’ai eu c’est: oui mais, ça signifie quoi? Pour moi qui me suit tapé plusieurs fois le film avec mes filles, le lien était clair. Mais ce n’est pas nécessairement le cas pour les gens qui n’ont pas (ou pas beaucoup) vu le film. Alors voici mon petit défi de mettre en mots mon “feeling” pour choisir ce logo.

Déjà, Moana est le mot Te Reo Maori pour dire Océan. Océo, océan, il y a déjà quelque chose ici…

Moana est un film qui a pour base des légendes de peuples du Pacifique, un peu romancé à la Disney cela va de soi. Tout ce qui compose l’essence de ce film, l’océan, la quête de l’aventure océanique pour des terriens, la persévérance pour réaliser nos rêves, tout cela me parle et nous ressemble drôlement. Bon, nous n’avons pas eu à aller chercher un demi-dieu pour réaliser une mission contre un monstre de lave mais nous avons quand même dû faire appel souvent à notre courage pour avancer vers cette aventure qui est sur le point de se réaliser.

Le O de Moana représente aussi le coeur de Te Fiti, qui, dans les légendes, permet de créer la vie. Nous avons créé la vie par trois fois, nos trois merveilleuses filles, et avec elles, pendant 2 ans, nous nous créerons une vie avec le plus de temps possible pour nous, ensembles. 

Alors comme j’ai obtenu l’approbation du conseil du secteur graphique et que le logo est maintenant installé sur Océo, je peux vous le présenter en images:

Enfn, on coche la « TO DO LIST » : La saga des vaccins

L’air de rien, ça a pris plusieurs mois juste pour prendre rendez-vous. Habituellement, obtenir un rendez-vous dans une clinique voyage prend quelques minutes. Nous avons dû rappeler à plusieurs reprises. Une famille de 5 qui s’en va visiter une vingtaine de pays, ça fait un peu peur et ça prend quand même du temps à tout mettre en place! Et 3 enfants à vacciner, des fois, ce n’est pas évident.

Nous avons eu notre premier rendez-vous dans une clinique privée. Nous aurions préféré la clinique voyage du CLSC mais elle n’était pas capable de nous faire une place dans son horaire. La secrétaire se disait que 5 personnes, c’était trop compliqué…

Premier rendez-vous : la très gentille infirmière nous demande notre itinéraire : États-Unis, Bahamas, République Dominicaine, Porto Rico, les Îles Vierges, et TOUTES les îles des Antilles. (ah oui? wow!!). Elle détermine que nous devons être prémunis contre la typhoïde, le choléra, les hépatites et être certains que nous avons tous nos vaccins de base et rappels (diphtérie, coqueluche, tétanos, polio, rougeole, rubéole, oreillons, varicelle).

Livia qui a 4 ans reçoit donc ses vaccins pré-école et le vaccin pour la typhoïde.

Daphnée s’en sauve sans piqûre parce que pour la typhoïde, nous avons l’option d’un vaccin par injection (qui dure 3 ans mais qui se fait en quelques secondes) ou un vaccin en comprimés (à partir de l’âge de 6 ans, 4 comprimés à prendre à intervalle de 2 jours, ce qui nous protège pour 7 ans).

Mathilde qui est née en 2009 n’a pas reçu toutes les doses recommandées maintenant pour la varicelle. Donc une piqûre pour la varicelle et elle a choisi la typhoïde en injection.

Pour les adultes, rappel de RRO. Je pensais que c’était bon à vie mais les recommandations ne vont plus en ce sens. On s’assure aussi que nous avons contracté la varicelle quand nous étions jeunes. Et que nos vaccins de base sont à jour.

Le vaccin contre le choléra (Dukoral) est sous forme de fiole liquide à prendre à un certain délai après celui de la typhoïde.

Pas trop difficile les vaccins!

On nous propose aussi le vaccin pour la rage. Mais ouf, ça coûte vraiment cher! 235$ la dose, 2 doses par personnes : 2350$!!! L’infirmière, qui est très gentille, nous dit que ce vaccin existe en version intradermique, mais pas dans sa clinique. La plupart des vaccins se donnent en format intramusculaire, injection dans le muscle. Mais certains peuvent se donner en intradermique, juste sous la peau. Et c’est un peu moins cher.

Nous réfléchissons aux risques (et au budget). Mais comme la rage est une maladie à la conclusion nécessairement mortelle, que la transmission se fait principalement par les chauve-souris (que nous rencontrerons sûrement beaucoup dans les îles) et qu’il est nécessaire de se rendre dans un hôpital dans les 24 à 48h après une morsure, nous concluons qu’il serait vraiment plus prudent de se faire vacciner.

La clinique voyage du CLSC Samuel-de-Champlain accepte de nous recevoir pour le vaccin de la rage intradermique : 145$ la dose, 2 doses. Un peu plus raisonnable. J’aurais préféré avoir rendez-vous au CLSC avant étant donné que les vaccins de base n’auraient rien coûté mais bon!

Et il fallait aussi retourner en clinique de toutes façons, Daphnée n’a jamais réussi à avaler la première pilule de la typhoïde!

Alors voilà, après 3 rendez-vous en clinique, 1 série de comprimés de typhoïde et un vaccin liquide Dukoral en 2 doses, nous sommes ENFIN capables de mettre un CHECK sur les vaccins!

Quitter la maison : pour amateur de Tétris extrême seulement!!

Ça y est, on a quitté la maison! Les locataires ont emménagé, nous avons loué un petit camion pour tout déménager… dans notre bateau limité en espace. Ça donne ce que ça donne, c’est à dire qu’après plusieurs jours, nous sommes encore à placer les choses dans les cales et espaces disponibles. Le pire, c’est que ça rentre.

Les gens que je croise me demandent : et puis, êtes-vous prêts? Ce à quoi nous répondons invariablement : oui! Parce qu’on ne veut pas s’étendre sur le nombre de choses qui restent à faire, sur le fait qu’on n’en voit pas la fin et qu’il nous semble impossible de planifier une mise à l’eau (pourtant essentielle à un départ en voyage maritime!!!).

Mais plus on regarde la liste des TO DO, plus on voit de CHECK. Alors le moral est bon, le vin aide, et on essaie d’occuper les mutines le plus possible. Elles sont quand même excellentes pour se trouver des projets!!

La vitesse de la lumière

Pour ceux qui se demandaient où on en était…

Quand nous sommes en préparation de grand voyage, mais que ce n’est pas l’année du départ, nous avons hâte que le moment de quitter le quai arrive. L’année du départ… c’est un peu paradoxal et complètement fou! Nous voudrions avoir plus de temps pour nous préparer mais nous voulons aussi partir au plus vite!

Seb travaille fort au bateau sous la canicule interminable. Il travaille aussi fort à la maison sur les derniers détails de rénovation à régler. Bref, il travaille fort partout! Pour Océo il a refait les peintures de la coque: plusieurs couches d’Interprotect (pour étanchéifier notre fibre de verre) et 2 couches d’antifouling (pour que les micro-organismes marins ne collent pas au bateau).

À la maison, les rendez-vous de dernière minute se succèdent: dentiste, vaccins, coupe de cheveux, spécialistes de la santé.

Il y a l’approvisionnement (nourriture et consommables quotidiens) qui me prend aussi beaucoup de temps. Quoi apporter, et surtout en quelle quantité. J’avais déjà fait une liste de ce que l’on désirait avoir à bord… une liste, ou peut-être 2 ou 5 ou… qu’ai-je donc fait de cette liste-là voyons… est-elle papier ou numérique? Dans mon cahier de la maison ou dans celui que j’amenais au travail… Aïe!! Le nombre de listes que j’ai fait doit battre tous les records!!

Il y a aussi les visites aux gens que l’on aime, des gens qui veulent nous voir une dernière fois avant que l’on parte… des visites qui sont parfois trop courtes, trop rapides, qui ne nous permettent pas toujours d’assimiler le fait que nous PARTONS.

Dans les détails de dernière minute, il y a aussi: vider la maison. Minuscule détail qui amène encore son lot de gestion. Nous serons officiellement sans domicile à partir du 6 août. Hummmm, bon faudrait bien se mettre à vider les pièces un peu plus activement!!

Et puis on commande les derniers articles que nous voulons recevoir à la maison. Des fois, ce sont des commandes qui nous ramène bénéfiquement à notre rêve (au lieu de toujours avoir les yeux rivés sur la TO DO list et sur les délais!!!).

Une livraison qui fait voyager: nos drapeaux de courtoisie!

Mais au bout de tout ce capharnaüm, viendra le moment où enfin nous réaliserons ce pour quoi nous travaillons si fort depuis 5 ans: vivre en famille pendant 2 ans. Nous avons sublimement hâte! Et merci à mes grandes filles qui subissent le contrecoup de nous voir si occupés (et qui collatéralement se paye plein de journées pyjama et de pique-nique dans le salon!!!).

On se la coule douce pendant que papa et maman travaillent

À la demande générale, voici notre itinéraire (ou en tout cas notre plan!)

Beaucoup de gens me demandent quel sera notre itinéraire. Pour nous qui baignons dans nos cartes et notre planification depuis longtemps, il semble simple de dire que nous descendrons la côte est des États-Unis puis nous traverserons aux Bahamas pour enfin descendre vers le sud des Antilles jusqu’en bas. Mais pour beaucoup ce n’est pas si simple de visualiser ce trajet. Sébastien a fait cette carte globale qui représente bien notre périple.

Notre itinéraire, grosso modo!

Une grande partie de la côte est des États-Unis se fait via des canaux (l’Intracostal). Nous ne sommes pas forcés de sortir en mer à part à quelques endroits spécifiques où notre bateau ne passe pas en hauteur à cause des ponts (avec notre mât nous atteignons quand même les 60 pieds au-dessus de l’eau, plus nos antennes!).

Ce sera donc une descente longue… et c’est bien ainsi. J’ai toujours voulu explorer la côte est américaine et ses villes et villages historiques. Si notre préparation se passe bien et que nous avons le temps, nous aimerions aller faire un tour à Washington (ce qui prend tout de même près de 10 jours, 3 jours monter la rivière Potomac, 3 jours visiter, 3 jours retour et 1 jour de repos quelque part là-dedans). Si jamais nous sommes trop serrés nous essaierons de le faire au retour.

Nous aimerions aussi arrêter à Disney pour faire plaisir aux enfants (les petits comme les grands!). Et si on est chanceux on verra peut-être également un lancement de navette spatiale à Cape Canaveral.

Il se peut donc que 4 mois s’écoulent entre notre départ du Lac Champlain et notre traversée vers les Bahamas.

Nous avons choisi une des traversées du nord de la Floride vers les Bahamas, probablement du Palm Beach Inlet. La route vers le sud de la Floride avec ses nombreux ponts à faire ouvrir et ses zones de plus en plus restreintes de mouillage nous attire moins.

Janvier et février devraient nous voir profiter des plages des Bahamas. Puis toujours plus vers le sud, l’arrêt aux Turks et Caicos n’est pas encore certain.

Ensuite nous toucherons le nord de la République Dominicaine, pour s’aider à cheminer vers l’est, mais nous ne planifions pas de séjour prolongé. En route vers Porto Rico par le passage Mona, mais contrairement à la carte nous longerons le sud de l’île pour être protégé des vagues de l’Atlantique. Il se peut tout de même que si le temps et les finances le permettent nous faisions quelques excursions et location de voiture, question d’aller voir l’intérieur de ce pays.

Ah, les Îles vierges, espagnoles, américaines et britanniques. Probablement au début d’avril 2020. Et à partir de ce moment ce sera la météo qui nous dictera notre chemin. Nous avons envie d’explorer toutes les îles sur notre chemin jusqu’en « bas », à Grenade. Il faudrait y être vers la fin juin, début juillet, pour ne pas être dans la boîte des ouragans au mauvais moment.

Ce sera le temps d’une pause, de s’occuper d’Océo et de visiter la belle île de Grenade. 1,2 ou 3 mois… On verra!

De Grenade au Lac Champlain, rien encore de défini pour la navigation qui durera de septembre 2020 à juin 2021. Alors nous profiterons du trajet de retour au gré de nos envies et encore une fois, de dame météo.

Et tout ça peut changer. Une rencontre avec des bateaux amis, une dame météo toute puissante… plein de facteurs imprévus qui nous mèneront à l’aventure!

Petit matin pré-voyage

On regarde les cartes satellites de l’Intracostal versus les cartes papier. Je pense qu’on a bien fait. Sur les cartes papiers, le chemin a l’air clair et évident. On se rend compte tout de suite qu’il faudra être très attentifs à tous ces méandres de rivières.

Mais c’est drôle, plus on avance sur les cartes, moins les noms sont inspirants…Alligator river Creek, Hell gate, Rattlesnake island, Mosquito lagoon…

En espérant qu’ils ne sont pas nécessairement représentatifs!

Enfin, on coche la “To Do List”: le plan de scolarisation

Quelle épopée. Un travail de si longue haleine! En fait, toute la préparation du voyage se fait en parallèle de notre vie depuis maintenant presque 5 ans. Alors quand on peut cocher quelque chose, c’est tout un événement!

Avec la nouvelle loi sur la scolarisation à domicile, je me demandais ce que ça allait changer pour moi… au final, rien. J’ai inscrit les enfants dans le système informatique tout neuf du gouvernement pour les enfants scolarisés à la maison. Une dame très gentille de la Direction de l’Enseignement à la Maison (DEM) m’a contactée pour m’informer que les enfants qui quittent pour un voyage avec retour prévu à l’école ne passent pas par le ministère. Il y a plutôt une entente parent-école dans ces cas-là.

J’ai envoyé mes derniers éléments à la directrice adjointe de l’école de Mathilde et Daphnée aujourd’hui et en fin de journée Mathilde est revenue de l’école avec la lettre de confirmation que tout était fait! Je jubile.

Enfin un papier officiel!

Mes filles seront donc scolarisées “à la maison” pour les deux prochaines années scolaires. Mathilde fera ses 4e et 5e année au bateau, pour Daphnée ce sera 2e et 3e et Livia aura une pré-maternelle et une maternelle. Les deux grandes ont chacune un prof attitré pour la prochaine année scolaire. Le rôle de ces enseignantes est surtout de s’assurer que la progression se passe bien. Elles regarderont ce que les filles ont fait à deux occasions dans l’année: une fois au mois de janvier et une fois au mois de juin. La directrice m’a aussi demandé si il était possible de faire des vidéos de quelques-unes de nos activités scolaires (j’ai l’impression qu’avec mes youtubeuses en herbe, ce ne sera pas trop un problème!!).

Cheminement

Il faut dire que je n’ai pas trouvé mon parcours très facile. Je me suis butée à plusieurs portes closes mais grâce à de la persévérance, beaucoup de travail et une Catherine (!), je suis arrivée à bon port!

En 2015, j’ai essayé d’éplucher la Progression des apprentissages du ministère de l’éducation. Je pensais qu’en étant en congé de maternité, ça allait être du gâteau. Mais ma concentration n’était pas au rendez-vous et je ne comprenais pas tout à fait l’organisation de ce programme. Je suis allée à la bibliothèque emprunter les livres Le programme expliqué aux parents. Là je comprenais mieux. L’école avait beaucoup changé depuis mon passage: 6 années réparties sur 3 cycles (et non 2), un programme scolaire composé de savoirs essentiels, de compétences… Ces livres m’ont éclairée et j’ai pu commencer à avancer.

Je me suis adressé à l’école où Mathilde venait de commencer sa maternelle. J’aurais voulu avoir des informations et/ou du matériel et aussi quelques trucs sur comment monter mon programme scolaire. Mais mon projet étant à long terme et le personnel enseignant débordé, je me suis heurtée à une porte close. Idem à la commission scolaire.

Entre-temps le ministère de l’Éducation m’a donné une dispense pour les examens du ministère de 4e année étant donné que nous serons trop loin pour revenir passer les épreuves, nous devrions être aux environ de Grenade à ce moment-là (les examens du ministère se déroulent en 4e et 6e année, ceux de 2e année sont de la commission scolaire.).

J’ai aussi appelé à l’école internationale où Mathilde aurait une possibilité d’aller au secondaire. Ça a l’air loin comme ça mais à notre retour elle sera déjà en 6e année! J’ai donc appelé l’école secondaire, en me disant que cette école serait sélective, et je leur ai demandé si il y avait un problème si ma fille n’avait pas de notes de 4e et 5e année. Aucun problème, m’assurent-ils. Il suffit de se présenter à l’examen d’admission et de conserver un portfolio de ce que l’enfant aura fait pendant ses années de voyage. Génial! Un stress de moins!

Je suis également déjà allée porter le certificat de naissance de Livia (4 ans) à l’école pour qu’ils en gardent une copie dans leurs dossiers. Ce document est essentiel pour l’inscription des enfants en maternelle (j’aurais dû aller inscrire Livia en février 2020 en personne). Mais grâce à la magie d’internet et comme j’ai déjà montré le document, je pourrai faire mes démarches avec un cocktail sur une plage des Bahamas.

Même si nous sommes loin, nous devons respecter la période d’inscription au mois de février pour nous assurer de leur garder une place à cette école au retour du voyage. Mais comme nous avons maintenant accès à un portail internet pour ces inscriptions, nous pourrons tout faire à distance. J’ai quand même déjà mis une notification dans mon agenda Google pour me rappeler la période d’inscription (tout à coup je suis distraite par le soleil, le vent, la plage…).

Le matériel

L’étape suivante a pris BEAUCOUP de mon temps dans les dernières année, mais principalement parce que j’étais très motivée: la recherche et la conception de matériel pédagogique. J’ai été surprise de voir que beaucoup de gens partagent leur matériel scolaire ainsi que leur façon de s’organiser sur internet. Également, la meilleure suggestion que j’ai eue a été d’organiser mon année scolaire par thème, environ un par mois, en plus des thèmes “annuels” que nous célébrons déjà à la maison (Halloween, Noël, St-Valentin, etc).

Puis j’ai cherché des cahiers. Je n’ai pas été chanceuse de ce côté. Plusieurs équipages avant moi ont pu aller feuilleter des cahiers d’exercices mais je n’ai pas trouvé de librairie qui m’autorisait à procéder de cette façon. Je me suis donc fiée à ce que l’école utilisait déjà et j’ai complété avec des suggestions. J’aurais pu essayer d’aller les feuilleter à la Grande Bibliothèque mais je n’ai pas encore trouvé l’occasion d’aller y faire un tour.

Je trouvais qu’il me manquait encore du matériel alors j’ai pris un abonnement d’un an à Genie Publication puis un an à Jardin de Vicky. Les deux ensembles me donnent amplement d’exercices supplémentaires (peut-être même un peu trop!) pour des coûts quand même raisonnables. Genie publication m’offrait un abonnement pour 12$/an (c’était un spécial!) et le Jardin de Vicky coûte un peu plus d’une trentaine de dollars pour un abonnement individuel.

J’ai aussi eu des parents d’élèves formidables dans mon entourage qui m’ont prêté le matériel scolaire de leurs enfants plus âgés (parce que je manquais d’idées sur les classes de 4e et 5e année) et dont j’ai pu m’inspirer pour concocter des activités et évaluations. Un grand merci à Caroline et Isabelle!

Alors au menu en français et en mathématiques pour 2019-2020:

En 2e année:

En 4e année:

De nombreux cahiers d’appoint accompagneront les cahiers de base dont Je lis (2e à 5e année), Tandem (2e à 5e année), Toute Ma… (Maternelle à 5e année, acheté chez Costco, c’est moins cher!).

Pour l’univers social de 4e année, je travaillerai avec Panache. Il m’avait été chaudement recommandé. Par la suite j’ai aussi feuilleté la nouvelle édition d’Escales que j’ai bien aimé (mais j’avais déjà acheté Panache). Je suis vraiment contente parce que nous traiterons des 13 colonies en même temps que nous descendrons la côte est américaine. On ne pourrait pas être plus DANS la matière!

En théorie, j’enseignerai toutes les autre matières de manière commune, c’est à dire que les deux grandes verront le même contenu en même temps. En commun, il y aura donc anglais, sciences, art, musique, éducation physique, éthique et culture religieuse.

L’anglais se fera beaucoup de façon pratique étant donné que notre environnement sera principalement anglophone lors des escales. Les deux filles auront le cahier Tag! 3e année, puis Spirals 5e année pour la deuxième année du voyage.

Sciences et art se feront en lien avec les thèmes choisis à chaque mois. J’ai donc essayé de choisir des activités pédagogiques qui cadrent dans le programme et qui sont en lien avec nos thèmes.

En musique nous avons au programme de la flûte et du ukulele. J’ai acheté une méthode de base pour apprendre cet instrument qui s’appelle Le P’tit Coup De Pouce Ukulélé.

La préparation de l’éducation physique est un peu plus ardue. On ne peut pas savoir quelles seront nos conditions de navigation, si nos escales seront fréquentes ou propices à faire un sport dirigé. Nous essaierons tout de même d’avoir les bases du Ultimate frisbee, du badminton et du volleyball, et les sports nautiques vont s’imposer à partir des Bahamas!!!

Présentement je continue toujours à mettre de l’ordre dans les tonnes de matériel que j’ai téléchargé. Mais je sais que la base est bonne (et approuvée!).

Un petit mot en terminant

Mon école ne serait pas ce qu’elle est sans Catherine. Chère Catherine, je ne te remercierai jamais assez de toute l’aide que tu m’as apportée pour l’école d’Océo. Merci un million de fois!!