Caroline du nord et entrée en Virginie – 28 avril au 7 mai 2020

La Caroline du nord… Eh misère. Quand nous ne sommes pas dû pour apprécier un endroit, les éléments se conjuguent pour nous le faire mal aimer!

Je ne suis malheureusement pas au courant des saisons de pêche ici, mais je peux vous confirmer que la pêche au crabe est ouverte. Chaque mètre d’eau disponible pour nous ancrer est donc occupé par un crab pot. Ok, j’exagère encore. Parce qu’il faut évidemment distancer un peu les crab pots les uns des autres.

Voit-on bien le champ de mines (crab pots) sur la photo?

Pour ancrer Océo qui mesure 43 pieds et qui peut tourner à 180 degrés sur son ancre, il faut compter au moins 200 pieds de diamètre. Quand il n’y a pas de vents forts. Sinon, c’est un peu plus. Alors je dirais que les crabs pots, qui sont stratégiquement placés dans TOUS les ancrages disponibles, doivent être disposés aux 100 pieds. Résultat: pas de place pour ancrer un bateau, à moins de s’emberlificoter l’hélice dans les flotteurs.

Nous essayons tout de même de sonder quelques endroits mais impossible d’en trouver un qui permet assez d’espace. Nous décidons donc de retourner à notre ancrage de l’automne dernier, dans le haut de la Pungo River.

Ce mouillage nous semble un peu plus exposé que les autres que nous avons essayé mais tout de même potable pour les 32 noeuds annoncés.

Bon. La météo. Depuis que nous sommes sur la côte est, nous consultons la météo marine sur plusieurs sources. Mais nous n’arrivons jamais à avoir une source, qui sans être exacte, serait au moins proche de la vérité.

Nos 32 noeuds ont fini en 45 avec des pointes à 59. Heureusement, Océo n’a pas bougé d’un poil, grâce à notre super Rocna et au fond (de la belle grosse bouette) qui tient hyper bien dans la Pungo River. Mais il faut avouer qu’on est un peu tanné de toujours avoir à faire face à pire que prévu. Ça commence à jouer sur le moral des troupes.

Au moins, nous n’étions pas seuls pour affronter le gros temps. Un gentil couple est venu s’ancrer dans « notre » bras de rivière pour laisser passer les gros vents. Le voilier Mac Guffin.

Mac Guffin avec nous dans le gros temps

La dame me faisait des grands signes de bonjour pendant leur ancrage. Je crois qu’ils étaient heureux de ne pas être seuls!

Nous avons attendu 3 jours que les éléments se calment un peu.

Au matin du 1er mai, nous poursuivons notre chemin. Direction Buck Island au nord du Albemarle Sound.

C’était sans compter avec mère Nature qui a piqué une sainte colère cette journée-là. Nous étions à mi-chemin dans le Albemarle Sound quand il est devenu clair que si nous ne faisions pas demi-tour, on subirait les foudres de la Grande Dame, même si ce n’est pas nous qui l’avions provoquée.

Nous avons donc rebroussé chemin (ceux qui connaissent mon capitaine peuvent vous dire à quel point ce devait être impressionnant, parce que Seb, pour rebrousser chemin, ça en prend pas mal!).

En rentrant dans la Alligator River, nous voyons nos amis du Mac Guffin qui sont en train de s’ancrer. Comme nous avions déjà affronté du gros temps ensemble, nous nous ancrons à côté d’eux, ça nous inspire confiance. Affronter le gros temps ensemble, ça fait de nous presque des amis, sans même les avoir rencontrés!

Le lendemain, 2 mai, nous sortons de la Caroline du nord. Un peu malgré nous. Nous avions prévu nous ancrer avant le Currituck Sound. Mais l’ancrage que nous visions n’était pas assez profond pour nous, contrairement à ce que nous disaient les cartes. Comme le soleil se couche tard et que le temps est assez calme, nous décidons de poursuivre jusqu’à Great Bridge en Virginie où nous espérons avoir de la place au quai gratuit, juste avant le pont.

La Virginie nous accueille avec un coup de chance, il y a de la place au quai. C’est un endroit merveilleux, avec tous les services proches (même si nous ne sortons pas vraiment).

Nous faisons livrer une épicerie le lendemain, directement au quai où nous sommes. Puis nous avons la bonne surprise de voir nos amis du Mac Guffin arriver derrière nous. Enfin nous allons les rencontrer EN VRAI! Lynn et Scott sont vraiment sympathiques. Ils s’entichent de nos filles au premier coup d’oeil. Ils leur achètent même des petites surprises!

Nous faisons aussi la connaissance des gens de Pepromenon, un catamaran moteur. Ils sont très sympathiques. Si ce n’était pas de la distanciation, nous aurions fait des 5 à 7 géniaux! Ce couple a une maison dans le Delaware alors ils nous ont offert leur assistance si jamais on avait besoin de quoi que ce soit quand nous passerons près de chez eux.

Le hasard de notre voyage a fait en sorte que nous avons surtout lié connaissance avec des américains. Sans exception, ils ont tous été gentils, intéressés par la façon de fonctionner au Canada, et toujours prêts à nous offrir leur aide. La communauté de voileux américains prend soin de nous.

Nous avons pris notre temps et décidé de rester au quai. Ça nous a permit de rattraper un peu de retard scolaire et surtout de passer des nuits sans avoir à surveiller notre ancrage.

Mathilde en vidéoconférence avec des amis de sa classe, merci madame Julie!!

Nous nous sommes arrêtés illégalement pendant 6 jours au quai de Great Bridge. Les séjours sont limités à 24h. Les rangers sont venus nous avertir aujourd’hui que nous devions quitter au maximum demain, l’infraction de dépasser le 24h étant passible de prison (pas de niaisage, il n’y a pas d’amende, c’est la prison direct!!).

Nous quitterons donc demain (vendredi). C’est dommage, on annonce une nuit de gros vents et nous espérions la passer au quai. Mais bon, c’est pas 45 noeuds de vents annoncés qui vont nous impressionner. On a vu neiger quand même!

Un peu de tout dans les Carolines – 22 au 28 avril 2020

Nous sommes restés 6 jours en tout à Osprey marina. Un arrêt qui fait du bien mais qui donne des fourmis dans la quille. Mais pourquoi sommes-nous si pressés de bouger? Peut-être l’âme de nomade prend-elle le dessus sur le reste quand nous vivons sur l’eau.

Le pont de Socastee peut de nouveau ouvrir, la météo n’est pas si mal, alors go, on part vers le nord.

À la fin de la journée, la Caroline du sud est derrière nous. J’aurai au moins ajouté du beau à mes souvenirs : la Waccamaw River et la marina Osprey. Et un petit peu de beau temps, ça aide à apprécier les endroits que nous voyons.

Une chance que nous avons fait le plein d’énergie parce que les prochains arrêts en Caroline du Nord ne sont pas dans nos meilleurs souvenirs non plus. Peu de choix d’ancrages, souvent trop petits ou pas assez profonds pour nous.

À Southport nous nous ancrons au milieu de nulle part (on commence à y prendre goût), juste au nord de la bourgade. Il vente à plein mais notre ancre tient bon. Il est juste un peu flippant de voir nos traces de « spirographe » dans l’alarme d’ancre du iPad.

La journée suivante, je l’attendais. Depuis le début mars, nous n’avions pas mis le pied sur une plage. Quand nous sommes arrivés à Wrightsville l’an dernier, nous n’avions « pas le temps » d’aller à la plage et je m’étais promis d’y remédier au retour.

Il faut croire qu’il m’est impossible de tenir les promesses que je me fais. Quand nous sommes arrivés à Wrightsville (petite journée d’une vingtaine de miles, on peut profiter de l’après-midi, non?), notre ancrage près de la plage est entièrement occupé par deux barges de draguage, stationnées là pour le week end. Nous nous trouvons un petit espace près du canal plus au nord. Mais il vente 25 à 30 nœuds, il fait gris et probablement proche de 10 degrés celsius. Mel, va falloir oublier la plage. Encore.

Jolie Wrightsville Beach
https://youtu.be/ORfvK0y1PBY

On se cuisine un repas bien chaud et on se repose. Le lendemain sera une grosse journée et on doit partir tôt si on veut attraper le pont qui ouvre seulement à l’heure… On en a quelques-uns à synchroniser comme ça cette journée-là, ça tient occupé. Notre destination : Swansboro. Joli nom mais ancrage marmite. Ça dort moins bien.

Un ancrage marmite, c’est quand le bateau se met à faire des 360 degrés autour de l’ancre sans raison apparente. C’est souvent dans ces endroits qu’on voit apparaître dans l’eau des petits tourbillons circulaires. La petite baie de Swansboro est sujette à des courants forts et pas toujours logiques. Nous nous attendons toujours à ce que notre bateau soit face au vent ou au courant, selon celui qui gagne (qui est le plus fort). À Swansboro, nous étions dos aux vents (25 nœuds encore) et de côté au courant. Va savoir…

La marmite avait fini de bouillir au matin

Le 27 avril nous continuons notre route. Je regarde les plages que nous dépassons avec envie et nostalgie. C’est plus un état d’âme qu’une réelle envie d’être sur une plage, il fait quand même proche de 10 degrés et il vente fort (encore).

Destination cette fois : Adams Creek, juste avant la Neuse River. Cette dernière est à prendre avec précaution, un peu comme prendre la mer (pas aussi pire mais quand même). Nous avons donc décidé de nous arrêter pour la nuit et laisser les vents se calmer un peu.

Mais dans Adams Creek, les ancrages ne sont pas profonds. Les derniers relevés que nous avons ne correspondent pas à la réalité. Nous nous ancrons donc juste en-dehors du canal, quand même protégé du vent du nord qui nous siffle dans les oreilles.

Moment préféré de la journée, l’apéro

Nous installons les filles pour la nuit avec tuques, sacs de couchage et couvertures. On annonce 8 degrés. Brrrrrrr…

Au matin du 28 avril, le vent s’est tu. Pas une ride sur la surface de l’eau, c’est le calme plat. Que. Ça. Fait. Du. Bien!!! Enfin!

Adams Creek, calme plat

La Neuse River est un lac plat, sans fin. On a l’impression d’être sur la mer (sans les vagues). On enclenche Germain pour nous mener à notre destination du jour : Belhaven.

Neuse River, Caroline du Nord

Nous essaierons de trouver un bon ancrage parce que ce calme précède (évidemment) une autre tempête (j’exagère un tout petit peu, c’est juste du 32 noeuds annoncé!). Si tout va bien, on va stopper jusqu’à vendredi et poursuivre notre remontée.

Petit fait cocasse. Livia m’a demandé hier: maman, c’est quelle saison maintenant? Avant de répondre, j’ai pris un petit temps de réflexion… Pour une enfant de 5 ans qui se met à être consciente de son environnement, il est très étrange de « s’imaginer » ce que sont les saisons, surtout quand elles ne sont pas représentées devant elle. Chez nous, nous avons la fonte des neiges, le redoux des températures, les bourgeons qui apparaissent. Pour Livia qui voit des arbres remplis de feuilles, des gens en bateaux et à la plage à l’année longue, le représentation se fait carrément par la théorie. Ici le printemps, ça ne veut pas dire la même chose que chez nous!

Caroline du sud… très, très lentement… – 12 au 22 avril 2020

Ah, la Caroline du sud… on l’avait tellement adoré (détesté) à l’aller… et notre opinion ne change malheureusement pas pour ce début de l’état. Il faut dire qu’elle ne se montre pas sous son meilleur jour, avec ses nuits autour de 10 degrés, ses pluies diluviennes, ses avertissements de tornade, ses hauts-fonds continuels, ses ponts à horaires plus que variables et ses insectes qui piquent boostés aux stéroïdes. J’en ai tué une bonne vingtaine en dix minutes dans le cockpit entre Charleston et la Santee River, merci Sounda (Jayana) pour le tuyau de la raquette électrique!

Et on a bien essayé de regarder pour prendre la mer mais l’orientation du vent avec le trajet que nous avions à faire ne fonctionnait malheureusement pas.

Sur notre parcours nous nous sommes ancrés dans la New River pour 2 jours (gros vents), dans Rock Creek pour 2 jours (froid et pluie) puis à Patriots Point pour un soir, de l’autre côté du mur de la marina où nous étions à Charleston l’automne dernier. Ce dernier ancrage roule beaucoup dû au nombre élevé de petits bateaux « de pêche » qui vont à toute allure et ce, tous les jours de la semaine maintenant que les américains sont en « confinement ».

17 avril. C’est la fête de notre capitaine! Pour l’occasion, je cuisine mon super gâteau au fromage citron/lime. Miam!! On s’arrête dans la South Santee River après une bonne journée de navigation et on fête ça (avec moustiquaire, essentiel!).

Samedi 18 avril, nous nous dirigeons vers Myrtle Beach. Nous empruntons la Waccamaw River. Quel bonheur de la naviguer par beau temps (bon il vente à 25-30 noeuds mais c’est un détail!). Sous un soleil éclatant, ça me réconcilie avec la Caroline du sud. C’est magnifique. Une grande allée bordée d’arbres, bien profonde et un peu plus loin elle serpente et se perd en millions de labyrinthes aquatiques. C’est superbe!

Enfin nous arrivons à la marina Osprey qui se trouve aux environs de Myrtle Beach. Nous avions beaucoup aimé cette marina à l’aller (et ce n’est pas cher!).

En pleine nature un peu marécageuse, isolés des vagues de l’Intracostal, des oiseaux qui chantent, des balbuzards magnifiques (osprey) dont on voit la maman et le bébé dans leur nid. On y est revenus avec plaisir. Et puis ça nous permettait de laisser passer une nuit de vents de 40 noeuds (encore).

Nous avions appelé pour réserver. La dame n’avait pas l’air certaine d’avoir de la place. Elle a dû vérifier et nous rappeler. Oui c’est bon, il y a un espace pour nous. Mais il se peut qu’on doive mettre notre Zozo dans l’eau (comprendre que l’espace serra serré!). Finalement ce ne sera pas nécessaire mais on a tout de même seulement 50 pieds entre deux bateaux le long du quai du canal pour « fitter » Océo… Mon capitaine a stationné notre Océo en parallèle comme si de rien n’était! Un marin qui passait par là l’a même complimenté. Trop hot!

On le voit brièvement ici à la fin du vidéo de notre journée de navigation…

Dimanche, c’est repos et début des gros vents le soir… sauf qu’ils ne se sont jamais rendus jusqu’ici (ou il n’y en a carrément pas eu, va savoir…). Nous sommes tellement isolés par la forêt et quand même pas mal à l’intérieur des terres. C’est dur d’être plus au calme qu’ici!

Nous devions repartir mardi. Mais voilà qu’il y a un pont à faire ouvrir juste après la marina, le Socastee Bridge. Et ce pont est en réparation de mardi à jeudi. Et de façon exceptionnelle il ne reste même pas ouvert pour les bateaux. Parce qu’habituellement, un pont « fermé » pour la circulation est un pont qui reste ouvert pour les bateaux. La réparation est trop majeure et le trafic maritime est interrompu. Quel dommage (pas du tout)! Nous sommes obligés (wouhou) de rester ici.

Rester quelque part ne veut pas nécessairement dire repos. Le dimanche j’ai fait livrer une épicerie que nous avons désinfecté. Puis mardi et mercredi, j’ai fait un peu de lavage (ce serait tellement plus facile d’aller laver notre linge à la buanderie mais comme nous tenons à ne pas nous contaminer au COVID je me résous à faire le lavage à la main au bateau).

Et bien sûr on en profite aussi pour faire un peu d’école. Avec les longues navigations que nous avons eu, les filles ont surtout travaillé en autonome. Mais un arrêt comme celui-là nous permet de faire des activités plus ludiques en collectif et de faire quelques évaluations des notions acquises.

Question de coller encore un peu plus ici, le jour de notre départ supposé (jeudi), il y a une autre annonce de vents de 45 noeuds. Notre prochaine étape en est une longue, nous n’avons pas d’ancrage avant au moins 50 miles nautiques et même rendus là, les options sont très minces. Et pas du tout protégées des vents annoncés. Je dois me résoudre (encore wouhou) à aller réserver une nuit de plus à la marina.

Ne vous trompez pas. L’envie me démange beaucoup de bouger, d’avancer, de me rendre chez nous le plus vite possible. Mais en même temps, les arrêts, surtout dans un lieu agréable, nous permettent de recharger nos batteries, de mettre le bateau un peu en ordre (autant que c’est possible avec 3 enfants!) et de prendre une routine qui enlève un poids de sur nos épaules. Un peu comme si on s’autorisait des vacances. Ça fait du bien!

Pâques, mauvais temps, 5 ans de joie de vivre – 12 au 14 avril 2020

Nous nous sommes arrêtés à un ancrage dans la New River en Caroline du sud. Nous espérions être un peu cachés par Daufuskie Island pour le 24h de gros vents à venir.

Mais avant la mauvaise météo, c’est jour de chocolat!! Ah oui c’est vrai, c’est Pâques aujourd’hui!

La nuit suivante nous n’avons pas beaucoup dormi mais l’ancre a encore une fois bien rempli son rôle. Des rafales à 45 noeuds, ça fait du bruit et c’est impressionnant.

Le lendemain matin ce sont les orages qui ont éclaté un peu partout autour de nous. J’était contente qu’il pleuve, on avait grand besoin de dessaler Océo!

La partie moins drôle de l’histoire c’est quand il y a eu un avertissement de tornades dans notre secteur. Avez-vous dit des tornades?? Misère…

Nous avons été chanceux, l’alerte a été levée rapidement pour le sud de la Caroline du Sud. Mais ça donne chaud!

Ça nous a permis de nous informer sur un phénomène météo qu’on n’avait pas encore rencontré. Il y a effectivement des zones plus propices aux tornades dans le sud des États-Unis. La Floride est quand même pas mal touchée mais c’est surtout les États du Centre (du Texas jusqu’au Dakota du sud, tout l’est des Rocheuses) qui en ont le plus par année. Ça soulage de savoir que nous ne sommes pas dans une zone à risque mais lorsqu’il y aura passage de fronts nous surveillerons ça de près!

Parlant de tornade, c’est la fête de notre petite Livia ce 14 avril! 5 ans de petit bonheur concentré!

Déjeuner au lit, petits cadeaux, cartes maison, argent de poche, repas préféré et gâteau avec crémage pouding… c’est plate une fête en confinement sur un bateau!!

Georgie à la vitesse de l’éclair – 9 au 12 avril 2020

Nous n’avions pas fait la Georgie à l’aller. Nous avions fait le saut en mer de Beaufort en Caroline du sud jusqu’à Cumberland Island. Oui, cette dernière est bien en Georgie mais on est tout à côté de la Floride. Alors, pour nous, c’était une première.

J’avais toujours imaginé la Georgie comme un très long méandre de marais. J’avais vu juste!

Je n’avais juste pas imaginé que j’aimerais autant ses paysages. Le calme nous envahit en Georgie. Il peut se passer une journée entière de navigation sans voir ni bateau ni civilisation. Juste les dauphins, les pélicans, les aigles, les lamantins et la nature pour nous tenir compagnie.

La Georgie a un effet apaisant sur moi. Il me semble que j’aurais aimé la parcourir à voile, avancer à 2 ou 3 noeuds dans les labyrinthes verts et bruns… mais peut-être mon âme romantique s’emporte-t-elle…

Ce qui est bien c’est qu’il y a beaucoup d’ancrages et peu de distance entre eux. Nous avons donc le loisir de faire la distance qui nous convient de jour en jour. En bonus, cette partie de l’Intracostal a été draguée à l’automne dernier et les profondeur sont la plupart du temps plus que suffisante. En partant toujours à mi-marée montante, nous n’avons eu aucun stress de haut-fond. Déjà quand on dit aucun stress, ça commence bien!

L’absence de stress vient aussi de Super Maryse de Boreal Blues qui nous a donné des tas de détails sur la navigation qu’elle avait faite une semaine avant nous. Précieux! Gros merci Maryse!

Le jour de Pâques nous avons franchi la limite de la Caroline du sud. Byebye Georgie. Je crois que toi, tu vas me manquer. L’horizon à 360 degrés des marais de la Georgie, à voir au moins une fois dans sa vie!

La Georgie en photos, ça ne lui rend pas justice…

Adieu Michel – 9 avril 2020

Nous faisions route. Nous venions de quitter Cumberland.

Nous avions beau nous y attendre, au moment où la grande faucheuse passe, le choc est immense.

Michel, le père de Seb, nous a quitté. Papa, beau-papa, grand-papa, grand supporter de notre projet, toujours là pour nous encourager et nous dire combien nous comptions pour lui, un être humain très précieux n’est plus.

Encore plus troublant, il laisse derrière lui une Diane que nous ne pouvons pas accompagner et soutenir. Nous sommes loin. Nous avons pris la décision de revenir avec Océo et le ramener prend du temps.

Et même si on revenait tout de suite, on devrait être en quarantaine deux semaines. Deux semaines sans pouvoir aller voir Diane. Et même encore, il ne serait pas sage d’aller la côtoyer, la serrer dans nos bras.

Une belle et grande famille nous a assuré qu’elle serait là pour elle, que nous pouvions prendre le temps de remonter tout en étant en sécurité.

Mais on aimerait être près d’elle.

Je regarde l’infini du ciel que j’ai le privilège de contempler chaque jour depuis l’été dernier. Et j’ai la pensée que Michel aurait aimé pouvoir le contempler avec nous. C’est pour ça que je me dis qu’il est avec nous, ici, parce qu’il restera dans nos coeurs. Pour toujours.

Épicerie et fin de la Floride – 5 au 8 avril 2020

Nous quittons Titusville le 5 avril vers 8h. Nous n’avons pas réussi à nous approvisionner en nourriture. En fait nous avons fait le choix de ne pas nous exposer dans un commerce et la livraison à la marina s’est avérée impossible. Nous avons assez de nourriture pour encore une dizaine de jours. Nous essaierons de trouver un approvisionnement plus loin en Floride.

Le ciel est gris aujourd’hui. Curieusement, ce n’est pas désagréable. C’est certain que ç’aurait été mieux avec un full enclosure mais on n’en est plus là!

Nous remarchons sur nos traces. La faune de l’Intracostal nous accueille à bras ouvert. Même des flamands roses qui volent à côté de nous (pas pu prendre de photos assez jolie).

C’est bizarre, lorsque nous naviguons, nous nous sentons presque bien. La nuit les cauchemars nous rattrapent… oui c’est bien vrai, il y a une pandémie et nous risquons notre vie. Quelle galère!

Le 6 avril, nous poussons la machine jusqu’à St Augustine. En chemin, je finalise une liste d’épicerie en ligne et miracle, je réussis à booker une magasineuse. Je me suis inscrite sur Instacart et j’ai accès au Publix de St Augustine. Ils commencent mon épicerie de fou vers 15h15 et c’est livré à la marina à 17h35. Trop génial! Je n’ai qu’à prendre Zozo et tout ramener ça à Océo.

Bon, ça nous a quand même pris 2h à tout nettoyer au savon à vaisselle (et on ne se le cachera pas, ça coûte toute une beurrée!) mais maintenant, on peut traverser la côte est des États-Unis sans s’arrêter pour l’épicerie (enfin j’espère, car j’ai tout de même au moins 2 puces en poussée de croissance!).

7 avril. Après quelques miles de navigation nous retrouvons notre mouillage de Pine Island. Tranquillité et distanciation sociale assurée! Que c’est beau…

Mouillage de Pine Island, Floride

8 avril. Dernier jour en Floride. Notre dernière navigation nous amène en Georgie, à Cumberland Island. Nous essayons de ne pas trop penser au fait que nous ne pouvons pas aller à terre. Le parc que nous avions tant aimé a fermé ses portes dû à la pandémie de COVID. Nous le savourons de loin. Les chevaux sauvages sont tout de même venus nous saluer à notre arrivée!

Ça y est nous sommes en Georgie. Un état de fait! Il en reste environ 7! On arrive Québec!

Quelques photos en vrac de la Floride…

Un poisson d’avril qui sent vraiment mauvais, ICW, USA – 31 mars au 2 avril

Nous avons décanté à Fort Pierce. Décanté étant un bien grand mot.

Le 1er avril nous nous mettons en route vers le nord. Nous avons réussi à nous approvisionner sans problème en diesel et eau à la marina de Vero Beach. C’est étrange, là-bas, ils font quand même attention à prendre des précautions pour le virus mais ils ne semblent pas trop s’en faire…

Et maintenant que le plein est fait, que fait-on? Tous ceux qui nous contactent nous urgent de rentrer au pays. Nous aimerions bien que d’un coup de baguette magique, ça puisse se réaliser.

La réalité est un peu différente. On a beau dire qu’un bateau, c’est juste du matériel, c’est quand même beaucoup d’argent. C’est aussi notre maison que nous avons remplie de choses dont nous avions besoin pour deux ans. Beaucoup de choses qui ne survivraient pas à un climat humide du sud si nous laissions le bateau.

Donc en gros, il faudrait sortir le bateau de l’eau (en espérant que les ouragans ne passent pas par là cette année). Nous en aurions pour au moins une semaine de travail: enlever les voiles, les toiles, les panneaux solaires, dégonfler Zozo et ranger son moteur, en plus de prendre soin de la plomberie et du maintien de charge des batteries pendant notre absence et surtout, vider le matériel qui nous accompagnerait au Québec et essayer de sauver le plus de choses qu’on devrait laisser au bateau. Tout ça en espérant que nous n’ayions besoin de rien au magasin (impossible) dans un pays très contaminé.

Dans notre état actuel, c’est peu tentant. Mais on sait qu’on devra peut-être le faire si les autorités nous interdisent de faire notre chemin jusqu’au Canada.

Notre autre option est de remonter le bateau le plus au nord possible. En se mettant à l’ancre tous les soirs et en ne s’arrêtant que pour mettre du diesel et de l’eau, nous n’avons pratiquement aucun contact et nous espérons ne pas attraper le virus.

Les options sont plus ou moins tentantes selon l’humeur du moment et les nouvelles qui sortent.

Pour l’instant, nous remontons doucement vers le nord. L’Intracostal, c’est quand même long!

Justement, un petit nordet nous souhaite la bienvenue en Floride. On sort les pantalons longs et les coupe-vent. C’est bien peu cher payé pour se retrouver enfin sur le chemin de la maison.

1er avril, fin de journée de navigation. Nous avions décidé de nous ancrer à Wabasso. Juste à côté du pont, comme à l’aller. Zut, un autre voilier est déjà là. Peut-être qu’on peut se serrer un peu…

On manoeuvre pour s’ancrer, le visage de Seb change tout d’un coup:
MEL, VITE, DROPPE L’ANCRE JE NE CONTRÔLE PLUS LE MOTEUR!

Je laisse filer l’ancre et la chaîne, nous sommes chanceux, le fond est bon et le courant nous fait reculer de façon efficace. L’ancre accroche du premier coup. Ouf.

Gestion de crise #536. Investigation du trouble mécanique. Seb se plonge dans nos cales et dans son manuel moteur…Notre throttle cable a lâché. Cassé. C’est le câble qui dit au moteur de donner du gaz. C’est un peu un morceau essentiel. Il est tôt dans l’après-midi, je me mets sur le téléphone.

J’appelle Tow Boat US. Nous avons un abonnement, je leur demande si ils peuvent m’aider. J’explique notre problème au dispatch. Notre remorqueur attitré, Charlie, nous rappelle quelques minutes plus tard.

Nous lui expliquons que nous savons quel est le problème mécanique et qu’il nous faut nous procurer la pièce. Nous sommes ancrés sécuritairement (un peu trop près de l’autre voilier à notre goût mais l’heure n’est pas aux chichis…). Charlie nous explique qu’ils peuvent livrer du fuel mais pas des pièces, ce n’est pas dans leur mandat. Il va faire des appels pour nous et voir si une marina peut nous accueillir et nous aider pour la réparation.

Pendant ce temps Sébastien obtient le numéro de pièce Beneteau et j’appelle la marina de Vero Beach pour des références. On me donne le numéro du Westmarine de Fort Pierce. Ils ont notre pièce en stock. Nous regardons pour un Uber jusque-là, c’est faisable mais comme on vit sous le facteur virus, ça ne nous dit pas trop…

On se rappelle que dans le groupe Facebook Bahamas Land and Sea, un bon samaritain basé à Fort Pierce avait offert son aide si on avait besoin de transport local. On le contacte.

Daniel est tout à fait disposé à passer chercher notre pièce au Westmarine et à nous l’apporter. Nous trouvons que la nature humaine a souvent des côtés magnifiques. Wow.

Sauf que quand je rappelle au Westmarine le lendemain matin pour faire mettre la pièce de côté, le monsieur me dit qu’ils ne font pas d’achats par téléphone dans ce Westmarine. Je ne peux pas donner mon numéro de carte de crédit et que quelqu’un passe chercher ma commande. Misère.

Nous sommes un peu mal de demander à Daniel (qui ne nous connaît pas) de payer pour nous.

Au même moment Charlie de Tow Boat nous rappelle. Il a téléphoné dans toutes les marinas environnantes et à cause du nouveau décret de Floride entré en vigueur aujourd’hui, aucune ne peut nous accueillir. En voyant tout ça il nous offre d’aller lui-même chercher notre pièce au Westmarine de Fort Pierce, de payer pour la pièce sur place et de venir nous la porter en bateau. Il nous dit que ce sera compris dans notre abonnement à cause des circonstances exceptionnelles! Merci, tellement merci Charlie!

Seb fait la réparation en un temps record et nous sommes prêts à repartir le lendemain matin. Pas trop de ce genre de poisson d’avril SVP!

Et en même temps, que de gentillesse humaine. Les pires situations font souvent ressortir le meilleur des humains.

Merci à notre voisin Pilgrim de nous avoir toléré si proche

Une étape à la fois, de Staniel Cay à Fort Pierce – 28 au 31 mars 2020

28 mars 2020. Staniel Cay, Exumas, Bahamas. On attend les premières lueurs du soleil pour lever l’ancre.

290 miles nautiques à faire jusqu’à Fort Pierce, Floride. C’est beaucoup. Autour de 50h. Pas beaucoup de vagues, donc pas beaucoup de vent. Nous sommes assez approvisionnés en diesel mais on n’aime pas trop l’idée de le consommer tout de suite… On verra.

En route.

Exuma Bank

Nous traversons le banc des Exumas, passons sous l’île de New Providence, direction le TOTO: Tongue Of The Ocean, un bras de mer qui sépare le Great Bahama Bank du Exumas Bank. Quand l’océan passe subitement de plusieurs milliers de pieds à moins de 20 pieds en peu de distance, ça crée des conditions sportives. Quand on est fatigués, qu’on navigue stressés depuis deux semaines et que le soleil est en train de se coucher, on trouve les minutes longues.

Mais nous avons fait des quarts. 2h chacun notre tour pour la nuit. Tout s’est bien passé. Toutefois vers 2h du matin, une fois entré sur le Great Bahama Bank, nous décidons d’ancrer pour nous reposer un peu au Northwest Channel Shoal.

7h du matin dimanche 29 mars.
On lève l’ancre vers les îles Isaac. De ce point, nous traverserons le Gulf Stream vers le continent.

Le banc est agité, une vague courte directement derrière nous, pas de vent, on se fait brasser un peu. Si ça peut finir…

14h30. La vague s’est calmé. J’ai pu faire la montagne de vaisselle et cuire des pâtes pour le souper qui se prendra dans le Gulf Stream. Si il peut être calme comme le Banc, on ne se fera pas trop brasser.

16h30. Au revoir Bahamas. Le turquoise du banc laisse place au cobalt des grandes profondeurs. Plusieurs bateaux de croisière sont ancrés ici. Il semble que ce soit leur lieu de mouillage désigné.

Avant de sortir du banc des Bahamas, nous changeons nos plans. Au lieu de pointer vers Fort Pierce nous irons plutôt vers Port Canaveral plus au nord. Le Gulf Stream est calme, nous arriverons de jour et nous n’aurons pas besoin de prendre un taxi pour aller demander notre cruising permit à l’aéroport (le moins possible de lieux achalandés).

L’ennui, c’est que nous n’avons plus de signal internet. Notre météo est à jour mais on aurait bien aimé vérifier 2 ou 3 détails…

18h. Les filles mangent devant leur méga marathon de films. Nous n’avons pas une réserve infinie de films et elles commencent à connaître toutes les répliques par coeur!

Le Gulf Stream a mis ses plus beaux habits pour moi. Peut-être pour faire pardonner la façon dont son ami TOTO nous a traité. Presque pas de vagues. Mais presque pas de vent non plus, ce qui veut dire moteur.

2h15 du matin, 30 mars. Je compte les minutes qu’il me reste avant de réveiller Seb. Exactement 75. C’est long. Au moins, c’est Germain qui fait tout le travail, je n’ai qu’à surveiller les cargos qui semblent tous vouloir nous voir de près!

Est-ce que je vous ai parlé de Germain? C’est notre pilote automatique. Nous l’avons très peu utilisé pendant le voyage. La vague et le vent rendaient souvent son utilisation difficile mais avec les conditions présentes, c’est l’idéal.

9h. Je m’extasie sur l’odeur d’humus que le vent d’ouest nous amène. Nous sommes à 17 miles au large de la côte de Floride et les odeurs voyagent jusque-là. L’odeur du continent. Je me demande si les premiers explorateurs l’ont senti aussi…

11h15. Il nous reste 25 miles à faire. Nous entendons enfin  le bling du signal internet qui vient de rejoindre notre Skyroam, bidule qui nous permet de capter des signaux internet de plusieurs pays. Vite, on met nos données à jour… Je fais une recherche pour les détails de l’entrée à Port Canaveral… et MERDE! L’écluse qui nous permet de rejoindre l’Intracostal est fermée. Jusqu’à la fin avril. Pour travaux. Et la météo n’est pas propice à reprendre le Gulf Stream tout de suite!

On est fatigués et écoeurés. On sauterait bien hors du bateau pour rejoindre la côte et laisser le bateau dériver au large. Mais on prend ce qui nous reste de courage et on vire de bord. On remet le nez du bateau en direction de Fort Pierce, 42 miles au sud. ETA: 17h30.

J’annonce la nouvelle aux filles. Je dis qu’on a fait une erreur et qu’il faut faire 5 heures de plus en mer. Daphnée et Livia disent « ok » et retournent à leurs jeux. Mathilde me dit « maman, c’est pas grave, ça va aller tu vas voir!. » Nous avons vraiment des enfants extraordinaires.

Navigation sans pépin jusqu’à Fort Pierce, à part le souci de manquer de diesel, ce qui n’arrivera heureusement pas.

Entrée dans l’inlet vers 17h, ancrés devant le bâtiment de la U.S. Coast Guard vers 17h45.

À 18h15, nous faisons notre entrée électronique avec CBP ROAM, la nouvelle application de douanes. Un agent nous appelle 10 minutes plus tard en conversation vidéo, il confirme nos identités et nous souhaite bienvenue aux États-Unis. Il termine en nous recommandant: « stay safe! ». Oui monsieur. On essaie. Très fort.

Une chose de faite. Nous sommes aux USA. À trois jours de voiture du Québec si nécessaire.

Nous ferons notre chemin vers le nord. Un peu. Nous ferons des provisions. Puis nous verrons. Une étape a la fois.

Nos options, Big Major, Exumas – 27 mars 2020

Depuis le début de la pandémie, nous avons toujours eu plusieurs options. Bien sûr, plus le temps avance et tant que la pandémie n’est pas sur sa pente descendante, nos options vont en s’amenuisant.

De nos îles lointaines, il est difficile de savoir si l’on fait le bon choix. On ne le saura que plus tard. Et c’est quelque chose qui est difficile à accepter quand la sécurité de nos enfants passe par ces choix.

Notre premier choix a été de savoir si nous poursuivions le voyage. Rapidement, le voyage comme nous l’avions imaginé a disparu. Restrictions pour aller à terre, pour côtoyer des gens, pour s’approvisionner… Nous avons donc mis fin au voyage.

À ce moment, nous étions aux îles Turquoises. De magnifiques paysages, des gens accueillants, des ressources tout à côté, un hôpital pas trop loin… il aurait été facile de rester là et de laisser passer la crise… Mais si la crise durait? Combien de temps cela durerait-il? Impossible de prévoir. Et à partir de juillet, il est possible que des ouragans se pointent.

Alors, laisser le bateau ici et rentrer en avion? Nous avons investi beaucoup d’argent et de temps dans ce voyage. Si nous venions qu’à perdre le bateau, il nous faudrait beaucoup d’années pour reprendre le dessus financièrement, sans compter que j’ai perdu mon emploi juste avant de partir…

Il nous fallait donc remonter le bateau en des lieux plus sécuritaires. Les Bahamas? Oui, pas trop loin des États-Unis. Allons-y.

Mais les ressources se font rares… Et deux jours après y être rentré, tout le pays est tombé en lock down pour une semaine. Aucun avion pour rentrer chez nous si nécessaire. Pas vraiment d’hôpitaux sauf à Nassau, zone contaminée et sujette à un taux de criminalité grimpant en temps de crise.

Nous avions presque décidé de laisser passer la crise en restant dans les Exumas, petites îles isolées bien agréable à vivre. Mais quand Sébastien est allé chercher du diesel pour faire le plein, un officier était sur place et a annoncé que le lock down se poursuivrait pour un mois. Avec des restrictions plus grandes pour les étrangers. Pas le droit d’aller à terre pour tout le mois, y compris pour s’approvisionner. Et pas le droit de pêcher, les ressources devant être réservées aux Bahamiens.

Dans ces conditions, nous partons vers les États-Unis. Nous devons naviguer au moins deux jours entiers pour aller toucher la côte.

Nous espérons que les règles d’entrée ne changent pas d’ici là.

Nous espérons que la navigation sera sans heurt.

Nous espérons que d’entrer dans le pays le plus contaminé de la planète ne sera pas une erreur.

Nous espérons pouvoir nous approvisionner en nourriture et en diesel car nous en aurons besoin pour naviguer dans l’Intracostal.

Nous espérons aussi que les écluses du canal Champlain ouvriront comme prévu au mois de mai, pour nous laisser rejoindre le lac Champlain.

D’ici là, nous nous attendons à faire face à plusieurs autres défis auxquels nous n’auront pas pensé.

Malgré tous les facteurs inconnus, nous sommes reconnaissants d’être en santé et en compagnie de nos filles.

Depuis le début de la gestion de cette crise, elles sont extraordinaires. Elles nous confient leurs états d’âme, nous réconfortent quand nous craquons et nous allègent le coeur quand elles éclatent de rire toutes les trois ensemble.

Le deuil est entamé. Les larmes soulagent maintenant. Voguons vers la sécurité. On espère…

Je veux remercier tous les gens qui nous manifestent leur soutien et qui pensent à nous. Tous les gens qui s’informent de notre plan de match et de nos conditions de vie. Sachez qu’à part une grande inquiétude, nous ne pourrions pas être mieux que maintenant. Sauf peut-être d’être près de vous au Québec, au Canada. Merci xxxxx