Comme une colonie de vacances… ou presque – Deltaville 1er au 23 juin 2020

Les jours s’écoulent rapidement, tout en étant lents et heureux.

Nous avons rencontré la famille de La Metta, un trimaran québécois. Les enfants ont fusionné et passent toutes leurs journées ensemble, avec Anouk de Boreal Blues (qui a dû nous quitter depuis malheureusement!).

Que ce soit pour planifier des BBQ à la marina, un feu de camp sur le bord de l’eau, ou encore faire un projet ambitieux de construction de village rustique, les enfants ne s’ennuient jamais. Le lieu est idéal, grand terrain de jeu pour les petits esprits en ébullition.

Il est donc difficile de terminer l’école dans ces conditions! Nous avançons pourtant très bien, le français et les mathématiques sont terminés et nous pratiquons l’anglais tous les jours au fil de nos rencontres. Les enfants passent plusieurs heures par jour à la piscine et à courir dans le champ, l’éducation physique est amplement couverte. Par acquis de conscience, nous ferons quelques activités de sciences et d’art et l’année sera officiellement terminée! Fiou!

Comme la natation est une activité quotidienne, les progrès des filles sont fulgurants. Livia nage bien sans flotteur la plupart du temps, elle tient 10 secondes la tête sous l’eau et saute de tous les sens possible dans l’eau. Même pas peur! Daphnée réussit à faire 5 culbutes d »affilée sous l’eau et Mathilde fait des longueurs au crawl et tout plein de figures sous l’eau!

Plusieurs célébrations ont eu lieu. Le départ de Boréal Blues vers le nord, le départ de Luc et France des 4 voiles vers le Québec en voiture, la fête des jumelles de La Metta et aussi la fête des Pères conjuguée à la fête de Jean de Subtil… beaucoup de bonnes raisons de venir passer nos soirées au gazebo/crab shack de la marina.

On discute évidemment de l’évolution des travaux des écluses. La date d’ouverture pour toutes les écluses (sauf Whitehall) a été devancée au 26 juin. Pour Whitehall, la date pour une ouverture le 10 août semble toujours tenir. Ce qui devrait nous donner un départ d’ici autour du début juillet.

Il est difficile de réfléchir en fonction du virus ici. Presque pas de cas dans le comté en plus du fait que nous vivons en plein air à plein temps. Nous portons le masque à chaque sortie au village mais la menace semble lointaine.

Si nous avions poursuivi notre voyage, nous n’aurions pas vécu cet arrêt « colonie de vacances ». Nous sommes déçus de ne pas avoir eu l’occasion de connaître toutes ces îles des Antilles. Mais nous n’aurions jamais eu le courage de prendre le temps de nous arrêter autant ni aussi longtemps quelque part. Et cette pause forcée a assurément un effet bénéfique sur tout le monde. Merci Deltaville Marina. Merci Boreal Blues. Merci La Metta. Merci Subtil et merci Sous le vent.

Voici plusieurs belles images de notre séjour à Deltaville.

Deltaville. Stop. – 14 au 31 mai 2020

Déjà 17 jours que nous sommes arrivés à Deltaville. Le temps a pris une toute autre dimension.

Les travailleurs de l’état de New York (des écluses) sont finalement retournés au travail. L’échéancier donné pour l’ouverture complète du canal Champlain est le 10 août. Une seule écluse pose problème: l’écluse de Whitehall, la C12, celle qui est la plus au nord et qui ouvre les portes du lac Champlain. Les autres écluses pourraient ouvrir le 4 juillet mais il n’y a pas beaucoup d’options d’ancrage ou de marina dans le canal Champlain. Donc pas d’urgence de remonter au nord.

Il nous reste deux options si nous voulons hâter notre retour au Québec: passer par les maritimes, ou sortir le bateau de l’eau. Si nous choisissons cette dernière option nous le ferons dans le coin de Deltaville. Et nous louerions une voiture pour retourner au Québec.

Mais ça ne nous tente pas. Oui, nous avons très hâte d’être de retour à la maison. Mais ce serait beaucoup de coûts et d’incertitude. Les frontières vont-elles rester fermées longtemps? Y aura-t-il une deuxième vague qui nous empêcherait de revenir chercher notre bateau plus tard? Allons-nous enlever tout le gréement d’Océo, l’hiverniser, remplir un camion de déménagement et revenir… en quarantaine au Québec?

Les Maritimes posent également beaucoup de contraintes. Le brouillard et le froid entre autres. Et aussi, des gens que nous connaissons y sont maintenant parvenus et font face à plusieurs restrictions. Il est bien sûr interdit de se promener à terre, parfois même difficile de se ravitailler.

Notre dernière option, malgré que nous aurions à faire face à une très longue attente, serait de rester ici, à Deltaville. Il faut dire que nous y sommes TRÈS bien.

À notre arrivée, Maryse de Boréal Blues s’est assurée que nous soyions au courant de tous les petits trucs et astuces de la place.

Le propriétaire de la marina et son petit-fils, Dennis et Lucas, sont très accueillants. On peut rester à l’ancre et payer un frais d’utilisation pour les facilités de la marina, qui incluent toilettes et douches propres, lavage, terrain immense pour se dégourdir les jambes et surtout, une superbe piscine qui fait le bonheur des filles (et de nous aussi, surtout quand il fait très chaud!).

Nous pouvons aussi aller marcher dans le sentier nature qui mène au musée de l’autre côté du boisé. Le musée est fermé mais la promenade vaut la peine, la forêt est superbe et on y croise même des chevreuils régulièrement!

J’ai aussi osé prendre le véhicule de courtoisie pour aller faire une épicerie. Tout le monde ici porte un masque, les gens prennent le virus au sérieux et se dotent des moyens pour éviter la propagation. C’est peut-être pour ça qu’il n’y a presque pas de cas de COVID dans les environs.

Nous nous sentons assez en sécurité pour « fréquenter » des gens. Nous avons la chance d’être à l’ancre avec plusieurs bateaux québécois: Boréal Blues, Sous le vent, Subtil, Au gré des vents… François de Alegria nous avait aussi rejoint pour un temps. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu autant d’amis francophones pour nous entourer.

Les filles aussi sont contentes, elle se sont enfin fait une amie qui parle français! Et on a pu faire un échange de livre! C’est bien de voyager en pays étranger, mais ça fait du bien de reconnecter avec nos racines!

Préparation d’un échange de livres

À Deltaville, je me sens totalement hors du temps. Il m’est impossible de me rappeler les dates exactes de notre arrivée, du jour de l’épicerie, du dernier lavage… Nous laissons la vie nous mener doucement. Ça fait drôlement du bien!

Vous devinez donc que notre option privilégiée est d’attendre ici que les écluses ouvrent. Oui, nous resterions environs 2 mois au même endroit. Mais comme pour l’instant tout est fermé, et même si tout ouvrait, voudrions-nous aller visiter une grande ville comme Washington? Ou aller fréquenter des tonnes de petites plages où les risques de contracter le virus est plus grand? Nous avons arrêté notre périple de deux ans pour mettre notre famille en sécurité. Nous pensons donc que notre choix le plus conséquent est de nous exposer le moins possible. Ici, on se sent bien.

Alors ici ce sera. Pour l’instant.

C’est pas parce qu’il y a COVID qu’on ne vit plus d’aventures… Great Bridge, VA à Deltaville, VA – 8 au 14 mai 2020

Départ à contrecoeur de Great Bridge, après avoir un peu étiré la limite de temps permis…

Une dernière petite marche sur le quai

Nous faisons le plein de d’eau et de diesel à la marina juste en face, le Atlantic Yacht Basin. 1,49$ le GALLON de diesel. Je crois qu’on ne reverra plus jamais ça!

On fait ouvrir le pont de Great Bridge à 9h et nous voici devant l’écluse. Les filles ont grandi depuis l’année dernière et elles veulent participer aux manœuvres. En temps de virus, l’éclusier ne vient pas pour prendre nos amarres alors je prends la gaffe pour aller faire le tour des taquets. Je donne l’amarre avant à Mathilde puis je cours donner l’amarre arrière à Daphnée. Mes grandes font ça comme des pros et déjà la porte s’ouvre pour qu’on sorte. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’immortaliser ces moments en photos!

Notre capitaine trouve enfin des ponts à son goût! Pas trop de stress pour passer en-dessous de ceux-là!

Nous faisons notre retour dans la Elizabeth river, en direction de Norfolk. La nostalgie commence à s’installer. C’étaient nos balbutiements dans l’Intracostal, il y a tout juste 6 mois de cela. On sent qu’ici commence la fin, la fin du voyage. Nous ne savons pas encore de quoi notre avenir marin sera fait, et comme nous sommes en temps de crise, il faudra y aller étape par étape.

Un de nos derniers ponts à faire ouvrir (lever dans ce cas-ci!)

Nous nous arrêtons après seulement 12 miles de navigation ce jour-là, ancrés à Portsmouth au mile 0 de l’Intracostal, là où nous avions affronté une de nos belles tempêtes à l’automne. Le mouillage est en milieu urbain, il n’empêche que la vue est vraiment magnifique. Deux villes se font face, Portsmouth la vieille et Norfolk la moderne. Nos yeux se fixent souvent sur le musée Nauticus. Un de nos grands regrets du retour, ne pas pouvoir y retourner.

Mais pour éviter de trop rester dans la nostalgie, il nous fallait bien un peu d’action. Alors quelques heures après nous être ancré, nous constatons avec surprise que le trawler ancré devant nous se met à chasser. Son ancre s’est décrochée et il dérive. Heureusement pas vers nous mais plutôt vers un autre voilier. Les vents se sont levés mais ils ne sont pas encore stables dans leurs directions, ce qui fait que le bateau moteur dévie de sa course et évite le voilier. Nous jouons de la corne (de brume) pour avertir les gens à bord du trawler mais nous réalisons vite qu’il n’y a personne à bord. J’appelle la Coast Guard mais je n’arrive pas à capter leur réponse au VHF. Malgré tout je leur explique où nous sommes et qu’un bateau est en train de dériver.

Le trawler a maintenant décidé de se lancer vers un autre voilier. Nous jouons encore de la corne et les occupants sortent juste à temps pour tirer sur leur chaîne et éviter la collision. Le bateau dériveur sort finalement de la zone de mouillage et traverse la Elizabeth River en direction de la rive opposée, vers le musée Nauticus à Norfolk.

Je vois tous ces gens qui circulent sur l’eau, plaisanciers, remorqueurs, barges, commerciaux… et je me dis que voilà ma première obligation de faire un appel de sécurité. Je suis de nature gênée, et j’ai vu comment faire seulement dans mes cours de VHF il y a longtemps. Et je suis aux États-Unis. Mais tant pis, je lance mon appel. Pas grave si ce n’est pas parfait dans les règles de l’art!

Personne n’arrêtera le bateau dans sa dérive. Pas même la petite vedette de sécurité portuaire qui est passé à côté, sans même réaliser que ce bateau en plein milieu du canal n’avait pas de conducteur! 

Le trawler a cogné le quai de l’autre côté de la rivière où des gens sont finalement venus le sécuriser.

Avec toute la circulation marine dans ce port, il est étonnant qu’un bateau puisse se promener si librement et poser de grands risques. La Coast Guard est arrivée une heure plus tard et est venue nous demander le compte rendu de ce qui s’était passé.

Pour laisser passer un froid persistant nous sommes restés 5 jours à Portsmouth. Rattrapage d’école, petit ménage, journées douillettes.

Liv s’ennuie de son chien-jouet baptisée Everest, elle l’a donc dessinée!

Et puis on avance. Le 13 mai nous quittons Portsmouth. Passer le port de Norfolk est toujours une expérience en soi. Nous avons la chance de circuler en même temps qu’un sous-marin, ce qui fait que la US Navy nous escorte pour une partie du chemin! Et nous croisons aussi des bateaux de tous gabarits, certains plus impressionnants que d’autres.

Nous nous rendons à Hampton au quai gratuit de la marina municipale. Quelques heures pour remplir nos réservoirs d’eau et se faire livrer une épicerie et une commande du liquor store (ça prend du vin et de la bière!!). L’accueil du personnel de la marina est plus que chaleureux, l’endroit est magnifique en plein milieu de la proprette ville universitaire de Hampton. Ça donne le goût de rester et de visiter… peut-être une autre fois!

Nous allons nous ancrer dans la baie voisine, à Mill Creek. Ce n’est pas une baie à proprement parler, il s’agit d’un petit espace entre le pont-tunnel et la berge, plus ou moins garni de crab pots. Nous y sommes bien protégés et nous dormons bien.

Le lendemain, nous entrons dans une baie de Chesapeake très calme. Le temps semble être sur pause, nous avançons doucement. Nous prenons même le temps de rêver un peu. Que ferons-nous de notre prochaine année? On ne sait pas, mais on veut qu’elle soit douce!

Aujourd’hui nous allons rejoindre des amis. Boréal Blues est depuis un petit bout de temps à Deltaville, tout comme Sous le vent et Subtil. Deltaville, c’est l’endroit où beaucoup de Canadiens sortent leur bateau de l’eau dans la baie de Chesapeake. Pas cher, bon service, un petit peu à l’intérieur des terres, parfait pour affronter un éventuel ouragan.

Mais est-ce notre option? Nous attendons de savoir si les écluses du canal Champlain vont ouvrir. Nous sommes malheureusement tombé sur une année de réfection majeure de plusieurs écluses. En théorie, tout devait être prêt pour une ouverture le 15 mai. Mais avec la pandémie, les travailleurs ont été renvoyés chez eux le 15 mars. Et comme l’état de New York est durement touché par le virus, et que nos écluses se trouvent dans l’état de New York, un gros doute plane sur la possible ouverture du canal.

Nous resterons donc à Deltaville le temps d’attendre les nouvelles des écluses. De là, nous verrons.

Caroline du nord et entrée en Virginie – 28 avril au 7 mai 2020

La Caroline du nord… Eh misère. Quand nous ne sommes pas dû pour apprécier un endroit, les éléments se conjuguent pour nous le faire mal aimer!

Je ne suis malheureusement pas au courant des saisons de pêche ici, mais je peux vous confirmer que la pêche au crabe est ouverte. Chaque mètre d’eau disponible pour nous ancrer est donc occupé par un crab pot. Ok, j’exagère encore. Parce qu’il faut évidemment distancer un peu les crab pots les uns des autres.

Voit-on bien le champ de mines (crab pots) sur la photo?

Pour ancrer Océo qui mesure 43 pieds et qui peut tourner à 180 degrés sur son ancre, il faut compter au moins 200 pieds de diamètre. Quand il n’y a pas de vents forts. Sinon, c’est un peu plus. Alors je dirais que les crabs pots, qui sont stratégiquement placés dans TOUS les ancrages disponibles, doivent être disposés aux 100 pieds. Résultat: pas de place pour ancrer un bateau, à moins de s’emberlificoter l’hélice dans les flotteurs.

Nous essayons tout de même de sonder quelques endroits mais impossible d’en trouver un qui permet assez d’espace. Nous décidons donc de retourner à notre ancrage de l’automne dernier, dans le haut de la Pungo River.

Ce mouillage nous semble un peu plus exposé que les autres que nous avons essayé mais tout de même potable pour les 32 noeuds annoncés.

Bon. La météo. Depuis que nous sommes sur la côte est, nous consultons la météo marine sur plusieurs sources. Mais nous n’arrivons jamais à avoir une source, qui sans être exacte, serait au moins proche de la vérité.

Nos 32 noeuds ont fini en 45 avec des pointes à 59. Heureusement, Océo n’a pas bougé d’un poil, grâce à notre super Rocna et au fond (de la belle grosse bouette) qui tient hyper bien dans la Pungo River. Mais il faut avouer qu’on est un peu tanné de toujours avoir à faire face à pire que prévu. Ça commence à jouer sur le moral des troupes.

Au moins, nous n’étions pas seuls pour affronter le gros temps. Un gentil couple est venu s’ancrer dans « notre » bras de rivière pour laisser passer les gros vents. Le voilier Mac Guffin.

Mac Guffin avec nous dans le gros temps

La dame me faisait des grands signes de bonjour pendant leur ancrage. Je crois qu’ils étaient heureux de ne pas être seuls!

Nous avons attendu 3 jours que les éléments se calment un peu.

Au matin du 1er mai, nous poursuivons notre chemin. Direction Buck Island au nord du Albemarle Sound.

C’était sans compter avec mère Nature qui a piqué une sainte colère cette journée-là. Nous étions à mi-chemin dans le Albemarle Sound quand il est devenu clair que si nous ne faisions pas demi-tour, on subirait les foudres de la Grande Dame, même si ce n’est pas nous qui l’avions provoquée.

Nous avons donc rebroussé chemin (ceux qui connaissent mon capitaine peuvent vous dire à quel point ce devait être impressionnant, parce que Seb, pour rebrousser chemin, ça en prend pas mal!).

En rentrant dans la Alligator River, nous voyons nos amis du Mac Guffin qui sont en train de s’ancrer. Comme nous avions déjà affronté du gros temps ensemble, nous nous ancrons à côté d’eux, ça nous inspire confiance. Affronter le gros temps ensemble, ça fait de nous presque des amis, sans même les avoir rencontrés!

Le lendemain, 2 mai, nous sortons de la Caroline du nord. Un peu malgré nous. Nous avions prévu nous ancrer avant le Currituck Sound. Mais l’ancrage que nous visions n’était pas assez profond pour nous, contrairement à ce que nous disaient les cartes. Comme le soleil se couche tard et que le temps est assez calme, nous décidons de poursuivre jusqu’à Great Bridge en Virginie où nous espérons avoir de la place au quai gratuit, juste avant le pont.

La Virginie nous accueille avec un coup de chance, il y a de la place au quai. C’est un endroit merveilleux, avec tous les services proches (même si nous ne sortons pas vraiment).

Nous faisons livrer une épicerie le lendemain, directement au quai où nous sommes. Puis nous avons la bonne surprise de voir nos amis du Mac Guffin arriver derrière nous. Enfin nous allons les rencontrer EN VRAI! Lynn et Scott sont vraiment sympathiques. Ils s’entichent de nos filles au premier coup d’oeil. Ils leur achètent même des petites surprises!

Nous faisons aussi la connaissance des gens de Pepromenon, un catamaran moteur. Ils sont très sympathiques. Si ce n’était pas de la distanciation, nous aurions fait des 5 à 7 géniaux! Ce couple a une maison dans le Delaware alors ils nous ont offert leur assistance si jamais on avait besoin de quoi que ce soit quand nous passerons près de chez eux.

Le hasard de notre voyage a fait en sorte que nous avons surtout lié connaissance avec des américains. Sans exception, ils ont tous été gentils, intéressés par la façon de fonctionner au Canada, et toujours prêts à nous offrir leur aide. La communauté de voileux américains prend soin de nous.

Nous avons pris notre temps et décidé de rester au quai. Ça nous a permit de rattraper un peu de retard scolaire et surtout de passer des nuits sans avoir à surveiller notre ancrage.

Mathilde en vidéoconférence avec des amis de sa classe, merci madame Julie!!

Nous nous sommes arrêtés illégalement pendant 6 jours au quai de Great Bridge. Les séjours sont limités à 24h. Les rangers sont venus nous avertir aujourd’hui que nous devions quitter au maximum demain, l’infraction de dépasser le 24h étant passible de prison (pas de niaisage, il n’y a pas d’amende, c’est la prison direct!!).

Nous quitterons donc demain (vendredi). C’est dommage, on annonce une nuit de gros vents et nous espérions la passer au quai. Mais bon, c’est pas 45 noeuds de vents annoncés qui vont nous impressionner. On a vu neiger quand même!

Un peu de tout dans les Carolines – 22 au 28 avril 2020

Nous sommes restés 6 jours en tout à Osprey marina. Un arrêt qui fait du bien mais qui donne des fourmis dans la quille. Mais pourquoi sommes-nous si pressés de bouger? Peut-être l’âme de nomade prend-elle le dessus sur le reste quand nous vivons sur l’eau.

Le pont de Socastee peut de nouveau ouvrir, la météo n’est pas si mal, alors go, on part vers le nord.

À la fin de la journée, la Caroline du sud est derrière nous. J’aurai au moins ajouté du beau à mes souvenirs : la Waccamaw River et la marina Osprey. Et un petit peu de beau temps, ça aide à apprécier les endroits que nous voyons.

Une chance que nous avons fait le plein d’énergie parce que les prochains arrêts en Caroline du Nord ne sont pas dans nos meilleurs souvenirs non plus. Peu de choix d’ancrages, souvent trop petits ou pas assez profonds pour nous.

À Southport nous nous ancrons au milieu de nulle part (on commence à y prendre goût), juste au nord de la bourgade. Il vente à plein mais notre ancre tient bon. Il est juste un peu flippant de voir nos traces de « spirographe » dans l’alarme d’ancre du iPad.

La journée suivante, je l’attendais. Depuis le début mars, nous n’avions pas mis le pied sur une plage. Quand nous sommes arrivés à Wrightsville l’an dernier, nous n’avions « pas le temps » d’aller à la plage et je m’étais promis d’y remédier au retour.

Il faut croire qu’il m’est impossible de tenir les promesses que je me fais. Quand nous sommes arrivés à Wrightsville (petite journée d’une vingtaine de miles, on peut profiter de l’après-midi, non?), notre ancrage près de la plage est entièrement occupé par deux barges de draguage, stationnées là pour le week end. Nous nous trouvons un petit espace près du canal plus au nord. Mais il vente 25 à 30 nœuds, il fait gris et probablement proche de 10 degrés celsius. Mel, va falloir oublier la plage. Encore.

Jolie Wrightsville Beach
https://youtu.be/ORfvK0y1PBY

On se cuisine un repas bien chaud et on se repose. Le lendemain sera une grosse journée et on doit partir tôt si on veut attraper le pont qui ouvre seulement à l’heure… On en a quelques-uns à synchroniser comme ça cette journée-là, ça tient occupé. Notre destination : Swansboro. Joli nom mais ancrage marmite. Ça dort moins bien.

Un ancrage marmite, c’est quand le bateau se met à faire des 360 degrés autour de l’ancre sans raison apparente. C’est souvent dans ces endroits qu’on voit apparaître dans l’eau des petits tourbillons circulaires. La petite baie de Swansboro est sujette à des courants forts et pas toujours logiques. Nous nous attendons toujours à ce que notre bateau soit face au vent ou au courant, selon celui qui gagne (qui est le plus fort). À Swansboro, nous étions dos aux vents (25 nœuds encore) et de côté au courant. Va savoir…

La marmite avait fini de bouillir au matin

Le 27 avril nous continuons notre route. Je regarde les plages que nous dépassons avec envie et nostalgie. C’est plus un état d’âme qu’une réelle envie d’être sur une plage, il fait quand même proche de 10 degrés et il vente fort (encore).

Destination cette fois : Adams Creek, juste avant la Neuse River. Cette dernière est à prendre avec précaution, un peu comme prendre la mer (pas aussi pire mais quand même). Nous avons donc décidé de nous arrêter pour la nuit et laisser les vents se calmer un peu.

Mais dans Adams Creek, les ancrages ne sont pas profonds. Les derniers relevés que nous avons ne correspondent pas à la réalité. Nous nous ancrons donc juste en-dehors du canal, quand même protégé du vent du nord qui nous siffle dans les oreilles.

Moment préféré de la journée, l’apéro

Nous installons les filles pour la nuit avec tuques, sacs de couchage et couvertures. On annonce 8 degrés. Brrrrrrr…

Au matin du 28 avril, le vent s’est tu. Pas une ride sur la surface de l’eau, c’est le calme plat. Que. Ça. Fait. Du. Bien!!! Enfin!

Adams Creek, calme plat

La Neuse River est un lac plat, sans fin. On a l’impression d’être sur la mer (sans les vagues). On enclenche Germain pour nous mener à notre destination du jour : Belhaven.

Neuse River, Caroline du Nord

Nous essaierons de trouver un bon ancrage parce que ce calme précède (évidemment) une autre tempête (j’exagère un tout petit peu, c’est juste du 32 noeuds annoncé!). Si tout va bien, on va stopper jusqu’à vendredi et poursuivre notre remontée.

Petit fait cocasse. Livia m’a demandé hier: maman, c’est quelle saison maintenant? Avant de répondre, j’ai pris un petit temps de réflexion… Pour une enfant de 5 ans qui se met à être consciente de son environnement, il est très étrange de « s’imaginer » ce que sont les saisons, surtout quand elles ne sont pas représentées devant elle. Chez nous, nous avons la fonte des neiges, le redoux des températures, les bourgeons qui apparaissent. Pour Livia qui voit des arbres remplis de feuilles, des gens en bateaux et à la plage à l’année longue, le représentation se fait carrément par la théorie. Ici le printemps, ça ne veut pas dire la même chose que chez nous!

Caroline du sud… très, très lentement… – 12 au 22 avril 2020

Ah, la Caroline du sud… on l’avait tellement adoré (détesté) à l’aller… et notre opinion ne change malheureusement pas pour ce début de l’état. Il faut dire qu’elle ne se montre pas sous son meilleur jour, avec ses nuits autour de 10 degrés, ses pluies diluviennes, ses avertissements de tornade, ses hauts-fonds continuels, ses ponts à horaires plus que variables et ses insectes qui piquent boostés aux stéroïdes. J’en ai tué une bonne vingtaine en dix minutes dans le cockpit entre Charleston et la Santee River, merci Sounda (Jayana) pour le tuyau de la raquette électrique!

Et on a bien essayé de regarder pour prendre la mer mais l’orientation du vent avec le trajet que nous avions à faire ne fonctionnait malheureusement pas.

Sur notre parcours nous nous sommes ancrés dans la New River pour 2 jours (gros vents), dans Rock Creek pour 2 jours (froid et pluie) puis à Patriots Point pour un soir, de l’autre côté du mur de la marina où nous étions à Charleston l’automne dernier. Ce dernier ancrage roule beaucoup dû au nombre élevé de petits bateaux « de pêche » qui vont à toute allure et ce, tous les jours de la semaine maintenant que les américains sont en « confinement ».

17 avril. C’est la fête de notre capitaine! Pour l’occasion, je cuisine mon super gâteau au fromage citron/lime. Miam!! On s’arrête dans la South Santee River après une bonne journée de navigation et on fête ça (avec moustiquaire, essentiel!).

Samedi 18 avril, nous nous dirigeons vers Myrtle Beach. Nous empruntons la Waccamaw River. Quel bonheur de la naviguer par beau temps (bon il vente à 25-30 noeuds mais c’est un détail!). Sous un soleil éclatant, ça me réconcilie avec la Caroline du sud. C’est magnifique. Une grande allée bordée d’arbres, bien profonde et un peu plus loin elle serpente et se perd en millions de labyrinthes aquatiques. C’est superbe!

Enfin nous arrivons à la marina Osprey qui se trouve aux environs de Myrtle Beach. Nous avions beaucoup aimé cette marina à l’aller (et ce n’est pas cher!).

En pleine nature un peu marécageuse, isolés des vagues de l’Intracostal, des oiseaux qui chantent, des balbuzards magnifiques (osprey) dont on voit la maman et le bébé dans leur nid. On y est revenus avec plaisir. Et puis ça nous permettait de laisser passer une nuit de vents de 40 noeuds (encore).

Nous avions appelé pour réserver. La dame n’avait pas l’air certaine d’avoir de la place. Elle a dû vérifier et nous rappeler. Oui c’est bon, il y a un espace pour nous. Mais il se peut qu’on doive mettre notre Zozo dans l’eau (comprendre que l’espace serra serré!). Finalement ce ne sera pas nécessaire mais on a tout de même seulement 50 pieds entre deux bateaux le long du quai du canal pour « fitter » Océo… Mon capitaine a stationné notre Océo en parallèle comme si de rien n’était! Un marin qui passait par là l’a même complimenté. Trop hot!

On le voit brièvement ici à la fin du vidéo de notre journée de navigation…

Dimanche, c’est repos et début des gros vents le soir… sauf qu’ils ne se sont jamais rendus jusqu’ici (ou il n’y en a carrément pas eu, va savoir…). Nous sommes tellement isolés par la forêt et quand même pas mal à l’intérieur des terres. C’est dur d’être plus au calme qu’ici!

Nous devions repartir mardi. Mais voilà qu’il y a un pont à faire ouvrir juste après la marina, le Socastee Bridge. Et ce pont est en réparation de mardi à jeudi. Et de façon exceptionnelle il ne reste même pas ouvert pour les bateaux. Parce qu’habituellement, un pont « fermé » pour la circulation est un pont qui reste ouvert pour les bateaux. La réparation est trop majeure et le trafic maritime est interrompu. Quel dommage (pas du tout)! Nous sommes obligés (wouhou) de rester ici.

Rester quelque part ne veut pas nécessairement dire repos. Le dimanche j’ai fait livrer une épicerie que nous avons désinfecté. Puis mardi et mercredi, j’ai fait un peu de lavage (ce serait tellement plus facile d’aller laver notre linge à la buanderie mais comme nous tenons à ne pas nous contaminer au COVID je me résous à faire le lavage à la main au bateau).

Et bien sûr on en profite aussi pour faire un peu d’école. Avec les longues navigations que nous avons eu, les filles ont surtout travaillé en autonome. Mais un arrêt comme celui-là nous permet de faire des activités plus ludiques en collectif et de faire quelques évaluations des notions acquises.

Question de coller encore un peu plus ici, le jour de notre départ supposé (jeudi), il y a une autre annonce de vents de 45 noeuds. Notre prochaine étape en est une longue, nous n’avons pas d’ancrage avant au moins 50 miles nautiques et même rendus là, les options sont très minces. Et pas du tout protégées des vents annoncés. Je dois me résoudre (encore wouhou) à aller réserver une nuit de plus à la marina.

Ne vous trompez pas. L’envie me démange beaucoup de bouger, d’avancer, de me rendre chez nous le plus vite possible. Mais en même temps, les arrêts, surtout dans un lieu agréable, nous permettent de recharger nos batteries, de mettre le bateau un peu en ordre (autant que c’est possible avec 3 enfants!) et de prendre une routine qui enlève un poids de sur nos épaules. Un peu comme si on s’autorisait des vacances. Ça fait du bien!

Pâques, mauvais temps, 5 ans de joie de vivre – 12 au 14 avril 2020

Nous nous sommes arrêtés à un ancrage dans la New River en Caroline du sud. Nous espérions être un peu cachés par Daufuskie Island pour le 24h de gros vents à venir.

Mais avant la mauvaise météo, c’est jour de chocolat!! Ah oui c’est vrai, c’est Pâques aujourd’hui!

La nuit suivante nous n’avons pas beaucoup dormi mais l’ancre a encore une fois bien rempli son rôle. Des rafales à 45 noeuds, ça fait du bruit et c’est impressionnant.

Le lendemain matin ce sont les orages qui ont éclaté un peu partout autour de nous. J’était contente qu’il pleuve, on avait grand besoin de dessaler Océo!

La partie moins drôle de l’histoire c’est quand il y a eu un avertissement de tornades dans notre secteur. Avez-vous dit des tornades?? Misère…

Nous avons été chanceux, l’alerte a été levée rapidement pour le sud de la Caroline du Sud. Mais ça donne chaud!

Ça nous a permis de nous informer sur un phénomène météo qu’on n’avait pas encore rencontré. Il y a effectivement des zones plus propices aux tornades dans le sud des États-Unis. La Floride est quand même pas mal touchée mais c’est surtout les États du Centre (du Texas jusqu’au Dakota du sud, tout l’est des Rocheuses) qui en ont le plus par année. Ça soulage de savoir que nous ne sommes pas dans une zone à risque mais lorsqu’il y aura passage de fronts nous surveillerons ça de près!

Parlant de tornade, c’est la fête de notre petite Livia ce 14 avril! 5 ans de petit bonheur concentré!

Déjeuner au lit, petits cadeaux, cartes maison, argent de poche, repas préféré et gâteau avec crémage pouding… c’est plate une fête en confinement sur un bateau!!

Georgie à la vitesse de l’éclair – 9 au 12 avril 2020

Nous n’avions pas fait la Georgie à l’aller. Nous avions fait le saut en mer de Beaufort en Caroline du sud jusqu’à Cumberland Island. Oui, cette dernière est bien en Georgie mais on est tout à côté de la Floride. Alors, pour nous, c’était une première.

J’avais toujours imaginé la Georgie comme un très long méandre de marais. J’avais vu juste!

Je n’avais juste pas imaginé que j’aimerais autant ses paysages. Le calme nous envahit en Georgie. Il peut se passer une journée entière de navigation sans voir ni bateau ni civilisation. Juste les dauphins, les pélicans, les aigles, les lamantins et la nature pour nous tenir compagnie.

La Georgie a un effet apaisant sur moi. Il me semble que j’aurais aimé la parcourir à voile, avancer à 2 ou 3 noeuds dans les labyrinthes verts et bruns… mais peut-être mon âme romantique s’emporte-t-elle…

Ce qui est bien c’est qu’il y a beaucoup d’ancrages et peu de distance entre eux. Nous avons donc le loisir de faire la distance qui nous convient de jour en jour. En bonus, cette partie de l’Intracostal a été draguée à l’automne dernier et les profondeur sont la plupart du temps plus que suffisante. En partant toujours à mi-marée montante, nous n’avons eu aucun stress de haut-fond. Déjà quand on dit aucun stress, ça commence bien!

L’absence de stress vient aussi de Super Maryse de Boreal Blues qui nous a donné des tas de détails sur la navigation qu’elle avait faite une semaine avant nous. Précieux! Gros merci Maryse!

Le jour de Pâques nous avons franchi la limite de la Caroline du sud. Byebye Georgie. Je crois que toi, tu vas me manquer. L’horizon à 360 degrés des marais de la Georgie, à voir au moins une fois dans sa vie!

La Georgie en photos, ça ne lui rend pas justice…

Adieu Michel – 9 avril 2020

Nous faisions route. Nous venions de quitter Cumberland.

Nous avions beau nous y attendre, au moment où la grande faucheuse passe, le choc est immense.

Michel, le père de Seb, nous a quitté. Papa, beau-papa, grand-papa, grand supporter de notre projet, toujours là pour nous encourager et nous dire combien nous comptions pour lui, un être humain très précieux n’est plus.

Encore plus troublant, il laisse derrière lui une Diane que nous ne pouvons pas accompagner et soutenir. Nous sommes loin. Nous avons pris la décision de revenir avec Océo et le ramener prend du temps.

Et même si on revenait tout de suite, on devrait être en quarantaine deux semaines. Deux semaines sans pouvoir aller voir Diane. Et même encore, il ne serait pas sage d’aller la côtoyer, la serrer dans nos bras.

Une belle et grande famille nous a assuré qu’elle serait là pour elle, que nous pouvions prendre le temps de remonter tout en étant en sécurité.

Mais on aimerait être près d’elle.

Je regarde l’infini du ciel que j’ai le privilège de contempler chaque jour depuis l’été dernier. Et j’ai la pensée que Michel aurait aimé pouvoir le contempler avec nous. C’est pour ça que je me dis qu’il est avec nous, ici, parce qu’il restera dans nos coeurs. Pour toujours.

Épicerie et fin de la Floride – 5 au 8 avril 2020

Nous quittons Titusville le 5 avril vers 8h. Nous n’avons pas réussi à nous approvisionner en nourriture. En fait nous avons fait le choix de ne pas nous exposer dans un commerce et la livraison à la marina s’est avérée impossible. Nous avons assez de nourriture pour encore une dizaine de jours. Nous essaierons de trouver un approvisionnement plus loin en Floride.

Le ciel est gris aujourd’hui. Curieusement, ce n’est pas désagréable. C’est certain que ç’aurait été mieux avec un full enclosure mais on n’en est plus là!

Nous remarchons sur nos traces. La faune de l’Intracostal nous accueille à bras ouvert. Même des flamands roses qui volent à côté de nous (pas pu prendre de photos assez jolie).

C’est bizarre, lorsque nous naviguons, nous nous sentons presque bien. La nuit les cauchemars nous rattrapent… oui c’est bien vrai, il y a une pandémie et nous risquons notre vie. Quelle galère!

Le 6 avril, nous poussons la machine jusqu’à St Augustine. En chemin, je finalise une liste d’épicerie en ligne et miracle, je réussis à booker une magasineuse. Je me suis inscrite sur Instacart et j’ai accès au Publix de St Augustine. Ils commencent mon épicerie de fou vers 15h15 et c’est livré à la marina à 17h35. Trop génial! Je n’ai qu’à prendre Zozo et tout ramener ça à Océo.

Bon, ça nous a quand même pris 2h à tout nettoyer au savon à vaisselle (et on ne se le cachera pas, ça coûte toute une beurrée!) mais maintenant, on peut traverser la côte est des États-Unis sans s’arrêter pour l’épicerie (enfin j’espère, car j’ai tout de même au moins 2 puces en poussée de croissance!).

7 avril. Après quelques miles de navigation nous retrouvons notre mouillage de Pine Island. Tranquillité et distanciation sociale assurée! Que c’est beau…

Mouillage de Pine Island, Floride

8 avril. Dernier jour en Floride. Notre dernière navigation nous amène en Georgie, à Cumberland Island. Nous essayons de ne pas trop penser au fait que nous ne pouvons pas aller à terre. Le parc que nous avions tant aimé a fermé ses portes dû à la pandémie de COVID. Nous le savourons de loin. Les chevaux sauvages sont tout de même venus nous saluer à notre arrivée!

Ça y est nous sommes en Georgie. Un état de fait! Il en reste environ 7! On arrive Québec!

Quelques photos en vrac de la Floride…