Vers les Turquoises – 13 au 17 mars 2020

Eh oui, on est partis.

À nous les grandes traversées.

Malgré les vents qui persistent sans relâche,  nous décidons de partir quand même. On sait que ça veut dire avoir une houle plus grosse que celle annoncée (4 à 6 pieds).

On sait donc que ça va brasser. Mais pour se rendre à Grenade, il faut bien avancer!

Nous partons vendredi 13 mars de George Town vers Long Island. La houle est assez grosse (plus qu’annoncé) mais nous prenons de plus en plus confiance en Océo. Ce qui fait que la navigation de 6h s’est relativement bien passé malgré que c’était désagréable de brasser.

À notre ancrage dans la baie de Calabash nous retrouvons Air Cool, un voilier avec un couple bien gentil et leur chien qui vont eux aussi vers le sud.

Nous discutons un peu avec eux et nous décidons de partir ensemble dimanche matin vers Mayaguana, notre dernière île des Bahamas. 165 miles nautiques à faire, 30 heures selon les prédictions, sûrement plus parce qu’on est aux Bahamas et que peu importe ce qui est annoncé, on aura le vent DANS FACE. Donc un jour, une nuit et une autre partie de journée. Départ à 7h le matin pour contourner la pointe de Long Island puis prendre un cap sud-est.

Long Island porte bien son nom. C’est interminable de la dépasser. Au coucher du soleil, elle était enfin derrière nous.

Puis nous avons laissé les îles Acklins sur notre tribord pendant la nuit et avons descendu sous les îles Plana au lever du jour pour se cacher un peu des vagues. Une bonne idée à priori mais le vent n’a pas viré au nord-est comme prévu et nous avons dû faire du moteur parce que le vent ne nous aidait pas.

Nous sommes arrivés à notre ancrage à l’extrémité est de l’île de Mayaguana vers 18h après 35 heures de navigation.

Que c’est magnifique. Une île toute en nature avec des plages enclavées dans des petites falaises. Nous aurions bien aimé aller à terre mais il fallait se reposer pour continuer notre chemin le lendemain.

Cette traversée a eu des bons et des moins bons moments. Les bons quand le vent est juste parfait et qu’Océo file à 6 noeuds en coupant les vagues. Bon aussi quand les trois filles viennent dans le cockpit et que nous pouvons discuter tous ensemble, jouer à des jeux ou simplement admirer la multitude d’étoiles qui décorent le ciel. Très bon aussi quand les trois filles se sont endormies dans le cockpit, bien tranquilles et en confiance malgré le caractère exceptionnel de notre situation.

Moins bons quand le vent vire proche de DANS FACE et que les vagues en profite pour nous secouer bien comme il faut.

À part beaucoup de vagues qui nous ont ralenti, Océo a bien fait son travail. Les filles se sont occupé toutes seules (elles ont fait un marathon de films accompagné de popcorn!) et on a pu se concentrer sur la navigation.

De mon côté je ne pouvais pas arrêter de dire : « wow, on a fait une traversée dans le VRAI océan Atlantique!! » Un océan avec beaucoup de milliers de pieds sous la quille.

De notre cockpit le soir nous avons pu admirer ce vaste océan, tout en étant assez bien protégés de la houle par l’île.

Nous quittons Air Cool et poursuivons notre route le lendemain matin vers les Turks and Caicos où nous ferons un arrêt obligé pour attendre une fenêtre météo pour Porto Rico.

Une traversée de jour cette fois, nous sommes partis à 7h30 pour arriver aux îles Caicos, plus précisément sur la grosse île de Providenciales vers 16h30.

Le Caicos Bank et l’île de Providenciales

Une belle traversée, 15 à 20 noeuds de vent sur le travers, Océo a filé comme l’éclair vers notre destination.

Nous voulions prendre une marina, nous appelons la seule qui offre assez de profondeur sur les cartes pour nous accueillir. Ils sont complets! Zut!

Nous appelons la marina de South Side mais sur les cartes ça nous indique un canal d’entrée avec 5 pieds d’eau. Le propriétaire nous assure que comme nous sommes à marée haute nous pouvons passer.

Oui ça passait, mais on a pas mal labouré le fond en chemin! Et on ne pourra pas sortir n’importe quand d’ici, il va falloir attendre une marée haute.

Bob le propriétaire est venu nous accueillir lui-même. Après nous avoir attaché, et comme Océo est sur un quai de l’autre côté du bassin, j’embarque dans sa voiture pour aller faire les douanes à la marina.

Avec le coronavirus dans sa pleine expansion, nous ne savions pas quel genre d’accueil nous attendait. Nous entendons dire que certains pays demandent une quarantaine de 14 jours sur le bateau, d’autres ferment leurs portes. Les pays des Antilles sont peu touchés pour l’instant mais on sait que tout peut changer rapidement alors nous nous tenons au courant.

Pour les îles Turquoise, l’entrée dans le pays a été facile. Je fais la paperasse des douanes dans le gazebo de la marina: une table de jardin pour les douanes et celle d’à côté pour l’immigration.

Les officiers sont très gentils. Je suis soulagée, tout se passe bien!

Il en coûte 60$ pour les douanes et 15$ pour l’immigration. Habituellement c’est 50$ seulement mais comme nous sommes arrivés après 16h30 nous avons dû payer leur temps supplémentaire.

Ensuite c’est l’inscription à la marina. Le personnel est très aimable et il y a beaucoup de services. Entre autres des douches, une salle de lavage, un joli resto bar et aussi un transport vers l’épicerie. Que demander de mieux!!!

Nous allons vite prendre une douche. Que c’est merveilleux, une douche d’eau douce. Ok, elle est froide, mais ça reste de l’eau douce! En plus, les douches sont à ciel ouvert. Je trouve ça génial!

Et un luxe, nous allons au resto pour souper! Nous goûtons à la bière locale, la Turk’s Head. Elle est bonne. Et tous nos plats sont très bons. Il y a même une poutine à la québécoise avec du fromage en grain. Les filles s’en sont régalé! Nous avons appris que Bob a une soeur qui vit à Trois-Rivières, c’est probablement de là que vient l’inspiration!

Nous sommes donc arrivés. Il nous reste encore pas mal de chemin à faire, dont un gros morceau pour nous rendre à Porto Rico. Notre première étape sera de se trouver de l’Internet et de regarder la météo pour les prochains jours.

Nous sommes très fiers de nous!

6 mois de voyage: Bilan des filles

Bilan de Mathilde: C’est cool d’être en voyage. On découvre de beaux endroits. C’est bien aussi d’être en famille.

Coup de coeur de Mathilde: Cumberland island

Randonnée à Cumberland Island

Mathilde n’aime pas: rencontrer des itinérants (ça la rend triste) et ne pas voir la famille et les amis.

Ce que Daphnée préfére du voyage: rencontrer des gens, il fait chaud tout le temps, pratiquer le volleyball et surtout le musée de St Michaels.

Thor, le bateau jeu

Ce que Daphnée n’aime pas: ne pas voir les amis et aussi quand on ne peut pas se baigner parce que l’eau est trop brune.

Les coups de coeur de Livia: voir les hydravions atterrir et décoller à côté du bateau, voir des dauphins et nourrir une raie.

Avion!

Livia n’aime pas: rester tranquille quand il faut s’ancrer!

6 mois de voyage – Le bilan

18 épisodes de série et 7 films plus tard, le vent nous lâche enfin un peu. Au moins, l’école est à jour!

Le 6 mars a été la journée préparation pour le gros cocooning qui nous attendait: provisions, eau, diesel et lavage.

Du 7 au 11, il a venté. Des pointes à 40 noeuds. Même l’éolienne a dû déclarer forfait.

Ça permet d’installer une routine, ce qui me fait du bien. J’ai moins l’impression d’être en rattrapage, surtout pour l’école.

Et puis, on a fêté nos 6 mois de navigation avec une bonne lasagne, une bouteille de moût de pommes pour les filles et une bouteille de vin que j’avais mise de côté pour nous. Et comme dessert des cupcakes au chocolat!

Notre cocooning a aussi permis de dresser un bilan… Le score n’est pas très bon. Nous avons eu une année spécialement difficile en vents et météo, dixit tous les navigateurs d’expérience qui nous accompagnent cette année.

Nous avions travaillé trop fort avant de partir.

La côte Est des USA a dû se faire version intense, rapide et en fonction de se cacher des systèmes qui passaient.

Les Bahamas se sont montrés sous leur meilleur jour à de très rares occasions ne nous laissant pas profiter de ces paysages paradisiaques autant qu’on aurait aimé.

Dans la colonne des plus il y a la compagnie de notre équipier Benoit pour nos 6 premières semaines.

Notre crabe pêché dans la baie de Chesapeake, ça c’était génial!

Notre visite à Disney n’était pas seulement bien, elle a été essentielle à la poursuite du voyage, nous donnant ainsi une semaine de vacances qu’on ne savait pas avoir besoin (autant que ça).

La gentillesse des Bahamiens ainsi que leur réel intérêt dans les humains qui les visitent nous a souvent touché.

Et malgré les défis, les chicanes et les jouets qui traînent, le fait de passer tout notre temps avec nos enfants nous permet de les voir grandir et voir aussi la merveilleuse lumière qu’elles dégagent. Tout le monde nous dit que nos filles sont géniales. Nous découvrons qu’elles peuvent être courageuses et très généreuses, surtout avec nous qui leur en demandons beaucoup.

Des larmes aux rires, du découragement à la persévérance, ce voyage nous fait vivre. Tout court.

Et malgré qu’on l’oublie souvent, c’est ça que nous voulions.

George Town, Great Exuma, Bahamas – 28 février au 5 mars 2020

Les semaines passent vite. Notre moral est un peu revenu au beau fixe et le décompte commence déjà pour Grenade. Nous voulons y être fin juin, c’est dans 4 mois.

Notre navigation vers George Town a été un peu houleuse mais au moins le vent n’était pas DANS FACE cette fois! Nous avons donc levé les voiles, sans faire la vitesse que nous espérions. Nous avions 52 miles à parcourir avec une sortie de cut puis une entrée à synchroniser avec les marées. Heureusement, tout ça entrait dans les heures d’ensoleillement.

George Town est une longue baie protégée par l’île de Stocking Island. En fait nous disons George Town mais il s’agit de l’île de Great Exuma. Et nous nous ancrons « devant » la ville de George Town.

Arrivée à George Town, il y a un peu de monde!

Devant étant un bien grand mot. La baie est large d’au moins un mile. Quand il vente d’est, nous nous ancrons près de Stocking Island. Et pour accéder aux multiples facilités, il faut traverser en Zozo. Sauf que si il vente, on arrive totalement trempé! On approchera sûrement Océo de la ville pour faire nos provisions!!

Les marins qui passent (ou qui restent) à George Town sont organisés en communauté. À 8h le matin sur le radio VHF, il y a les annonces du jour. Nouveaux arrivants, annonces locales, objets perdus, échange ou vente de matériel, le coin des enfants, etc. Une ambiance de camping règne dans cette immense baie!

Le premier jour où nous allons à terre, nous découvrons le fameux Chat and Chill. Situé sur Stocking Island, il s’agit d’un bar/resto entouré de plages, terrains de volleyball et jeux de poche. C’est le lieu de rassemblement de toute la communauté de bateaux.

The Famous Chat n Chill

Les filles découvrent rapidement le jeu de poche, puis la chaise hamac et la corde de Tarzan au-dessus de la plage. Ça tombe bien, on est aussi juste à côté de la cabane qui sert des salades de conches faites devant nous. On se gâte. Puis avec les morceaux de conches non comestibles résultant de la préparation de notre salade, nous pouvons nourrir les raies qui viennent juste au bord de la plage exprès pour ça.

Je suis un peu mitigée. Je trouve génial que les filles puissent enfin s’amuser dans un lieu intéressant pour elles. Mais comme généralement je ne me mêle pas beaucoup aux foules, je me sens en-dehors de la communauté et ça me donne un point de vue étrange. Georgetown, enfin sa communauté de bateau, me semble loin de l’authenticité rencontrée jusqu’à maintenant. Un peu l’impression  qu’on aurait j’imagine en arrivant en plein milieu d’un carnaval… C’est bien intéressant, mais où se trouve la vraie nature?

Peut-être dans la ville. À George Town nous entrons avec Zozo dans le Lake Victoria, une étendue d’eau enclavée avec une toute petite entrée où les gens qui entrent ont priorité, parce que ça ne passe pas à deux de large.

Entrée du Lake Victoria

Le quai pour les dinghys a aussi un robinet d’eau gratuite. Juste à côté du quai il y a le camion à déchets et l’épicerie Exuma Market, une épicerie de grandeur moyenne avec une sélection correcte de produits. Enfin, du vrai lait!!!

Nous visitons un peu, les filles découvrent un parc et nous jouons même au basketball! Nous repérons ce dont nous aurons besoin pour faire nos provisions avant de nous aventurer plus loin.

Nous profitons de notre présence à terre pour dîner avec nos amis de Mikhaya au Driftwood Café (avec ses spécialités pâtisseries italiennes, miam!). Ils partent pour Cuba le lendemain.

Nous laissons passer quelques jours de gros vents puis nous retournons au Chat and Chill pour y passer un après-midi détente. Les filles ont leur premier « vrai » cours d’éducation physique terrestre du voyage: on enseigne les bases du volleyball de plage.

Et maintenant, qu’est-ce qui nous attend? Du VENT! De gros vents forts sont annoncés pour la fin de semaine prochaine. Très gros. Nous ne bougerons pas d’ici car nous sommes bien protégés. Mais après, on va se mettre en mode grande navigation et préparer nos bouts de chemin vers les Turquoises et Porto Rico. On a hâte de faire la découverte d’un autre pays.

Nous sommes bien ancrés à Monument Beach

Les longs séjours forcés, durs sur le moral… – 21 au 27 février 2020

21 février. Ce matin nous bougeons vers Black Point sur l’île de Great Guana. L’ancrage de Big Major (l’île aux Cochons) où nous sommes aurait convenu pour les forts vents du Nord annoncés mais nous avons envie d’aller ailleurs.

Déjà, nous ne voulons pas faire de l’eau ici, surtout qu’on voit les étrons de porc flotter régulièrement autour du bateau. Et nous sommes très loin en Zodiac des services de Staniel Cay. Si il vente en plus, nous ne pourrons pas aller à terre pour un bout.

Arrivés à Black Point en matinée, nous prenons le temps de dîner avant d’aller à terre. Black Point est une petite communauté intéressante. Les petites rues sont bien vivantes et tout le monde nous salue. Un garçon nous invite même à aller jouer au basketball avec lui sur le terrain de l’école.

Mais même chose ici qu’à Staniel, le bateau provision n’est pas déchargé. Je sais que j’ai assez de nourriture pour quelques jours mais il est toujours plus agréable de manger du frais que du cannage… Et les filles ne se sont toujours pas habituée à boire du lait UHT. Sauf Livia. Elle, on dirait que rien ne la dérange!

Maman, le pain est jauuuuuuuuune!

Nous faisons le tour du village en moins d’une heure, les restos, le laundromat, les épiceries, tout est concentré au même endroit.

22 février. Il vente. Fort. Encore. On reste sur Océo. Quoi de mieux pour rattraper un peu de retard d’école accumulé pendant la présence de nos visiteurs. Ah oui, c’est samedi? Mais comme c’est un peu samedi tous les jours, ça marche quand même!

23 février. C’est dimanche, tout est fermé. Sauf l’école d’Océo. Les petites élèves travaillent fort.

24 février  Le vent se calme assez en après-midi pour qu’on puisse aller à terre faire une petite épicerie. Les filles sont ravies, il y a un congélateur avec de la crème glacée.

Nous avions aussi comme projet de faire du lavage. Personne à l’horizon, impossible d’acheter des jetons à la buanderie. On est resté là une heure, on a squatté l’Internet. Mais pas de Madame Jetons en vue.

On a aussi traversé à la bâtisse voisine pour acheter un pain raisin, cannelle et noix de coco de Peermon, la maman de Lorraine du Lorraine’s café. Les filles ont trouvé ça bien étrange d’entrer dans la maison de quelqu’un pour lui acheter du pain! Belle expérience! Et que ça sentait bon le pain frais dans sa maison!

Puis on a décidé d’aller manger une pizza au DeShaMon. Ça fait du bien, un repos de cuisiner!

25 février.
Il vente toujours. Journée d’école. On se gâte en cuisinant du pain doré avec le pain de Peermon, un délice.

Et c’est définitivement l’heure de la douche. Nous n’avons pas pu nous baigner à Black Point à cause des vents forts. Qu’à cela ne tienne, on remplit une chaudière d’eau de mer, on se lave, puis on se rince avec la douche solaire remplie d’eau douce. Une douche chaude, un luxe!

L’heure de la douche!

Nous essayons de rester positifs mais les vents nous découragent. Pas possible (en tout cas vraiment pas confortable!) de sortir avec ces vents et ils semblent se poursuivre pour un bon bout encore. Le moral flanche un peu. Beaucoup.

26 février. Nous devions bouger aujourd’hui mais les vents sont plus forts que prévu (autour de 25 noeuds) et nous devons passer par le Sound et deux cuts (une entrée vers le Sound et une sortie). Nous attendrons demain.

J’ai besoin de retourner à l’épicerie au cas où notre attente se prolongerait. On fait la rencontre de Suzette à l’épicerie. Suzette une vraie Bahamienne qui aimerait tant parler français! On fait un petit cours de français en accéléré pour elle.

On rencontre aussi Agnès qui marche avec nous jusqu’au quai. Elle me raconte que lorsqu’elle était jeune, elle a dû aller à Nassau pour faire son secondaire. Il y a seulement une école primaire ici sur l’île de Great Guana et ceux qui veulent poursuivre leurs études doivent aller loger chez de la famille à Nassau. Pas facile.

27 février. Enfin jour de départ. On doit sortir sur le Sound vers 11h. Mais non, finalement on restera à notre ancrage. Deux fronts froids se succèdent aujourd’hui dans la journée. Et à l’heure de notre départ, l’organisme météo des Bahamas émet un communiqué promettant des mers de 6 à 8 pieds (ce qui généralement veut dire plus). Et comme les vents ne sont pas encore tombés, ben nous, on laisse tomber le départ. Zut.

On aurait tout de même dû y aller. Le bulletin ne s’est pas avéré et on aurait pu descendre. Mais on n’a pas voulu prendre de chance.

Nous partirons demain directement pour George Town, question d’avancer vers le sud et aussi encore question de se protéger des vents forts qui vont nous souffler dessus après-demain. Ça veut aussi dire que j’oublie mon arrêt à Rudder Cay pour voir la sirène, statue installée dans le fond de l’eau par David Copperfield. On en a marre des vents forts!

On a appris que certains de nos amis qui devaient aller à Grenade comme nous ont décidé de s’arrêter à George Town aux Bahamas et de retourner au lac Champlain. Ils feront d’autres projets pour leur deuxième année de voyage.

Ça nous force à réfléchir de notre côté aussi. On est pas mal tanné des Bahamas. Il fait beau, l’eau est turquoise, et il y a des plages. À part ça, le reste est compliqué ou cher. Les navigations sont souvent des casse-tête de profondeur ou de négociation de cut avec une bonne marée à cause des vents forts qui soufflent tout le temps. Les ancrages ne sont jamais tout à fait protégés et les nuits de sommeil ne sont pas calmes et réparatrices mais plutôt de couleur blanche, surtout pour Seb. La fatigue s’accumule et tout le monde est à pic, et on regarde les grosses navigations qui nous attendent et dans notre mood présent ça ne nous tente pas.

Mais des amis nous ont donné rendez vous à Grenade. Ce sera peut-être notre coup de pied au derrière nécessaire pour poursuivre notre aventure comme prévu.

Espérons que l’arrêt à George Town sera plus reposant que les précédents et que les vents iront finalement jouer ailleurs!

Suite des Exumas – 16 au 20 février 2020

16 février
Après le spectacle de magie de la belle Livia, ce soir nous avons droit au souper-spectacle des requins nurses qui viennent se chamailler devant nous.

Pendant que nous mangeons dans le cockpit, 3 requins de bonne taille ont résolu de se montrer qui est le plus fort, juste derrière Océo. Nous décidons de les encourager un peu et nous leur offrons nos carcasses de crevettes, résidus de notre souper. Wow. Ces grosses bêtes deviennent rapides et agiles sous l’influence de l’odeur de nos restes. Nous ne les jetons pas dans les ancrages habituellement mais là nous savions que nous avions des clients immédiats! Et c’était beau de les voir aller.

17 février. La décision a été prise de nous diriger vers Staniel Cay, ou tout au moins Big Major. Des vents d’est assez forts se dirigent vers nous. Nous ne voulons pas manquer la fenêtre météo pour être certain que notre visite attrape leur vol.

Bye Warderick Wells, on espère te revoir un jour!

La navigation n’est pas bien longue, autour de 3 heures sur le Sound (plus profond) et l’occasion de pêcher pour Seb. Mais pas de chance, aucun poisson ne mordra sur notre route.

L’entrée pour Staniel Cay nous apparaît difficile et peu profonde. Beaucoup de courant, pas beaucoup de place entre les rochers… Nous décidons de nous ancrer entre les deux îles Major pour cette nuit mais nous ne sommes pas confortables. Sébastien part en zodiac pour une reconnaissance et revient avec l’idée de bouger un peu au sud, juste à l’est de Big Major, dans une espèce de bassin assez protégé.

Le bout de l’arc-en-ciel

Nous déplaçons Océo et tout semble beau. Mais la renverse de courant arrive… notre bassin bien tranquille devient une marmite bouillonnante et nous nous mettons à faire des 360 degrés sur notre ancre. Ça, c’est pas bon.

Notre super Rocna a fait de l’excellent boulot, nous n’avons pas décroché mais nous avons veillé toute la nuit parce qu’Océo se retrouvait devant l’ancre (on est presque TOUJOURS derrière surtout par gros vents), dos au vent et de côté aux vagues. La visite s’est fait bercer à souhait!

Lever de soleil sur une nuit difficile

18 février. Plan de la journée: déplacer Océo. Nos cartes nous disaient qu’on ne pouvait pas se rendre de l’autre côté de Big Major. Après avoir parlé à des locaux, il semblerait qu’il y a assez profond partout. Seb et Jacques iront sonder en zodiac au début de l’après-midi et nous nous déplacerons à marée haute question d’avoir la tête tranquille.

Le matin j’emmène les filles et Lucie à Big Major en Zozo pour voir les fameux cochons nageurs. Ouf. Ils sont gros. Il y a déjà pas mal de bateaux de touristes, ça me va, je peux mettre Zozo sur la plage un peu plus loin sans avoir trop peur que les cochons se lancent à l’abordage.

Ils ne perdent pas de temps à nous repérer et quelques-uns viennent nous souhaiter la bienvenue. Les filles vont visiter l’espèce de kiosque et trouvent des photos des cochons avec leurs noms et elles se mettent à la recherche de Milkshake, un tout petit cochonnet minuscule. Elles le trouveront couché sous un arbre.

Toute une expérience, mais avec modération. Il faut regarder où on marche, il y a de la crotte partout. Et comme certains touristes ne respectent pas la consigne de déposer la nourriture pour les cochons dans les bacs, les cochons viennent souvent nous fouiller pour voir si on n’aurait pas oublié un petit quelque chose… Ils ne sont pas agressifs mais Livia est juste à la hauteur de leur groin et c’est bien impressionnant. Nous avions amené des retailles de légumes. Ils ont beaucoup apprécié!

Le déplacement d’Océo s’est fait en douceur en après-midi. Nous avions assez profond partout. Mauzusse de cartes des fois.

19 février
Il est 6h. On se lève, la visite quitte pour l’aéroport. Sébastien fait un voyage de Zozo avec eux et les bagages. Il reviendra nous chercher après pour qu’on leur dise au revoir. À Staniel Cay, l’accès à l’aéroport est facile. Il est à 2 minutes de marche du quai où on peut laisser le dinghy, devant le Isle General Store.

Mais quand nous arrivons à terre à notre tour nous préférons laisser l’annexe à la plage de la marina.

Staniel Cay Yacht Club

Nous nous rendons au mini aéroport en 10 minutes et nous regardons partir nos amis. Merci de votre visite les amis et bon retour à la maison!

Nous profitons de notre arrêt à terre pour explorer un peu Staniel Cay. On arrête à l’épicerie bleue (Burkes) et aussi à la rose (Pi-Pi’s). Le bateau provision arrive demain. Il y a quand même du pain mais pas de lait frais. Nous reviendrons demain.

On décide de se payer un déjeuner de luxe: 3 assiettes de deux oeufs bacon et fruits (avec du café!) pour un modeste 75$ US au Staniel Cay Yacht Club. Pas trop souvent!

Resto de luxe!

De retour sur Océo on réalise qu’on est à marée basse alors vite on se prépare, on va voir la grotte Thunderball. Un film de James Bond a été tourné ici. La grotte est superbe mais nous sommes un peu dépassé l’étale (le slack) et le courant est déjà très fort. Daphnée et Livia ne se risquent pas et j’y fais seulement un tour rapide. Nous retournerons le lendemain à la place.

Nous en profitons aussi pour explorer une autre plage de Big Major, la « cruisers beach ». Des gens de bateau y ont aménagé des jeux et des tables à pique-nique. Les filles ont trouvé un endroit à leur goût!

Le lendemain matin je fais un retour à terre, seule, question d’efficacité pour faire l’épicerie. Et pourtant, j’aurai une efficacité quasi nulle: le bateau provision n’était pas déchargé. J’ai tout de même acheté quelques denrées, deux petits sacs d’essentiels pour 100$ US. Ça fait mal au portefeuille.

Un petit exemple, 2 litres de jus pour 8$ US.

J’en ai plutôt profité pour jaser avec des équipages québécois qui attendaient les provisions eux aussi.

Et j’aurais bien jasé plus longtemps mais nous avions un rendez-vous familial avec la marée basse et la grotte Thunderball que je ne voulais pas rater.

Quelle belle sortie ce fut! Nous y sommes tous allés, même Livia qui n’est pas encore tout à fait capable de mettre un masque de plongée mais qui est courageuse comme dix. Même chose pour Daphnée qui doit souvent combattre des peurs trop grandes pour elle mais qui serre les dents et s’en sort très fière d’elle-même d’avoir pu en profiter. Quant à Mathilde, elle est rendue un vrai poisson dans l’eau. Avec palmes masque et tuba, elle va partout!

Je crois que c’était une de nos meilleures sorties familiales, tout le monde ensemble qui s’amuse.

Et bien sûr, la grotte est fabuleuse. L’entrée est pleine de poissons qui nous attendent. J’avais peur qu’il faille passer sous l’eau mais non, il y a un bon dégagement sous les rochers à marée basse et on y passe sans problème. Le plafond de la grotte est tout simplement magique avec ses ouvertures sur le le ciel. Définitivement un endroit à ne pas manquer.

On songe maintenant à notre descente vers le sud. Pas juste rejoindre Georgetown, mais aussi notre grand stretch dans l’océan pour aller jusqu’à la République Dominicaine et Porto Rico. Même sur papier, ça n’a pas l’air d’être du gâteau. De longues navigations, des ancrages pas très protégés. Il faut s’attendre à ne pas trop bien dormir pour un petit bout je pense!

On va commencer par finir de descendre les Exumas, on verra pour le reste après!

De la belle visite – 9 au 16 février 2020

Il vente.

C’est pour ça qu’on a pris la marina un peu d’avance à Nassau. Ça nous permet aussi de faire un peu de lavage et de ménage d’Océo pour recevoir notre visite qui arrive demain. Nos voisins et amis, Jacques et Lucie, viennent nous rendre visite dans les eaux turquoises des Bahamas. Ils arriveront à Nassau demain et repartiront de Staniel Cay par un petit avion qui les ramènera à Nassau le 19.

Le 10 février, nous faisons une dernière (et gargantuesque) épicerie, question de ne manquer de rien dans les Exumas. Notre visite arrivera un peu en retard, une tempête de neige affecte les vols de Montréal cette journée-là. Nous sommes un peu déconnecté de la réalité hivernale du Québec, bien sûr nous nous tenons au courant de ce qui s’y passe mais il est bien différent de vivre cette réalité et de la voir sur un écran électronique. Depuis notre arrivée aux Bahamas, la température varie rarement. Elle se situe toujours entre 23 et 26 degrés Celsius et les nuits on obtient du 20 à 22 degrés. Les deux seuls facteurs qui influencent le niveau du thermomètre sont les nuages et le vent. Et même dans ces cas-là, nous sommes plus que confortables!

Nous profitons de l’excuse d’avoir des visiteurs pour nous payer le luxe d’un restaurant, le très connu (auprès des gens de bateau) Poop Deck. Nous faisons un petit festin de fruits de mer en espérant attraper ces prises nous-mêmes éventuellement. Les occasions de pêcher ont été rares et Sébastien a bien hâte de nous rapporter sa première prise.

Sur le menu du Poop Deck ce soir…

Le lendemain, départ vers Highbourne Cay. Nous avons envie de partager les lieux que nous avons aimé avec nos amis. Il vente tout de même encore un peu (beaucoup) et la houle est bien installée sur le banc. Une chance que notre visite n’est pas trop sensible au mal de mer. Pour bien faire, le vent souffle dans la même direction que la plupart du temps que nous avons passé aux Bahamas : dans notre face! Voici donc un nouveau point cardinal pour les gens de voile aux Bahamas : DANS FACE!

Notre ancrage est quand même très confortable, juste un peu plus rouleur que ce à quoi Highbourne nous avait habitué. Notre navigation a été un peu plus longue que prévu ce jour-là, nous nous reposons au bateau et nous irons voir les iguanes le lendemain matin.

Les couchers de soleil d’Highbourne

12 février. Il vente toujours, du 10 à 15 nœuds soutenu, ce qui nous lève une belle vague bien mouillée pour une expédition à 7 personnes dans un Zozo habitué à 5! Une chance, il fait beau, il fait chaud, les iguanes sont au rendez-vous et la plage est magnifique.

Nous nous rendons compte que sans le savoir, nous avons dû visiter Leaf Cay au « slack » la dernière fois. Le slack est le moment où le courant de marée s’inverse et où le courant perceptible à un certain endroit est presque nul. Les filles essaient de faire un peu d’apnée mais nous avons presque le cœur qui arrête à les voir dériver si vite! C’est vrai, je suis un peu « chicken » quand il s’agit de mes filles, mais bon, on ne veut pas qu’il leur arrive quelque chose!

On ne voit pas le temps passer. On est parti en milieu de matinée en se disant qu’on allait revenir pour le dîner. Alors, sans horloge, quand on a eu faim, on est retourné à Océo pour se rendre compte qu’il était déjà 15h! Quand même fascinant de perdre autant la notion du temps.

13 février. Nous quittons Highbourne pour Norman’s Cay. C’est vraiment dommage que nous n’ayions pas pu montrer Highbourne sous son meilleur jour à nos visiteurs. Il vente encore pas mal.

Nous faisons de la voile décevante, le vent est presque DANS FACE, nous sommes au près serré avec un beau 15 nœuds de vent mais nous n’avançons pas à notre goût. On rentre toute la toile et on va s’ancrer dans le canal de Norman’s. Il y a seulement deux catamarans à l’ancre à notre arrivée. Ils partiront dans le courant de l’après-midi… nous sommes seuls à Norman’s. Seuls à Norman’s, est-ce que ça s’est déjà vu??

On doute presque de notre choix d’ancrage, mais lorsque les vents se lèvent un peu et que nous voyons les mâts des bateaux à l’ouest de l’île se dandiner d’un côté et de l’autre, pendant que nous sommes presque dans un calme plat, nous confirmons notre choix!

Coucher de soleil à Norman’s et on aperçoit l’avion à droite

14 février. C’est la St-Valentin. J’avais heureusement mis en stock un boîte de Skittles pour les filles et Mathilde avait préparé en cachette une carte faite maison pour chaque personne. C’était parfait. Et ça nous fait réaliser la commercialisation des fêtes dans notre Amérique du Nord où tout est (trop) facile d’accès.

Nous commençons notre journée avec une plongée en apnée à l’avion coulé. Plein de poissons nous y attendent en plus d’une grande raie presque toute camouflée dans le sable. De la surface, on ne dirait pas que l’avion est aussi gros. Et on a bien choisi notre timing, cette fois, on est bien au « slack » et on peut se promener aisément autour de l’avion!

Tellement fière de ma grande fille, maintenant une pro de l’apnée

Nous décidons de partir l’après-midi même vers Shroud Cay. Il y a tant à voir et si peu de temps… Nous voulons aller explorer la mangrove le lendemain matin très tôt, il est donc préférable d’y être déjà ancré. Quel lieu magnifique. L’eau est si claire… On se baigne derrière Océo jusqu’à « l’heure des requins ».

Nous avons un peu peur des requins. Malgré tous les reportages nous les présentant sous leur meilleur jour, il reste que ces bêtes reines de l’océan sont plutôt impressionnantes lorsqu’on les rencontre dans leur environnement. Il est donc déconseillé de se baigner entre 16h et 9h du matin, principalement dans les heures de pénombre qui sont celles où le requin chasse le plus. Nous adhérons à ces recommandations. Mais j’ai bien hâte au moment où nous pourrons être dans l’eau en même temps que ces grands poissons et où nous pourrons nager en étant confortables en leur présence.

Coucher de soleil sur Shroud Cay
Spectacle du jour de la croisière: Livia la magicienne!!

15 février. La mangrove. Écosystème extrêmement important pour la regénération des espèces marines. C’est une pouponnière naturelle qui permet la reproduction des espèces et qui a même réussi à regénérer une population de poisson qui habite à 60 miles de là. Quel magnifique paysage nous avons la chance de découvrir. L’eau grouille de vie marine. Nous nous sentons privilégiés!

La plage au bout de la mangrove est à couper le souffle. Des couleurs brillantes, du sable comme du sucre en poudre.

Il est très difficile de sortir tout le monde de l’eau pour retourner avant la marée basse. C’est magnifique, mais on ne voudrait pas rester coincé ici!

De retour sur Océo nous nous baignons encore. Trois rémoras nous ont adopté. Ils vaquent tranquillement à leur nettoyage de la coque d’Océo pendant que nous nageons autour d’eux. Il y en a même un qui doit nous prendre pour une baleine, il a collé son front de ventouses sur Océo et il semble bien installé!

16 février. Debout très tôt, nous quittons pour Warderick Wells. Un petit 3h30 de navigation et nous sommes rendus au croissant bleu. Le capitaine est un peu stressé, il y a plusieurs bateau déjà au mouillage et celui que l’on nous a assigné se trouve presque tout au fond. On lit la couleur de l’eau pour savoir de quel côté des bateaux nous devons passer. Nous n’accrochons rien et je ramasse la corde de mouillage. C’est lourd!! Je n’avais encore jamais vu d’attache aussi grosse. Je réussis à nous attacher, enfin, nous pouvons relaxer.

Et enfin, nous allons découvrir ce lieu mythique qu’est Boo Boo Hill. Une histoire veut qu’un bateau ait coulé au large de l’île en emportant la vie de tous les passagers. On dit maintenant que les jours de pleine lune, on peut les entendre dans le vent. Pour contrer le mauvais sort, il faut donc faire une offrande à la colline, qui se traduit pour presque tout le monde par un morceau de bois de grève avec le nom de notre bateau gravé ou peint. Puis on dépose notre morceau de bois (ou peu importe l’offrande) au sommet de Boo Boo Hill.

Seb s’est occupé de graver notre planche et de la fixer, tout en haut des pancartes aux noms de ceux qui nous accompagnent cette année. Pas tous des gens que nous connaissons personnellement, mais des noms que nous voyons sur l’eau ou que nous entendons dans la radio VHF. Sans être amis, ce sont tout de même nos compagnons de voyage. Je trouve ce lieu spécial. Il m’inspire.

Nous allons aussi voir les blowholes mais malheureusement, il ne vente pas assez fort pour en profiter.

Nous retournons à la plage où le parc met à notre disposition des chaises longues et des kayaks gratuitement.

On est bien à Warderick Wells
Pas besoin de cahiers, on écrit sur la plage!

Nous n’utiliserons ni l’un ni l’autre, trop occupés que nous étions, les filles et nos visiteurs à jouer dans l’eau et moi à aller nager avec une tortue! Oh oui! J’ai nagé avec une tortue, elle m’a même permis de flatter sa carapace. Quel moment de bonheur. Une pause dans l’univers, ce pour quoi nous faisons tant d’efforts, des moments volés au temps. Un privilège à savourer entièrement.

Nous devons ensuite décider si nous restons un jour de plus dans ce paradis ou si nous quittons le lendemain matin en direction de Staniel Cay. Les vents doivent forcir de nouveau, nous n’aurons peut-être pas le choix de partir si nous voulons être à Staniel Cay pour être certains que notre visite prenne son avion. À suivre…

Destination surprise: Spanish Wells 4 au 8 février 2020

Nous nous déplaçons vers Ship Channel Cay pour y rejoindre Jazzy Lady. Nous voulons les escorter et peut-être les remorquer si nécessaire pour le trajet du lendemain. Mark a trouvé une référence pour faire ses travaux à Spanish Wells. Nous ne pensions plus aller dans le coin d’Eleuthera, du moins pas cette année. Spanish Wells est situé sur l’île la plus au nord de l’archipel d’Eleuthera. Au nord… Et pourtant on essaie d’aller au sud!

La proximité avec Nassau peut être une bonne option pour faire venir notre visite par contre. Nos voisins et amis Jacques et Lucie viennent nous voir aux Bahamas dans une semaine. Et Nassau me permettrait de faire un réapprovisionnement complet.

Un pain maison pour pallier au manque de provisions

Donc direction Spanish Wells pour quelques jours.

Nous regardons notre route du lendemain et nous nous apercevons que nous ne pourrons pas être buddy boat avec Jazzy Lady. Le trajet direct nous fait passer par le Middle Ground, une section du Banc un peu comme le Yellow Bank mais beaucoup moins profond et avec beaucoup plus de têtes de corail. Avec des profondeurs annoncées de 6 pieds à certains endroits, nous ne voulons pas prendre de chance.

Nous décidons de partir plus tôt (6h) et de contourner le Middle Ground. Le vent est parfait pour ouvrir les deux voiles en grand, 10 à 12 noeuds de travers. Nous filons à 6,5 noeuds avec des pointes à 7 puis à 8 noeuds. On est contents!

Jazzy Lady nous contacte. Eux aussi ils vont bien et malgré qu’ils soient un peu derrière nous ils nous disent de continuer et qu’ils nous rejoindront à destination.

L’approche de Spanish Wells est peu profonde, mais il ne semble pas y avoir de roche de ce côté-ci. Puis l’entrée dans le canal… Nous appelons la marina que nous avons choisi (Spanish Wells Yacht Haven) et ils nous guident vers notre quai. Oui, encore une marina, mais il y a encore des gros vents annoncés. Donc entrée dans le canal de Spanish Wells, pas évident au premier coup d’oeil mais tout s’est bien passé et Tredwell nous a attaché comme un pro.

« Balises » d’entrée du canal de Spanish Wells

Comme toujours, choisir une marina s’est fait aux dires des guides nautiques que nous avons. Nous avons souvent été déçu, par l’aspect, la courtoisie du personnel, la propreté des lieux… La marina est chère (selon nos standards), 2,50$ du pied. Mais ici, je suis TRÈS contente de notre choix!

Dès qu’on est attaché je vais à l’office pour nous enregistrer. Wow! Un magnifique petit resort avec piscine, restaurant et bar et des douches. Mais quelles douches! Deux vraies douches en vraie céramique, immense, propre, le paradis! Aussitôt arrivés on se bat (juste un peu) pour savoir qui y va en premier!

On a aussi des nouvelles de Jazzy Lady, ils sont ancrés à Meeks Patch et ils viendront nous rejoindre sur Océo après nos douches.

Ça fait du bien de les revoir. On sort notre dernier sac de chips et les crottes de fromage que l’on gardait pour une occasion spéciale.

Le lendemain matin Mathilde est avec moi dans le cockpit pour le lever du soleil. Nous réalisons que pour la première fois depuis longtemps nous entendons les oiseaux chanter. Et lorsque la grosse boule orange dépasse l’horizon nous avons même droit au chant du coq! On se sent bien.

Un lamantin en recherche d’eau douce

Notre journée se passera avec Jazzy Lady. Découverte des lieux de shopping! On a besoin d’une épicerie, d’un liquor store et d’un magasin de plongée.

Nous trouvons tout ça à Spanish Wells. Seul petit hic, une panne électrique paralyse l’île. Pas de carte de crédit et pas de guichet automatique fonctionnel. On avait assez d’argent pour le matériel de plongée mais pas pour le liquor store.

Une gentille dame nous conseille d’aller au Budda’s, un restaurant/ liquor store qui accepte les cartes de crédit.

Il est 11h30. Que ça tombe bien! Allons manger et voir le liquor store. Nous montons la petite colline et l’autobus de Budda est là. Les filles sont déjà gagnées, il y a une cage à perroquets et un aquarium. C’est un endroit avec beaucoup d’ambiance.

Mais pas de nourriture! L’électricité manquante, l’air climatisé dans la cuisine ne fonctionne pas et c’est intenable pour les cuisiniers. Pas grave, on se commande à boire et on verra si la panne passe.

Je me suis fait dire que les pannes sont fréquentes à Spanish Wells. Mais aujourd’hui les gens sont inquiets. La panne dure depuis plusieurs heures. Nous finissons puis payons nos consommations. Il va falloir y aller, les enfants commencent à avoir pas mal faim… Miracle! L’électricité revient à ce moment précis et nous pouvons savourer notre repas chez Budda’s!

Prochaine étape, l’épicerie. Le Food Fair est immense et très intéressant. On y trouve de tout à des prix pour la plupart raisonnables mais surtout il y a un rayon où les petits producteurs peuvent venir porter leurs produits eux-mêmes en y inscrivant leur nom et le prix demandé. Je trouve l’idée très chouette.

Nous retournons à la marina pour profiter de la piscine et relaxer un peu. Quelle belle journée!

Le 7 février je ne me sens pas dans mon assiette. Je n’ai pas d’énergie, peut-être que je combats un petit virus… Seb part à la pêche avec Mark pendant que je reste bien tranquille sur le bord de la piscine. Les filles alternent entre la piscine et les hamacs toute la journée.

J’espère être en forme pour le lendemain. Nous attendons de la visite à Nassau pour le 10 et demain serait la bonne météo pour y descendre.

Je me lève un peu fatiguée mais les Advil font effet rapidement et on quitte Spanish Wells en direction de Nassau.

Encore Nassau. Malgré tout l’attrait des commodités nous avons hâte d’en avoir fini avec Nassau!

La navigation se fait vent complètement arrière alors nous n’ouvrons que le génois.  C’est un peu rock’n’roll, la houle est pas mal plus forte qu’annoncé.

Puis tout à coup, la magie arrive. Un, puis deux dauphins viennent jouer à notre étrave. Ils sautent d’un côté puis de l’autre du bateau et restent une quinzaine de minutes avec nous. Ils sont magnifiques! Ils viennent se mettre juste devant l’étrave puis s’éloignent juste un peu pour sauter hors de l’eau. Ça met un sourire sur tous les visages!

Voici un petit vidéo. Soyez indulgents, je suis pas mal excitée!!!

https://youtu.be/5CG6bt4afD4

Nous accostons à Nassau en fin d’après-midi. De retour au port pour quelques jours en attendant notre visite. Au menu: lavage, épicerie, liquor store… plein de plaisir!!

On fabrique de l’eau! – 30 janvier au 4 février 2020

Mikhaya est arrivé à Norman’s Cay ce qui veut dire… vive les amis! Et aussi accessoirement que nos pièces pour le dessalinisateur sont à portée de main! Yé!

Enfin, les amis sont là. Mikhaya juste derrière avec leur ami catamaran Nomad

Enfin, on fabrique de l’eau! Quel bonheur de ne pas avoir à stresser pour cette denrée essentielle.

Ça y est, on fait de l’eau!

À Norman’s nous découvrons une plage que nous avons pour nous seuls cette journée-là. Que c’est magnifique. On en profite à plein. Ce n’est même pas stressant de voir les filles s’éloigner dans l’eau, il y a tout au plus 2 pieds d’eau!

Après la plage nous tentons d’explorer les flats un peu plus loin vers Norman’s Pond. Nous n’irons pas jusqu’au bout de peur de frotter un fond plein de corails. Mais c’était un très beau tour de zodiac.

Le 1er février, Seb et Brent de Mikhaya vont chasser. Brent a ramené une belle langouste qu’on a partagé en apéro avec Mikhaya et leurs amis du catamaran Nomad qui ont aussi des enfants. Enfin plein d’amis pour les filles!

Une belle langouste!

Les filles ont aussi éprouvé leurs capacité d’apnée cette journée-là. Elles sont allées plonger à l’avion avec Seb. Il y avait beaucoup de courant pour mes deux grandes courageuses.

Puis une journée de grands vents passe. On avance l’école et on se fait un super dîner de crêpes, un luxe!

mmmmmmmm…
Grands vents veut aussi dire lecture!

Le 3 février on veut partager notre plage avec les amis de Mikhaya. On attache les kayaks et le paddleboard derrière Zozo et go à la plage. Je ne retrouve malheureusement pas le chemin qu’on avait pris il y a deux jours et il n’y a pas assez creux pour passer. On débarque de Zozo et on le tire derrière nous pour un bout.

Cette plage vaut tellement la peine. Nous en profitons pleinement. Evan construit des cités de sable avec Livia, pendant que les grandes vont à la recherche de coquillages avec Rebecca puis reviennent faire du kayak et du paddleboard. Quel bel après-midi!

Puis nous avons un choix à faire… poursuivre notre route vers le sud ou accompagner des amis dans un retour vers Nassau. Nos amis de Jazzy Lady nous ont donné des nouvelles. Ils ont eu un bris majeur. Leur moteur est inutilisable ou presque, une amarre s’est coincée dans leur hélice et a crochi l’arbre. À part urgence majeure, ils ne peuvent pas utiliser leur moteur. Ils ont dû partir de Long Island à voile et retourner vers Nassau pour faire réparer leur bateau.

Nous leur offrons d’être « buddy boat », de les accompagner de Norman’s Cay à leur destination, question de pouvoir les remorquer si les vents manquent. Ils sont très heureux, mais pour nous ça veut aussi dire laisser Mikhaya que nous venons de retrouver. Les filles sont tristes. On se promet de se revoir, si on peut!

Dernier soir à Norman’s Cay

Le 4 février nous nous mettons finalement en route vers Ship Channel Cay où nous retrouverons Jazzy Lady au bout de leur longue journée de navigation sur le Exuma Sound.

Décidemment, je ne m’habitue pas aux au revoir. Nous venions de retrouver Mikhaya que déjà nous devons les quitter. On espère que ce sera à bientôt les amis!

À bientôt, we wish!

Et maintenant, on va où? – 25 au 29 janvier 2020

C’est peut-être parce que ce voyage ne nous y a pas habitué, mais avoir le choix, des fois, c’est difficile!

Alors allons-y pour la facilité pour une fois! Nous retournons aux Exumas nous ancrer à Highbourne Cay. Et nous y restons quelques jours pour laisser passer le petit virus méchant (grippe ou rhume) qui a décidé de s’attaquer à Seb.

Le 28 janvier on se déplace à Norman’s Cay juste au sud.

En route vers Norman’s Cay

Après hésitation nous décidons de nous ancrer juste en face de l’avion coulé (un gros DC3 de l’ère des traficants de drogue, passé sombre de cette ile).

Nous allons en exploration à la plage tout près de l’aéroport. On peut difficilement s’y baigner car il y a beaucoup de coraux à fleur d’eau. Ils ne semblent pas en très bon état. Mais on trouve une petite planche sur la plage qu’on ira laisser à Boo Boo Hill dans le Exuma Cays and Land Park.

Retour de la plage

Les Exumas, ce sont des îles magnifiques. Mais très sauvages. Nous sommes loin de beaucoup de ressources auxquelles nous sommes habitués d’avoir accès.

J’ai donc compté le nombre de repas que nous devions faire dans les Exumas et voir si j’ai suffisamment de provisions.

À cinq sur un bateau, la nourriture passe vite, surtout tout ce qui est frais comme les fruits et les légumes. Nous avons assez de variétés pour une dizaine de jour mais on espère se réapprovisionner bientôt quand même.

Je comptais explorer le parc des Exumas Cays en prenant notre temps mais c’est une réserve naturelle. Ce qui veut dire pas de provision, de diesel et aucun endroit pour se débarrasser des poubelles. Et pas de pêche non plus. Comme quoi finalement il se peut que l’approvisionnement et la gestion des déchets dictent parfois la suite du voyage!

Une autre ressource précieuse est l’eau. L’eau douce ici est rare. On ne voulait pas contaminer nos réservoirs avec l’eau traitée des Bahamas. Cette eau n’est pas considérée bonne pour la consommation, souvent même par les Bahamiens. Alors on économise l’eau douce en faisant la vaisselle et le lavage à l’eau salée, en rinçant tout ça avec un peu d’eau douce de la ville de Nassau dont nous avons fait provisions dans des contenants de 4 litres en plastique. Et on utilise notre eau douce potable juste pour la consommation, le brossage de dents et la cuisine.

Nous attendons impatiemment nos amis de Mikhaya (en route vers nous maintenant!) qui sont généreusement et héroïquement allé chercher nos pièces pour notre dessalinisateur à Fort Lauderdale!

Par le fait même, nous nous lavons donc à l’eau de mer. Et quand nous sommes chanceux, comme le 28 janvier, à la fin de la journée une belle petite averse tombe sur Océo. Tout le monde sur le pont en maillot de bain! On se rince à l’eau de pluie! Et on ramasse même de l’eau pour la vaisselle.

Le 29 janvier est une journée de travail. On doit changer l’anode d’Océo. Une anode, c’est un morceau de métal qu’on sacrifie pour les courants de fuite du bateau. Une infime partie de notre électricité fuit par les parties métalliques du bateau, c’est la nature qui veut ça. Alors nous installons un morceau de métal plus mou que le reste de nos métaux et le courant passe par cette pièce. Nous, elle est située au bout de notre hélice (oui, on doit plonger sous le bateau et aller installer ça sous l’eau!!).

Seb fait un essai de plongée mais il a encore le souffle court à cause de son rhume. Ce n’est pas grave, j’irai! J’aime les défis!

Je plonge une première fois avec ma précieuse Allen Key dont il ne nous reste qu’un exemplaire (cette grosseur de clé a tendance à disparaître dans les fonds de cale, on ne sait pas encore pourquoi). Nous y tenons tellement que nous y attachons le flotteur de l’appareil-photo.

Nous avions choisi l’ancrage de Norman’s Cay pour changer l’anode à cause de ses eaux claires et son mouillage assez protégé. Mais nous n’avions pas pensé au fort courant qui traverse le mouillage du Banc au Sound. Il a fallu que je plonge sous le bateau et que j’appuie mon dos au safran pour ne pas me faire emporter et être capable de faire le travail.

Je plonge donc sous le bateau… curieux… Je remonte et demande à Seb quel modèle d’anode nous avons installé cette année parce que je ne la reconnais pas. Comme il me confirme que c’est le même que les années précédentes, et le même que la neuve que nous avons entre les mains je replonge sous l’eau et prends une photo… PU d’anode. Je sais, il faut dire « plus », mais là il n’y avait PU d’anode. Elle s’est désintégré quelque part en route. Il ne restait que la vis qui elle est faite de métal plus dur. Wow.

PU d’anode

Je retire la vis et je réussis à installer la nouvelle anode sans rien échapper! Victoire! Seb est fier de moi.

Avec tout ça il est tard et les filles tournent en rond. Je prépare les kayaks et le paddleboard pour la première fois du voyage. Les filles et moi on part en Zozo sur les flats (grande étendue d’eau presque à sec à marée basse). Elles peuvent enfin faire du kayak! Et moi pour la première fois j’étrenne mon paddleboard. Mais le soleil et la marée commencent déjà à baisser, on doit rentrer sur Océo.

Les flats de Norman’s Cay

On profite de la magnifique soirée. Tout petit vent de rien, eau tranquille, belle petite chaleur. Qu’on est bien!

Seb:
-Dis donc Mel, est-ce qu’on serait en train de relaxer nous là?