Les hauts et les bas de l’ICW (Intracoastal Waterway) 1er au 11 novembre 2019

Malgré les nombreux facteurs de stress, la navigation sera beaucoup plus calme dans l’Intracoastal. En tout cas, il n’y a pas de vagues! Petits canaux et rivières, jolis paysages. Opérateurs de pont gentils. Les vagues nous ayant pas mal brassé, nous étions contents d’avoir un cours d’eau plus plat.

1er novembre StM 0 à 12

Nous quittons Portsmouth pour une toute petite navigation de 12 miles terrestres. Dans l’Intracoastal Waterway, les distances sont indiquées en statute miles (StM) et non en miles nautiques, ce qui facilite le repérage des points d’intérêts, des ponts et des obstacles.

Le Mile Marker 0 de l’Intracoastal, personnifié par la bouée 36

Tout de suite après l’écluse (on descend d’un gros 6 pouces!!) et un pont à faire ouvrir, nous accostons au quai gratuit de Great Bridge. Nous l’apprécions beaucoup mais malheureusement il n’y a aucun service. Il y a une sorte de musée / centre d’information qui est en construction mais tout est barré et manifestement pas encore terminé. Nous profitons aussi de l’épicerie de Great Bridge pour faire le plein.

2 novembre StM 12 à 62
Grosse journée! Nous faisons généralement 6 miles nautiques à l’heure. 50 miles terrestres représentent un peu plus de 43 miles nautiques à faire, ce qui signifie une journée d’un peu plus de 7 heures à naviguer. C’est quand même beaucoup. Mais tout se passe bien.

Nous entrons aujourd’hui en Caroline du Nord! Wouhou, je pousse un cri de joie, enfin nous allons vers le sud et la chaleur (c’est ce que je croyais à ce moment).

Nous nous rendons jusqu’à devant Broad Creek, dans la North River.

3 novembre StM 62 à 127
Très grosse journée. Nous naviguons dans l’Alligator river (sans en croiser un seul, fiou!) et nous choisissons un ancrage dans la Pungo River. Ce sera un de nos plus joli mouillage. Par contre, cette journée marque le début du froid, pour ne pas dire, du frette!

Pour nous tenir chaud nous avons passé un pont aujourd’hui, le pont Wilkerson. Au lieu des 65 pieds de hauteur réglementaire sous la structure, il a 64 pieds. Notre mât fait 62 pieds de haut. Du niveau de l’eau où je me trouve il est impossible de savoir si ça passe sous le pont ou non. Il faut faire confiance au panneau indicateur de hauteur affiché sur le pilier du pont.

Quand il n’est pas effacé. Ou démoli. Ou tout simplement manquant.

Dans ce cas précis nous avons fait demi tour pour vérifier une petite échelle de hauteur installée sur un poteau des miles de l’Intracoastal. Ça semblait ok. Nous y allons très lentement… ça passe, mais pas de beaucoup!

4 novembre StM 127 à 135
Les deux derniers jours d’intense navigation, des forts vents et les poches de lavages qui débordent nous font prendre une marina.

Petit privilège de navigation calme

Nous choisissons la marina de Belhaven, qui offre le lavage – et le savon! – gratuitement, et qui s’avère être bien nichée dans un bras de rivière derrière un nouveau développement de condos (ce qui coupe complètement le vent).

Ils annoncent même une température agréable pour l’après-midi alors les filles et moi on va explorer. Il y a une mini plage à Belhaven. Mais ne faites pas le détour pour elle. Les filles étaient bien contentes d’enfin mettre leurs pieds dans le sable jusqu’à ce que nous réalisions qu’elle était pleine de morceaux de verre brisé. Tout comme le module de jeu qui semblait laissé à l’abandon.

À la marina de Belhaven, les filles ont trouvé leur salle de toilette préférée. C’est qu’elles se font un palmarès depuis le départ! Elles sont très critiques sur les matériaux utilisés, la décoration, la propreté, etc. Cette salle de bain  sera dure à battre. Déco parfaite, propreté irréprochable, savons et serviettes fournis. Wow.

5 novembre StM 135 à 182
Nous repartons de Belhaven pour nous rendre à Oriental. Nous faisons un départ tardif car il pleut et il ne fait pas très chaud.

Nous arrivons à Oriental vers la fin de la journée. Nos amis de Jazzy Lady y sont déjà, ils ont pris un des quais gratuits. Nous arrivons un peu tard et il n’y a pas de place, ni aux quais, ni à l’ancre. Le seul endroit avec de la place sans bloquer le chenal se révèle avoir des profondeurs que notre quille n’aime pas… ça passe de 12 pieds à 6 pieds instantanément. Nous nous dépêchons de faire marche arrière, nous ne sommes pas encore à marée basse et on ne veut pas se mettre à toucher le fond au milieu de la nuit.

Mais que fait-on? On « squatte » un quai ouvert sur la baie, où il n’y a qu’un seul autre voilier. Un monsieur qui passait par là nous aide à nous attacher. Nous lui expliquons que nous ne voulons rester que pour la nuit et que nous paierons demain… il nous dit qu’il n’en voit pas l’utilité puisque le propriétaire est la plupart du temps invisible… si il vient à la marina! Euh, bon, ok. Finalement on quittera le lendemain matin sans avoir vu personne.

6 novembre StM 182 à 205
Nous partons à Morehead avec l’idée d’arrêter au Sanitary Fish Market pour acheter des provisions de poisson et/ou fruits de mer et qui offre aussi des quai pour la nuit à peu de frais si on y mange. On se dit qu’on verra et qu’au pire on ira se mettre à l’ancre.

Je trouve Morehead jolie vue de l’eau, malgré les grosses usines derrière et le port très commercial. C’est que l’inlet de Beaufort est tout à côté et les cargos naviguent souvent autour d’ici.

Morehead – Mathilde aux pizzas

Il y a une affiche sur les quais du Sanitary qui mentionne effectivement que les quais sont gratuits le jour. Jazzy Lady vient nous y rejoindre. Nous nous donnons rendez-vous pour le souper au Sanitary mais nous, nous y allons aussi plus tôt dans la journée pour acheter des produits frais… que nous ne trouverons pas! Nous trouvons plutôt un vieux monsieur. Nous lui demandons si on peut acheter des poissons ou des fruits de mer. Il nous répond avec un accent à couper au couteau mais j’arrive à comprendre qu’il veut savoir si on viendra manger au resto ce soir… Je l’assure que oui et je lui redemande pour le poisson.Il part chercher des dessins pour les filles avec un menu pour enfants (pour le resto). Je me mets en quête d’un comptoir, de quelqu’un… mais rien. Il y a bien un petit comptoir devant la cuisine du restaurant mais il n’y a personne. J’abandonne ma recherche de produits frais et nous allons visiter la ville.

Peut-être est-ce parce que nous sommes un peu hors saison, mais la ville est vide. La moitié des commerces est fermée, l’autre moitié est abandonnée. Nous trouvons du lait et des breuvages à la station d’essence. Mais ce sera tout. C’est vraiment dommage car Morehead doit être très jolie en période d’activité.

Morehead, malheureusement

Le souper au Sanitary avec les amis aura été très agréable. C’est à ce moment qu’ils nous ont demandé si on prenait la mer avec eux… le lendemain matin à 4h! On aurait tellement aimé mais nous n’y étions pas préparé. Nous n’avions pas fait le plein d’eau et de diesel (la marina de Belhaven n’avait pas d’installation pour offrir du fuel). Quel dommage. On l’a beaucoup regretté et on le regrette encore. Une belle petite traversée de 12h vers Charleston, pour nous pousser du froid et éviter les embûches de l’Intracostal.

Coucher de soleil sur Morehead

Ce que ça nous a donné par contre, c’est que nous avons eu de bonnes raisons d’être fiers de nous dans les jours suivants.

7 novembre StM 205 à 229
Notre départ de Morehead aura été salué par des tonnes de dauphins. Ils viennent jouer en groupes juste dans l’entrée de la baie! C’est magnifique à voir!

Dauphins à la sortie de Morehead

Petite journée de Morehead à Swansboro. Nous voulons absolument bouger. La température n’est pas agréable et on ne peut pas rester au quai du Sanitary indéfiniment.

Nous partons en début d’après-midi seulement. C’est qu’à partir de Morehead, ça se corse. Les hauts fonds vis à vis les inlets (trous dans les rivages qui mènent à la mer) sont fréquents et des fois très importants. Il y a une profondeur théorique de 12 pieds dans l’Intracoastal. Certaines sections sont réglementées à 9 pieds. Mais avec les courants de marées, le sable se déplace et il n’est pas rare de se retrouver avec des profondeurs de 5 à 6 pieds.

ICW On contourne les hauts fonds

Il faut donc planifier les navigation avec les heures de marées hautes. Il faut réussir à obtenir les heures et les niveaux de marée à l’endroit où l’on passe (des fois il y a une marée de 1 pied, d’autre fois 7 pieds!!).

C’était notre première expérience de planification de ce genre et un de nos bateaux amis s’était échoué la veille. Alors on était un peu stressés.

ICW C’est pas creux au pélican

Tout a bien été. Notre planification était excellente! Le seul hic c’est que les marées ne sont pas de notre côté. Elles ont lieu à 3h du matin et 15h. Ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour naviguer. On avance moins loin. En temps normal, ce ne serait pas grave. Mais là il fait gris et froid et on nous annonce (encore) du 40 noeuds de vents pour la nuit. Alors le moral est en baisse.

ICW La météo n’est pas avec nous mais c’est tout de même joli!

Nous ancrons à Swansboro et nous sommes chanceux, le vent et le courant sont de notre côté. L’ancre grippe tout de suite. Ça nous rassure. Et nous prenons alors le temps d’être fiers de ce que l’on a accompli. Une belle planification et on l’a bien réalisée!!

Coucher de soleil à Swansboro

J’avais hâte de mettre le pied à terre pour aller à l’épicerie. Nous étions plutôt dû question nourriture. La pluie et le froid m’en auront découragée. J’avais fait de grosses réserves avant de partir. Ouvrons du cannage!!!

8 novembre
On reste au bateau. Ça brasse, les vents sont forts, on prépare notre navigation des prochains jours et on fait de l’école. Et des évaluations.

9 novembre StM 229 à 285
Swansboro à Wrightsville. Il fait moins mille. On s’habille comme des ours et on avance. Des ponts fixes dont un à 64 pieds et 3 ponts ouvrants. Je commence à préférer les ouvrants. C’est moins stressant et les opérateurs de ponts sont bien gentils.

Nous croisons aussi Camp Lejeune (terrain de pratique de tir de l’armée américaine) sans nous faire tirer dessus! Fiou!

Wrightsville. C’est vraiment magifique. De grandes plages, une jolie baie… J’aurais voulu débarquer pour aller à la plage mais il fait tellement froid qu’on n’a pas même pas envie de sortir d’Océo pour aller à terre. On se colle et on cuisine pour faire chauffer le poêle!

10 novembre StM 285 à 311
L’Intracoastal défile devant nous entre Wrightsville et Southport. Des ponts, des hauts fonds, de la nature vierge et des maisons cossues, des marinas pour de gros bateaux moteurs. Le bord de l’eau des États-Unis est un endroit pour les riches.

Nous décidons de faire les riches aussi, avec les fronts froids qui passent à répétition et les ancrages protégés qui se font plus rares dans ce secteur nous décidons d’arrêter à la South Harbour Marina, en banlieue de Southport. Ce sera un mauvais choix. Pas de services à proximité, quai directement sur l’Intracoastal avec les vagues des bateaux passants qui viennent avec. Du personnel peu amène… le propriétaire a bien essayé de faire copain-copain avec Mathilde mais ça n’a pas effacé la mauvaise impression du début. Au moins, nous étions bien attachés pour passer la nuit.

11 novembre StM 311 à 373: La journée du faites ce que je dis, pas ce que je fais!!!

Nous partons de Soutport dans l’idée de nous ancrer dans la rivière Calabash. Il vente un peu et nous savons que ça va empirer dans les prochains jours. Nous ne sommes donc pas convaincus de notre choix d’ancrage.

Décider d’un ancrage que nous n’avons jamais vu, basé sur des guides et des commentaires, c’est toujours un peu insécurisant parce qu’on ne sait pas si les conditions auxquelles nous ferons face seront les mêmes que celles des gens qui ont donné les informations.

Arrivés devant la Calabash, avant même d’entrer dans la rivière, nous sommes convaincus qu’avec les vents annoncés ce n’est pas un bon choix. En plus de n’être pas très large, donc pas d’espace de « swing » (bateau qui tourne sur son ancre avec le courant et/ou le vent), il n’y a pas vraiment de protection pour les vents annoncés.

Il est tôt dans l’après-midi, nous décidons de continuer même si nous savons très bien qu’il n’y a pas d’ancrage possible pour nous dans les prochains miles. Nous nous résignons à prendre (encore) une marina si nous ne trouvons pas d’ancrage.

Dans l’après-midi, nous négocions une passe particulièrement difficile pour un haut-fond qui ne nous laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre. Seb et moi dans le cockpit, nous sommes très concentrés et nous arrivons au bout le plus difficile. Au sondeur, nous voyons, 7 pieds, 6 pieds… PAAAAAF!!! On pousse un cri tous les deux. Un dauphin très curieux est venu souffler très fort juste à côté de Seb, et quand je dis juste à côté, c’est à 2 pieds du bateau, et assez fort pour que le bruit (et la vision d’un gros truc qui sort de l’eau tout d’un coup!!) nous fasse sursauter! Ouf, on rit un peu jaune avant d’essayer de se refocusser sur nos instruments mais c’est difficile!!! Quelle entrée en scène de ce dauphin!

Pour corser un peu les choses, nous passons aussi dans un petit chenal étroit appelé le Rock Pile. Pas de place pour nous plus une barge de large alors on écoute comme il faut les avertissements sur le VHF. C’est que contrairement à la majorité de l’Intracoastal, les obstacles que nous pouvons rencontrer ici sont plus de l’ordre des roches que du sable. Ça cogne un peu plus dur lors d’un échouage alors on est archi prudents!

Il est rendu 16h. Il est vraiment temps de se fixer pour la nuit. Il n’est pas recommandé de naviguer de nuit dans l’Intracoastal. Il est impossible de voir les obstacles et plusieurs des marqueurs (bouées qui nous dirigent) n’ont pas de lumière. Mais il n’y a pas d’ancrage. Et pas de marina. Que fait-on? Rebrousser chemin? Oh que non, on est en mode on avance et pas question de revenir sur nos pas… D’après mes calculs, nous pouvons atteindre la marina Osprey pour… 18h30! Le soleil se couche vers 17h15, nous avons de la pénombre jusqu’à 17h45… on tente le coup?

J’appelle la marina et ils peuvent nous accueillir au quai de fuel pour la nuit. –Your ETA please? – 18h30. – What??

J’appelle aussi le pont ouvrant juste avant la marina pour m’assurer que les guides sont exacts et qu’il ouvre bien à toute heure du jour (et de la nuit!!). – Euuuh, yes captain, we can open the bridge for you at night, but are you really sailing the ICW at night?

ICW la nuit

Le soleil se couche, la pénombre est là, la grosse lune se lève mais nous tombons dans un secteur où les arbres se referment et nous ne distinguons plus la ligne entre le bas des arbres et l’eau. Je propose à Sébastien de faire une vigie au cas où il y aurait des débris dans l’eau. Il décline, il ne veut pas que j’aille me geler à l’avant et de toutes façons, nous n’avons presque pas rencontré de débris ces derniers jours… BAAAAM, BAAAM, BAAAM!!!

Trois fois! Ce foutu 8 x 8 de construction nous a frappé 3 fois! Sans rien endommager, une chance! Misère. Alors je cours faire une vigie. J’essaie d’éclairer sans éblouir Seb ce qui s’avère plutôt difficile.

Nous arrivons enfin au pont ouvrant, nous aurons traversé 17 ponts aujourd’hui. Un record!

ICW Un de nos 17 ponts de la journée

Deux petits miles plus loin dans la noirceur la plus totale, nous faisons notre entrée dans le petit chenal de la marina. Totalement protégée de tous les côtés. Un petit sac de bienvenue nous attend, avec des trucs à grignoter et la carte magique pour les douches chaudes.

Bienvenue à Osprey Marina

Le propriétaire de la marina me dira le lendemain que je n’aurais pas dû naviguer de nuit. Je lui ai dit que j’étais complètement d’accord. Qu’on ne le referais pas.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais!!

Frayeur à Portsmouth, 30 et 31 octobre 2019

De Mill Creek nous descendons dans le port achalandé de Norfolk. New York, c’est de la petite bière à côté! Paquebots, barges, structures de travail, plaisanciers et il faut aussi compter avec les vaisseaux de guerre et leurs patrouilles et… un sous- marin qui se promène dans la baie! Je suis déçue, on ne l’a pas vu, mais on a bien entendu les avertissements sur la VHF: « ne passez pas devant, restez loin ». Un petit matin tranquille quoi!

On s’ancre du côté de Portsmouth, juste de l’autre côté de la rivière de Norfolk, en face du musée Nauticus et du gros USS Wisconsin qui a servi pendant plusieurs guerres.

Nous allons visiter le musée et le GROS bateau le lendemain, jour d’Halloween. Ses canons font 16 pouces de diamètre, c’est vraiment impressionnant. Sa proue est tellement haute que ça me donnait le vertige. Par contre de sa poupe on voyait très bien les dauphins qui jouaient dans la Elizabeth River.

La bateau est vraiment impressionnant. C’est une petite ville en soi avec bureau de poste, fabrique de beigne, et j’en passe.

Le musée Nauticus est axé sur la Navy. L’armée est à l’honneur sous toutes ses coutures, de leur implication a la protection de l’environnement a leurs avancées technologiques.

On peut aussi caresser des requins (des petits quand même), toucher aux horseshoe crabs, voir un film 3D et les enfants ont même une aire de jeu dédiée. Un beau musée.

Et puis, le soir d’Halloween est arrivé.

C’était important pour les filles. Nous avons beau nous dire que nous les préparons à ne pas vivre les choses comme à la maison, il y a des choses sacrées. Je m’en suis rendue compte quand, le 24 octobre (1 semaine d’avance quand même), Daphnée me dit: « maman, tu as apporté quoi comme déguisement d’Halloween? » Euh… Je sais bien dans ma tête que j’ai apporté quelques trucs, des accessoires passe-partout, des bracelets, du maquillage… mais je ne me rappelle plus exactement ce qu’il y a dans cette petite boîte… que j’ai rangé où déjà?

Aïe, les filles voyant mon désarroi se sont aussitôt lancées dans des plans de costumes. C’est qu’elles ont beaucoup d’imagination! Livia a décidé qu’elle serait une licorne, Mathilde une fée des neiges (hein??) et Daphnée la raisonnable a décidé d’attendre de voir ce que j’avais comme accessoires… que j’ai fini par trouver quelques jours plus tard. Ouf. J’avais apporté un costume de Wonderwoman que Livia a bien voulu porter. Daphnée a trouvé son compte avec des accessoires de pirates et Mathilde… s’est pensé un costume de Snow fairy. Maman bricoleuse s’est donc attelée à la confection d’ailes en carton réalisées à partir d’une boîte de bouteilles de vin! On a quand même pris le temps de masquer que ça venait du liquor store! On a fixé le tout avec de la broche à son harnais de survie, on ajoute une passe à cheveux ornée de flocons, quelques tatous pratiques et un peu de maquillage, ouf, on y est arrivées!

Une Snow Fairy, Wonderwoman et une dangereuse pirate!

La composante costume n’était pas la seule à faire partie des impondérables. Où, comment, avec qui allait-on faire le trick-or-treat? Tout dépend d’où on est… on avait préparé les filles à faire un Halloween mouillage, c’est à dire faire le tour des bateaux à l’ancre pour demander des bonbons. Au cas où l’on serait loin de la civilisation. Hasard de navigation, nous sommes ancrés devant la belle Portsmouth et l’immense Norfolk. Merci à nos amis du Second pour la recommandation du vieux Portsmouth, c’était vraiment génial. Et les filles ont eu la chance de pouvoir passer Halloween avec leurs amis de Jazzy Lady. Que demander de plus!

Jusqu’à ce que vers la fin de la soirée, un espèce d’énervé sorte de son entrée avec une tronçonneuse en marche et en menace la dizaine d’enfants présents. Daphnée hurlait à mort, Livia était au bord des larmes et beaucoup de touts petits criaient, sans que l’imbécile arrête son manège. Nous nous sommes dépêchés de sortir de cette rue étrange prise d’assaut par des jeunes adultes qui avaient envie d’effrayer les petits (une dizaine de ces jeunes étaient déguisés en zombies beurrés de sang, en Thirteen et autres horreurs). J’ai aussi compris plus tard que Livia avait surtout peur que le monsieur coupe des arbres et les fasse tomber sur les maison et les gens!!

J’ai mis sur Facebook qu’il faisait 30 degrés ressentis, mais ça vient avec des conditions à surveiller: 20-25 noeuds de vent avec des rafales jusqu’à 45. C’est beaucoup! Nous savions que nous étions bien ancrés, nous avions ajouté de la touée (longueur de chaîne) . Mais ce n’est pas sécurisant de ne pas être au bateau ou de le voir dans ces conditions-là. Alors Seb est resté au bateau et il devait venir me chercher à notre retour. Il y a de la vague en retournant sur Océo mais ce n’est pas si pire. Il fait chaud, on va sécher!

On envoie les filles se coucher (après la dégustation de bonbons bien sûr!) et on décide de dormir dans le cockpit. On le fait souvent quand ils annoncent des gros vents. Seb s’endort presque tout de suite mais les grosses rafales me tiennent éveillée. Quand le vent se met à me siffler dans les oreilles, j’ai tendance à vérifier si l’on chasse.

Et puis c’est arrivé. Un autre voilier a  chassé. Son balcon arrière est venu se coincer sous notre davier, là où est notre ancre habituellement. Mais là notre ancre est dans le fond de l’eau et le voilier décroché est appuyé sur notre chaîne. Une chance. Je crois que c’est ce qui a tout sauvé. Je me suis précipité à l’avant après avoir crié à Seb « BATEAU » puis j’ai pris une gaffe pour repousser l’envahisseur. Seb à la rescousse, on a pu dégager le balcon du monsieur qui est finalement monté dans son cockpit. Nos cris ont dû le tirer de son sommeil. Le bateau était dégagé mais son zodiac, suspendu à son arche, était maintenant en train de s’enfoncer dans le davier. Heureusement à ce point le monsieur a réussi à partir son moteur et nous avons pu le pousser pour qu’il s’en aille, mais pas avant qu’un ballon de son zodiac n’éclate. Il a mis les gaz, et il est allé se ré-ancrer plus loin.

Quelle frayeur intense. Je suis rapidement allée chercher le projecteur pour constater les dommages à notre étrave. Rien. L’autre voilier s’est littéralement déposé sur notre chaîne et comme nous avons été rapides à l’enlever la coque n’a pas du tout été touchée! Tellement, tellement merci!
Inutile de dire que nous n’avons pas pu nous rendormir!

Nous avons donc pu assister au déchaînement de la nature qui ne faisait que commencer. Les vents qui ont frappé le Québec nous ont aussi frappé cette nuit-là. Nous étions bien ancrés et en sécurité. Mais c’est vraiment impressionnant de voir la nature se déchaîner autour de nous!

J’ai tout de même réussi à m’assoupir quelques heures plus tard, question de pouvoir repartir de Portsmouth. Nous faisons notre premier bout de chemin dans l’Intracoastal demain. En fait, nous y sommes déjà étant donné que nous sommes ancrés tout juste passé le Mile Marker 0 (la bouée 36 devant Portsmouth marque le début de l’Intracostal qui est balisé en statute miles, c’est à dire en miles terrestres).

On ira sûrement pour une petite journée de navigation, question de pouvoir se reposer!!



De Mill Creek à Mill Creek, 28 et 29 octobre 2019

Départ de Solomons. On se pousse jusqu’â Mill Creek dans la Great Wicomico river. On veut aller au sud! Quel bel endroit. Sur les recommandations de Luc Bernuy nous allons nous ancrer dans cette petite rivière tranquille.

Pas un son. C’est là que nous avons pêché notre premier crabe! Les filles sont tout excitées, Livia ne veut pas qu’on lui fasse mal… ça adonne bien, il est tard et comme nous n’en remontons pas d’autres nous ne voulons pas nous donner le trouble de l’arranger pour si peu. Alors on le remet à l’eau. Mais on pourra dire qu’on en a pêché un!


On est bien à Mill Creek, mais on a besoin du SUD. Alors on file pour une autre journée. Il faut aussi dire qu’on en a assez de la Chesapeake. Elle ne nous a pas gâté, surtout côté vagues. On s’est assez fait brasser à notre goût, vivement les petits canaux de l’Intracoastal Waterway.


Alors direction Hampton où Seb désire revoir la marina d’où il est parti l’an dernier pour sa traversée, la marina Bluewater. On fait le plein de diesel et d’eau mais le pumpout n’est pas facilement accessible. Ça attendra.


Ok retourne s’ancrer dans…Mill Creek, celui de Hampton bien sûr. Il n’y avait pas assez de place dans l’ancrage de la Hampton river et tout le monde était sur 2 ancres, ce qui ne nous tentait pas. Ce 2e Mill Creek est vraiment bien, mais complètement ouvert au sud. Et comme les prochains jours annoncent du fort sud, on devra se déplacer encore le lendemain. Et puis Halloween approche, va falloir s’organiser!

Mill Creek, celui de Hampton!

Presque 50 miles plus loin… Solomons Island, 24 au 27 octobre 2019

En restant un jour de plus à St Michaels nous avons manqué la belle journée de vent d’ouest pour naviguer (choix conscient, nous tenions à rester à St Michaels).

Les prévisions nous annonçaient de 5 à 10 nœuds du sud, 2 pieds de vague. On se dit que les prévisions peuvent se tromper un peu sur l’orientation du vent et qu’on sera assez chanceux pour faire de la voile… mais non, le vent est bien pile face à nous. Par contre, il y a bien erreur sur le vent : on est plutôt autour de 20 nœuds et la vague aussi s’en permet avec du 4 à 5 pieds. Donc une navigation pas confortable, même si on a ouvert le génois et tiré des bords.

Nous étions plus que dû pour un accès à des facilités de lavage et d’épicerie. Nous avons donc pris une boule mouillage chez Zahniser’s à notre arrivée à Solomons Island. Ça nous a permis de faire tout notre lavage et de prendre la navette gratuite pour aller faire l’épicerie.

Avant notre départ, j’avais prévu faire notre lavage à la main. Étant partis plus tard que prévu, il fait souvent trop froid pour jouer dans l’eau. Nous apprécions donc les buanderies quand il y en a! Et à Zahniser’s, nous sommes gâtés: la journée de lavage a été comme un jour de villégiature. La buanderie est située sur le bord des quais avec un petit parc pour les enfants juste en face de nos grosses chaises Adirondack. Ce qui fait que l’attente du lavage est pas mal agréable! Et le wifi a fait fureur, les filles ont probablement rentabilisé notre mooring juste avec leur consommation!

Le lendemain du lavage nous décidons d’aller nous ancrer quelques pieds plus loin que le mooring et nous allons faire une petite visite au musée Calvert. Mais avant, nous profitons de leur quai à dinghy pour aller au Westmarine juste à côté. Wow! Quel Westmarine! Aussi grand qu’une épicerie! Je me rachète des pointes sèches, je n’ai toujours pas retrouvé les miennes…

J’avais un peu peur que le musée Calvert soit redondant pour nous qui avions tant apprécié le musée de St Michaels. Mais j’avais tort. En plus du phare, il y avait des tonnes d’exemples de vie marine et beaucoup d’aquariums où l’on pouvait toucher les animaux et poser des questions au naturaliste présent. Déjà, les filles se sont fait des amies: dans un bassin vitré, des loutres faisaient des cabrioles et venaient nous voir. C’est maintenant l’animal préféré de Daphnée! Elles sont très joueuses et curieuses et elles sont tellement à l’aise dans l’eau! C’est vrai que c’est beau à voir.

Ce musée aura aussi permit d’initier tranquillement Mathilde à un de nos prochains thème: l’esclavage. La rivière Patuxent a vu beaucoup de colons établir des plantations sur ses rives et beaucoup d’esclaves ont traversé l’océan pour venir exploiter les cultures du tabac et du coton.

Une grande partie du musée Calvert est consacrée à la préhistoire. Des fossiles de requins et de baleines ont été découverts dans les falaises qui bordent la baie de Chesapeake près d’ici. Imaginez, en faisant une promenade après un ouragan, un passant découvre plusieurs dents de requin, plus précisément du Mégalodon, une bête qu’on ne veut pas rencontrer hors d’un musée! Les fouilles continuent et plusieurs personnes travaillent à exhumer les fossiles présents. Ça nous permet d’en apprendre un peu plus sur ces temps où l’homme n’existait même pas!

Et parlant de préhistoire, j’ai eu un coup de coeur pour les horseshoe crab. Une grosse carapace/armure, et dessous: surprise! Un crabe! (ils sont en fait reliés à la famille des scorpions!). Je les ai flatté quand même!!

Nous avons des semaines à thématique crabe ces temps-ci. Le Chesapeake Bay Maritime museum de St Michaels nous en a montré des exemplaires vivants et nous avons appris les détails du cycle de vie et de leur migration. Puis nous avons réussi à nous procurer des cous de poulets et enfin nous en avons attrapé un, un vrai de vrai! Nous ne l’avons pas mangé (nous avons complété ce processus en restaurant, Livia ne nous aurait pas laissé le cuire!). Pour finir, nous avons fait un apéro aux chips à saveur de crabe (ça goûtait surtout le BBQ avec une petite twist crabe!).

C’est aussi ici que nous avons pris la décision de ne pas faire notre arrêt à Washington. Nous préférons nous diriger plus rapidement vers le sud. Alors sud, nous voici!

Découvrir Annapolis, aimer St Michaels, 17 au 24 octobre

Annapolis

Au départ de Georgetown dans la Sassafras River, nous hésitons entre aller à Baltimore ou à Annapolis. Nous devons trouver un port assez près de la civilisation histoire de déposer notre équipier, il retourne chez lui dans les prochains jours. Snif.

Nous nous décidons pour Annapolis, c’est plus au sud! Vivement le sud!

Et nous allons encore une fois pour la facilité, nous prenons un mooring à 35$ la nuit.

Annapolis est LA ville des bateaux. De TOUTES les sortes de bateaux. Nous étions un peu déçus d’avoir manqué le « boat show » (immense foire de la voile) mais au final, en voyant déjà l’achalandage de la ville de fin de semaine, nous étions un peu contents de ne pas avoir été là pendant LA FOULE du boat show.

Annapolis est vraiment une jolie ville. Loin d’être une spécialiste en architecture, je ne saurais pas la décrire en des termes techniques. Mais pour moi, Annapolis est belle. Avec ses dédales à l’ancienne, des maisons dans la cour de maisons où l’on découvre d’autres maisons derrière, on a l’impression qu’on pourrait marcher pendant des heures sans avoir fait le tour de tous ses recoins. J’aurais aimé la découvrir plus en détails, son capitole m’attirait, mais les besoins d’approvisionnement ne me l’ont pas permis. Peut-être dans un prochain voyage…

Par contre, pour une ville de bateau, nous n’avons pas trouvé l’approvisionnement que nous escomptions. Comme nos amis de Jazzy Lady nous disaient : « on n’est peut-être pas les bateaux cibles, je ne pensais pas me magasiner une robe de soirée aujourd’hui »! Beaucoup de boutiques de luxe se trouvent sur la rue principale, tout comme beaucoup de petits restos « trendy » comme dit le guide. Mais pas d’épicerie en bonne et due forme près des mouillages au centre-ville.

Nous avons trouvé des denrées à la pharmacie CVS et du frais au Market House, juste à côté du quai à dinghy. Mais les grosses épicerie sont trop loin pour nous cette fois-là. Nous aurions pu aller au Graul’s mais nous l’avons trouvé trop tard et nous devions partir.

Avant de lâcher notre boule de mouillage, notre équipier nous a quitté. Nous avons eu la grande chance de pouvoir faire un bon bout de chemin avec Benoit. Il a tellement bien « fitté » dans notre voyage que c’était comme si il faisait partie de notre famille. Alors quand il est parti, ça a fait un grand trou. Les larmes ont coulé. Merci, merci, merci Benoit!

Départ d’Annapolis vers St Michaels. Destination qu’on nous avait chaudement recommandé. Enfin, nous ouvrons les voiles. J’aime beaucoup la baie de Chesapeake mais elle ne nous a pas beaucoup gâté question conditions de navigation. Mais aujourd’hui ça y est, 10 nœuds de vent et presque pas de vagues (oui on prendrait bien plus de vent mais pas de vagues, on s’en contente très bien!) Oh que ça fait du bien!

Malgré tout, ce fut encore une longue navigation. Mes calculs se révèlent souvent erronés quand à notre heure d’arrivée. Il faut dire que j’ai perdu mes pointes sèches (mon petit compas qui me sert à mesurer les distances) dans une des navigations. Elles ont dû se glisser dans un endroit que je n’ai pas encore fouillé. Peut-être en avaient-elles assez de compter des miles!!

Toujours est-il que ce n’est pas pratique, mes mesures de distances, comparées aux informations dans les guides et aux informations électroniques ne concordent pas. Une différence de 5 miles peut changer bien des choses entre une arrivée à 16h30 pour l’apéro et une arrivée vers 18h avec un soleil qui se couche droit dans notre tronche, tout ça en essayant d’éviter les « crab pots ».

Crab Pots, définition : piège à crabes, obstacle à la navigation essentiel à l’économie locale mais sans règle particulière quand à l’organisation de ses infrastrucures. Autrement dit, il peut y en avoir partout!! Il y a bien des zones qui sont délimitées et réglementées. Donc à ces endroits, c’est certain, il y en a! Mais ailleurs, si l’on navigue dans une zone de 25 pieds de profondeur et moins, il faut exercer une vigie. Et à ces moments on veut une belle lumière du jour et pas trop de vagues parce qu’un crab pot, ça peut avoir l’air de n’importe quoi. Tant que c’est petit et que ça flotte!! Et quand on est chanceux il y a un petit drapeau dessus! Lorsque nous circulons à moteur, nous risquons d’emberlificoter notre hélice dans les fils de ces pièges à crabe et ainsi se retrouver avec une impossibilité de se propulser sauf avec nos voiles. Habituellement, si nous naviguons à moteur c’est que nous ne pouvions pas utiliser les voiles alors on est un peu mal pris. Bien sûr, nous avons installé un coupe-orin, une espèce de lame de scie ronde format miniature qui se fixe sur notre arbre d’hélice. Mais bon, on aimerait mieux que ça n’aie pas à servir!

Je disais donc arrivée à St Michaels en fin de journée, coucher de soleil et crabs pots affrontés. La première impression, de loin, est très invitante. Nous avons hâte d’aller à terre le lendemain!

On se lève tard et on va dîner au Carpenter’s Street Saloon (le guide nous assurait d’un endroit familial, malgré le nom!).Quelle ambiance! Un beau décor et la nourriture était excellente. Les filles ont même rencontré une star locale : une sauterelle de 15cm de long!! Elle a fait un petit tour de resto avant d’atterrir successivement sur Mathilde, Livia, Seb et moi. Les cris des filles ont alerté le personnel qui se trouvait en cuisine (ainsi que pas mal tout l’état du Maryland!) et un client a agi en héros en venant capturer puis relâcher (au-dehors) ladite sauterelle. Toute une expérience.

On poursuit notre visite avec le musée. Ah, ce musée. La dame nous a bien averti à l’entrée, les enfants PEUVENT ET DOIVENT toucher à TOUT ce qu’ils veulent, c’est bien important! Ce qui ne doit pas être touché est derrière une vitrine et ce qui ne doit pas être déplacé est vissé au plancher ou collé aux meubles. Le reste, on touche à tout!! Imaginez leur joie! La dame nous explique aussi que notre entrée est valide pour 2 jours! Bon d’accord, vous nous avez eu, on va rester un jour de plus.

Dans le Thor, les filles peuvent peser sur tous les boutons disponibles. On peut ainsi partir le moteur, mettre les gaz, ajuster la radio, tourner la barre, actionner le klaxon. Il y a même une simulation de cuisine à l’arrière avec un petit poêle à bois. Mathilde ne cesse de répéter qu’un musée, c’est vraiment cool!

Mon bâtiment préféré a été la cabane des « watermen ». On y donne des informations détaillées sur les crabes bleus de la baie de Chesapeake, ainsi que sur la pêche aux huîtres. En prime, un bassin de crabes vivant et bien hargneux! Ça se bat! On ne met pas nos doigts là-dedans! En plus les filles peuvent remonter des cages à crabes et à anguilles. On peut même racler le fond de l’eau et remonter des huîtres. On touche à tout!

St Michaels a conquis mon cœur. Une belle accessibilité, des gens qui ont adapté leur village et leurs services pour les gens de l’eau, autant les pêcheurs que les plaisanciers. Voilà peut-être la différence entre Annapolis et St Michaels. Annapolis est une ville de bateaux. St Michaels est une ville de marins. Ce qui fait qu’on s’y sent bien, et surtout, bienvenus. Comme cette fois où je suis allée au Village Shoppe, l’épicerie fine locale, et que arrivant à la caisse je vois les trombes d’eau tomber. Le propriétaire qui m’avait aidé à trouver une idée pour mon souper (bisque de tomates maison!), est venu me voir pour me demander si j’étais à pied. Quand j’ai répondu oui il a demandé à sa femme de venir me reconduire jusqu’au port. J’étais TRÈS reconnaissante! Ou cette autre fois où nous cherchions un endroit pour prendre une douche chaude et que le responsable du Harbour Inn Marina me dit de venir dans son établissement sans problème et gratuitement, que c’est le moins qu’il puisse faire pour nous! Wow!

St Michaels aura aussi été l’endroit où on aura enfin pu prendre l’apéro avec nos amis de Jazzy Lady. Nous avions essayé de nous coordonner à Annapolis mais ça n’avait pas fonctionné et les enfants des deux bateaux étaient très déçus. La prochaine fois je devrai penser à prendre des photos!

Et nous avons ENFIN réussi à acheter des cous de poulet (au Village Shoppe). Nous allons pouvoir nous essayer à la pêche aux crabes sur Océo!

La baie du Delaware, le C&D Canal et la Sassafras River, 15 au 17 octobre

La veille, j’avais préparé nos waypoints pour remonter la Delaware. Je dis ici La Delaware comme on dit La Corriveau chez nous, avec un mélange de mépris et de crainte.

Je n’ai pas aimé La Delaware, très large ouverte aux vagues, capricieuse, sujette aux marées assez intenses, pleines de débris et de « crab pot », ces trappes à crabes installées par les pêcheurs qui jonchent parfois même le canal où nous circulons.

Une autre longue navigation, pas nécessairement facile, avec beaucoup de vagues au début, et une marée qui ne nous était pas vraiment favorable (et qui ne l’aurait pas été non plus pour au moins la prochaine semaine). Idéalement, nous devons nous engager dans la baie du Delaware 1 heure avant la fin de la marée descendante (qui se dirige vers la mer). Puis la marée montante nous pousse vers le haut de la baie presque tout le long. Le trajet est quand même assez long, 56 miles du bas de la baie jusqu’à l’entrée du C&D canal. Puis il faut compter la distance jusqu’à notre arrêt pour la nuit, et ne pas oublier la distance entre Cape May et l’entrée de la baie.

C’est là que je me suis royalement plantée.

En faisant nos waypoints (points de navigation) j’ai lu les conseils du guide et j’ai voulu nous éviter les hauts fonds qui sont assez importants sur la pointe de Cape May. J’ai tracé un chemin qui comptait toujours au moins 25 pieds d’eau. Deux erreurs : la première, nous étions à marée haute, donc j’aurais pu ajouter 5 pieds à toutes mes données sur la carte et deuxième, je n’ai pas compté de combien de miles on allongeait notre parcours… 10 miles nautiques, ouch! À une vitesse de 5 nœuds (5 miles nautiques à l’heure), ça fait 2 heures de plus. Sur un long trajet, dans une baie pas facile et pas vraiment intéressante, c’est long longtemps. On apprend!

Toujours est-il que nous arrivons à notre but, Chesapeake City. Il y a un quai gratuit et possibilité d’ancrage. Mais le quai (qui compte de la place pour environ 4 bateaux) est déjà plein et l’ancrage nous semble exigü. Luc Bernuy (encore lui!) nous a suggéré de nous accrocher au quai du restaurant Schaefer’s en face du bassin de Chesapeake City, juste au pied du pont. Le restaurant semblait saisonnier dans nos guides mais il était bel et bien ouvert et nous découvrons que des facilités de quai sont en développement.

Sans demander le prix, nous nous accostons et un responsable de l’endroit vient attraper nos amarres et nous attacher en professionnel. Son débit vocal étant un peu au-delà de notre capacité de compréhension, nous saisissons tout de même qu’il nous attache aux piliers en prévision des marées et que nous devons installer nos défenses à l’horizontale pour bien s’appuyer sur ces mêmes piliers.

Ç’aura été un excellent choix. Tout de même 2$ du pied pour la nuit plus l’électricité (environ 10$), mais on en a profité. Nous avons rempli nos réservoirs d’eau et nous sommes branché à l’électricité. Nous avions ainsi de l’eau chaude pour prendre nos douches dans le bateau. Il n’y avait pas de facilité de douche mais il y avait des grandes toilettes bien propres. On était bien.

Nous avons aussi essayé le restaurant. C’était très drôle. La terrasse étant au 2e étage, nous mangions à la hauteur des barres de flèches d’Océo!

Le froid nous aura finalement chassé vers l’intérieur, où nous étions tout aussi bien. Le personnel était sympathique et craquait à la vue de nos filles. C’est toujours bien utile!

Nous quittons le lendemain matin. Nous devons nous cacher des gros vents que l’on nous annonce pour les prochains 2 jours. Direction la Sassafras River. J’aime ce nom. La pluie nous a rattrapé en chemin. On était vraiment trempés!

Et encore une fois un excellent choix. La Sassafras River est un beau serpent de rivière qui nous amène des paysages superbes.

Nous avons pris un quai au Georgetown Yacht Basin car les gros vents annoncés nous donnaient envie d’un peu de confort. Et quel confort!! On nous a donné un quai directement à côté du bloc de toilettes/douches/lavage. Wow.

Nous n’avons pas profité de la voiture de courtoisie gratuite pendant notre séjour mais ce n’est pas grave, j’ai fait un petit ravitaillement à pied avec une Daphnée super motivée. Quelle marcheuse quand ça lui tente!!

Nous nous apprêtons à quitter demain pour Annapolis. Et encore une fois la météo vient nous chatouiller. Une tempête en formation dans le golfe du Mexique va possiblement remonter la côte. Nous sommes encore assez au nord dans la baie de Chesapeake et il se peut qu’elle nous évite sinon on devrait être bien protégé dans les baies d’Annapolis. Nous surveillerons ça de près.

Cape May, la trop courte et magnifique Cape May

J’en avais beaucoup entendu parler, autant par les marins que les terriens. Cape May, il faut y aller!

À l’arrivée de notre traversée nous sommes tous épuisés. Je décide d’appeler la marina Utsch’s pour voir si ils ont de la place. Ils en ont. La gentille dame de la marina me défile une série de consignes pour l’entrée dans la marina. J’en retiens quelques-unes mais mon capitaine et son GPS ne sont pas d’accord avec ces consignes. Je rappelle la dame qui me transfère à un employé qui a l’habitude. On nous dit de longer le mur de la marina puis de tourner à 90 degrés pour y entrer. La manœuvre semble difficile, voire impossible, il n’y a pas beaucoup d’espace pour manoeuvrer et si on se plante on ne peut pas faire marche arrière. Alors on rappelle la marina et on leur dit qu’on abandonne l’idée.

On ira finalement s’ancrer juste à côté de la Coast Guard et on décrète un dodo d’après-midi obligatoire pour tous! Ça fait du bien!

Ancrage à côté de la Coast Guard, avec hymne national à tous les matins!

Le lendemain, Luc Bernuy, qui était sur un bateau voisin, vient nous rendre visite. Sur ses conseils, nous allons accrocher notre dinghy au quai du restaurant Lobster House et son schooner. Ça tombe bien, c’est l’heure du dîner et on a faim!!

Une petite marche en ville pour le reste de l’après-midi. Et, roulements de tambours…. ENFIN!! UNE PLAGE!! UNE VRAIE! Les filles ne se peuvent plus et elles y seraient restées pour le reste du voyage! Mais quelle plage! Large, magnifique!

Il aura malheureusement fallu y mettre un terme plus rapidement que nous aurions voulu. Nous avons vérifié la météo des prochains jours et si nous ne quittons pas Cape May demain, nous y serons peut-être coincés encore une semaine. Comme on en a un peu assez d’être coincé quelque part, nous nous dépêchons à visiter le joli centre de Cape May et nous retournons sur Océo. Nous nous promettons de nous y arrêter au retour.

Trop court séjour, mais on a vraiment adoré cet endroit!

Traversée Sandy Hook – Cape May, 12 et 13 octobre 2019

Enfin. Notre fenêtre météo s’ouvre. Mélissa la tempête tropicale fait son chemin vers le nord et la mer commence à se calmer. Je dis bien commence.

Les prévisions étant ce qu’elles sont (des prévisions!) nous ne savons pas exactement comment la mer aura décidé de réagir après le passage de Mélissa. C’est pour ça qu’il est important de partir avec des conditions plus que confortables pour tout l’équipage.

Nos prévisions nous donnaient une vague longue (donc plus confortable) de 4 à 6 pieds qui allait en diminuant vers 3 à 5 pieds.

Nous nous sommes donc lancé dans l’océan samedi le 12 octobre vers 15h. Nous dépassons la pointe de Sandy Hook et ses plages immenses avec fébrilité.

Puis nous rencontrons la mer. La vraie.

Les filles sont restées dans le cockpit avec nous jusqu’à 20h, l’heure du dodo. Mathilde et Daphnée se sont endormies avec nous pendant que Livia ralliait sont lit. C’est à peu près à ce moment que nous avons réalisé que nous ne pourrions pas compter sur notre pilote automatique pour la traversée. Peut-être mal ajusté, il ne répondait vraiment pas bien aux vagues de l’océan. Nous avions déjà décidé de faire des quarts, nous nous préparions maintenant à une expérience un peu plus intense.

Je peux dire qu’il a fait un temps magnifique. Un peu froid vers le milieu de la nuit mais nous étions bien habillés.

Je peux aussi dire que nous avions une lune (presque) pleine vraiment éclatante. Une chance, elle nous permettait de voir venir les vagues.

Et je peux aussi le dire, je vous l’avoue, j’étais terrorisée! Je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai vite réalisé que pour moi, une mer de 4, 6, 9 pieds, c’était peut-être un peu trop gigantesque pour une première expérience. J’ai un peu figé. J’aurais pris la barre si il avait fallu mais j’ai préféré la laisser à Seb et Benoit. J’ai barré un peu à l’approche de Cape May, les vagues et mon petit cœur s’étant calmés. Sébastien a vraiment été mon héros cette nuit-là, il a barré pendant 5h consécutives de nuit, laissant la barre à Benoit pour le lever du soleil.

Avons-nous eu le mal de mer? Sébastien et moi avons mis des timbres de scopolamine, pour être certains d’être efficaces. Benoit avait ses propres trucs. Et nous n’avons pas donné de médicament en prévention aux filles. Livia et Daphnée jouaient comme sur la terre ferme et s’amusaient même de nos cabrioles dans les vagues. Mathilde a été un peu plus sensible, en plus de se sentir mal d’être la seule à être incommodée. Alors Benoit a compati, il a été malade un grand coup juste pour la rassurer (hihi!). Elle est allée se coucher et le repos a fait son œuvre. Le lendemain elle se sentait mieux.

La traversée aura duré un peu plus de 20 heures. Un 20 heures au bout desquels j’aurais pensé, à un moment de la traversée, vendre le bateau et voyager autrement. Mais lorsque j’ai eu passé un moment à la barre, j’ai réalisé que ma panique s’était envolée, laissant la place à un grand respect pour cette nature si immense, si puissante. Je n’avais plus peur. Océo m’avait prouvé sa valeur, tout comme mon capitaine qui a su le mener de main de maître!

Et les prochaines traversées se feront avec des vagues un peu moins grosses!!!

L’attente. Le froid. Atlantic Highlands.

Nous voulions un départ le plus tôt possible en août pour ne pas avoir froid. Je ne voulais pas avoir à installer un chauffage à bord. Nos plans ont changé et nous sommes partis au début septembre. Maintenant, Mélissa est en train de royalement jouer dans mes plate-bandes! (une tempête nommée qui a pris sa source dans les latitudes nordiques et qui colle dans le coin depuis quelques jours).

Liberty Island State Park, à Jersey City.

Nous avions quitté la 79th pour rejoindre ce bassin peu profond et trouver un peu de quiétude. Ça a bien marché pour un jour. Nous avons découvert un parc tout à fait magnifique sur la pointe de terre derrière la statue. Avec des toilettes en plus. On y serait resté longtemps.

Mais le lendemain, une odeur pestilentielle est venue troubler notre ancrage. Ce n’est pas longtemps par la suite que nous avons vu débarquer tout un tas de bateaux qui se sont entassés dans la petite descente: pompiers, policiers, coast guard, dive team et même FBI! Je ne les ai pas compté mais il devait y en avoir une bonne trentaine qui sont passé. Suivi du défilé de quelques dizaines si ce n’est une centaine de voiture de police sur la terre ferme, toutes lumières allumées. Nous ne savons pas ce qui s’est passé mais nous avons décidé de quitter notre mouillage « tranquille ».

Donc le mercredi 2 octobre par 32 degrés Celsius, nous naviguons! Question de relaxer et attendre notre fenêtre météo nous allons prendre une boule de mouillage pour 2 jours à 55$ la nuit au Atlantic Highlands Yacht Club. Un peu cher mais les vents de l’est annoncés sont forts et la baie où nous sommes est ouverte à l’est.

La théorie voulait que nous prenions une fenêtre météo le samedi suivant. La pratique en aura voulu autrement. Puis une autre fenêtre s’ouvrait mardi. Qui s’est refermée celle-là aussi.

Nous attendons un  vent qui se tient dans le haut des quadrants entre l’ouest et le nord-est, idéalement autour de 10 à 15 noeuds pour avancer à voile. Le vent venant de la côte ne produit ainsi presque pas de vague, en terme marin, le fetch est réduit au minimum. Dans le pire des cas, un vent sud presque nul nous permettrait une navigation au moteur. Mais présentement les vents sont un peu déchaînés, plus aux alentours des 25-35 noeuds et on attend même des 12 pieds de vagues dans les prochains jours. Comme nous avions envie d’une première traversée sans la composante rock’n’roll, nous attendons un peu… bon ok nous attendons beaucoup!!!

Atlantic Highlands

Nous sommes donc maintenant coincés à Atlantic Highlands depuis plus d’une semaine. Coincé étant un mot un peu fort. On y est bien, on est ancré (donc c’est gratuit), il y a des douches et des services, un parc pour les filles, des restos et une grosse épicerie.

Il y a aussi une buanderie où l’on peut trouver des machines à bonbons d’il y a quelques années ou décennies (avec encore des bonbons grisâtres dedans!), des machines d’arcades hors service et un WiFi ultrarapide. Le tenancier de la buanderie étant l’un des éléments les plus colorés de la place. Il fait peur aux enfants en leur criant « BOU! » puis il met des émissions pour enfants à tue-tête au détriment de tous les clients de la place. Un vrai boute-en-train!

Nous avons donc visité Atlantic Highlands et profité de quelques restos. Nous avons fait découvrir la cuisine thaïlandaise aux filles. Elles ont particulièrement aimé le décor truffé de scènes miniatures.

Nous avançons l’école et cuisinons pour réchauffer l’intérieur d’Océo. On apprend aussi qu’il est mieux de ne pas s’aventurer sous les lignes des pêcheurs sur le quai pour ne pas s’y emmêler!! (pas de dommage, juste un peu surpris d’avoir un fil accroché à Zozo!!).

Tout de même, voilà 8 jours que nous ne pouvons pas descendre vers Cape May, ne voulant pas naviguer dans des vagues énormes ou dans des vents trop forts, ou tout ça en même temps. C’est un peu dur sur le moral. Et le froid nous rattrape doucement. Bien sûr, nous n’avons pas les 0 degré du Québec, mais un 13 degrés sur l’eau avec des vents à écorner un rhinocéros, ce n’est pas vraiment confortable!

Notre attente devrait tirer à sa fin très bientôt, le départ est prévu pour ce week end. On fait nos dernières vérifications, et on se lance!

New York, que dire de plus!

Mardi 24 septembre. Arrivée au West 79th Boat Basin sur l’heure du dîner, nous nous préparons pour une visite à terre vers la fin de l’après-midi. Direction Central Park. Que c’est grand! Le bruit est omniprésent, les voitures, les klaxons, les gens impatients que la lumière change au carrefour… ouf, vite, allons au parc!

Partir en exploration

Nous trouvons un des lacs avec une belle vue sur de hauts buildings (ce n’est même pas encore le centre-ville!). Puis nous nous déplaçons vers la mosaïque Imagine. Je n’ai même pas pris de photo, il y avait trop de monde. Mais j’ai vu (vraiment vu de mes yeux!) une dame essayer plusieurs plans de vue incluant le Imagine et une photo de ses deux chiens. Nous n’en sommes encore qu’au début de plusieurs étrangetés! De façon mémorable ce gars qui est entré dans un buisson vis à vis notre bateau au mouillage. Il s’est mis presque nu et s’est changé derrière les petits arbres. Je pense que nous étions les seuls à le voir mais nous avons suivi sa saga avec intérêt pendant plusieurs minutes. Bref, revenons à notre visite à New York!

Nous revenons souper au bateau, pour une première journée, il est plutôt difficile de s’acclimater à autant de mouvement.

Le lendemain nous planifions un journée de visite. Nous éliminons le plan de monter en haut d’un building avec vue, le coût de 150$ américain nous rebutant un peu. Nous prenons le métro jusqu’au Mémorial du World Trade Center. C’est impressionant. Et l’eau qui coule symbolise tellement bien la vie qui continue.

Deuxième arrêt : Chinatown. Je trouve dans mon guide un endroit pour manger des dim sum. Je ne suis pas très familière avec la cuisine chinoise traditionnelle. Et ce resto est vraiment à l’image de New York : bruyant, plein de monde, et on ne comprend pas toujours ce qui se passe! On nous offre des plats, nous en acceptons plusieurs avant de réaliser qu’il faut aussi en refuser!! Les crevettes au bacon font fureur auprès des filles contrairement aux desserts à la noix de coco. La texture un peu trop gélatineuse n’était pas très ragoûtante!

Les filles ont maintenant besoin de dépenser un peu d’énergie, je trouve un parc pas très loin et on va s’y amuser un peu. Évidemment, avec la chaleur ambiante (nous avons eu une semaine avec des moyennes de température à 27 degrés celsius!) une envie de crème glacée se fait sentir… mais surprise, nous ne trouvons aucune crèmerie sur notre chemin. Il y en avait bien une mais elle était fermée. Et les besoins primaires se manifestant nous trouvons un accès au New Museum qui nous permet d’utiliser leur toilettes. Excellent choix, même les toilettes y sont belles!!

Étape suivante : nous aboutissons au Ben & Jerry’s pour un super milkshake que nous boirons sur Times Square. Malgré les foules immenses et la surstimulation, Times Square est un de mes endroits préféré à New York. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais je m’y sens bien.

Impossible de passer à côté d’une petite séance de magasinage. Mais vraiment petite la séance! Et pourquoi pas aussi pousser la marche jusqu’au Lego Store, juste à côté du Rockefeller Center. Je crois que là, c’est bon, nos jambes sont au bout de leur ressource et nous revenons dormir au bateau.

Ici je fais une petite parenthèse. J’avais prévenu Sébastien et les filles, étant donné que c’est moi qui passe à travers la lecture nautique, que le mouillage de la 79e pouvait être très rouleur et qu’il fallait s’attendre à « bercer » pas mal. Eh bien nous avons été très chanceux! Les deux premières nuits ont été très calmes, presque pas de vagues. Les deux suivantes ont bougé un peu mais c’était très agréable quand même. Il n’y a que les deux dernières nuits que nous avons passé à ce mouillage qui ont été plus rock’n’roll et encore, c’était surtout pour aller à terre que c’était compliqué. Les vagues rendaient un peu périlleux le passage de Océo à Zozo. Mais nous nous en sommes sortis sans que personne ne tombe dans les eaux boueuses de l’Hudson!

Jeudi 26 septembre. Nous commençons notre journée de visite un peu tard. Nous sommes encore un peu fatigués de la veille. Nous allons dîner au Shake Shack et nous nous prenons un repas bien américain, burger ou hotdog et milkshake. Miam, c’était bien bon! Nous restons dans le Upper West Side (le quartier de la marina) pour le reste de l’après-midi et nous découvrons le quartier. C’est bien joli.

Le vendredi, on est de plus en plus américains!! Dîner dans un food truck, debout sur le trottoir, pareil comme les New Yorkais. C’est vraiment étonnant comment le flot des passants ne s’interrompt jamais. Ils sont toujours en mouvement, boivent leur café en marchant sur le chemin du travail, mangent sur le pouce (les restos sans tables ni chaises ne sont pas rares). N’empêche que la nourriture était très bonne, les filles ont mangé un hotdog (oui encore!), j’ai pris un gyro au poulet (une super recette avec du cari, miam) et les hommes un sous-marin steak philly. Le vendeur a eu pitié de moi quand il m’a vu essayer de gérer le dégoulinage de mon sandwich, il est venu me faire une livraison spéciale de napkin!

Puis en route pour Central Park (oui encore!). Nous allons voir le Belvedere Castle (un petit château de princesse) qui vient juste de réouvrir après ses rénovations. Par la même occasion j’ai appris que le mot belvédère est d’origine italienne et qu’il signifie « belle vue ».

Petit circuit intéressant en passant par l’étang des voiliers téléguidés, la statue de Alice in Wonderland et évidemment un parc pour « dégourdir » les jambes de nos petites marcheuses!

Il fallait bien sûr célébrer cet après-midi avec une crème glacée! (oui encore!). Quoi de mieux que de la déguster devant des musiciens de rue. Le joueur de cor avait un souffle exceptionnel!!

Puis nous nous sommes reposé en faisant un petit tour de carrousel à l’ancienne. Je trouvais les chevaux un peu effrayants. Ayant déjà fait de l’équitation, quand mon cheval avait cet air là, c’est qu’il était pris de panique! Mais aucun mal ne nous a été fait, même Daphnée qui avait un peu peur au début a beaucoup aimé ça.

Samedi 28 septembre. C’est ma fête! Je suis gâtée pourrie par mes filles qui m’ont préparé PLEIN de cartes de fête. Je choisis d’aller passer l’après-midi au zoo avant de sortir pour le souper. Le zoo de Central Park m’a beaucoup fait penser à notre Biodôme. C’est joli. Avec des animaux assez rares. Il y avait une belle zone tropicale avec beaucoup d’oiseaux. Dans la zone tempérée, nous avons réussi à voir un léopard des neiges et les grizzlis. Les filles ne voulaient pas manquer le Tisch Children’s zoo, un zoo pour les enfants. Les grillages sont moins hauts et il y a des animaux de ferme. Nous avons vu des wallabis et flatté des moutons et des chèvres.

Il est temps de se diriger vers le restaurant. Quelle chance j’ai! Je suis allée manger au restaurant Olive Garden sur Times Square en excellente compagnie, Sylvie la conjointe de Benoit étant venue nous rejoindre pour une visite éclair. Nous avons eu une superbe table dans une sorte de salle privée. Et la nourriture était excellente.

Toutes ces péripéties ont eu raison de nous. Le dimanche nous restons au bateau bien tranquille et nous faisons un peu d’école, question de bien clore les apprentissages du premier mois.

Nous avions bien hâte de quitter le mouillage de la 79e étant donné les vagues qui compliquaient nos déplacement en annexe depuis les deux derniers jours. Nous allons faire une petite épicerie de frais avant le départ. Nous avons déniché une super épicerie à 15 minutes de marche de la marina : le Fairway. Une épicerie en dédale avec du choix à revendre. Nos grandes surfaces peuvent aller se rhabiller! Mais attention, il faut se comporter en New Yorkais, si on se fait houspiller par le personnel de l’endroit, on houspille à notre tour et nous parvenons ainsi à gagner leur respect, malgré notre accent étranger! Sans blague, c’est vraiment un super endroit avec de tout tout tout!

Puis lavage gratuit à la marina. Je sélectionne un peu mes morceaux, il me semble avoir vu que la machine de la marina est petite (je me dis aussi qu’une laveuse accessible gratuitement, je ne dois pas m’attendre à trop). Je me suis complètement trompée! La machine est bien accessible gratuitement, mais elle est TRÈS GRAND format et super high-tech, plus que mes machines à la maison. J’y entre les deux brassées que j’avais prévues et j’aurais encore eu de la place! Je suis épatée! Et pendant ce temps toute la famille a le temps de prendre sa douche. Quelle coordination!

Petit dîner froid et départ vers « le derrière » de la Statue de la Liberté (juste pour toi Pat Hamel!). Le chenal n’est pas large. Et nous avions prévu notre navigation sur la fin de la marée descendante ce qui ne nous donnait pas très profond à l’arrivée dans la zone d’ancrage. Mais rien accroché, maintenant bien ancrés et savourant l’apéro. Prochaine étape : prévoir la sortie en mer vers Cape May.