Adieu Océo

La rentrée scolaire est arrivée. Les filles sont retournées dans leur monde terrestre. Sébastien aussi, depuis plus longtemps que nous. Et moi, je me vois devant des possibilités infinies. Je me laisserai le temps de choisir. Mais mon avenir rapproché ne se passera pas sur l’eau.

Il m’en a fallu du temps… je ne m’en sentais pas le courage de vous partager la nouvelle. Nous avons vendu Océo. La transaction s’est conclue à la fin du mois d’avril, bien rapidement, sans pouvoir rencontrer les nouveaux acheteurs, sans pouvoir retourner voir notre Océo une dernière fois. Un peu brutal comme procédé pour se séparer d’un bateau qui était presque devenu un membre de la famille.

Une boule dans la gorge, un nœud dans l’estomac, un solide nœud de chaise qui a beaucoup tiré sur mes émotions.

Les flashbacks du voyage me reviennent souvent, les uns après les autres : quand je fais le lavage, je me revois à la buanderie de Georgetown. Quand je fais l’épicerie, je me rappelle des produits que nous achetions régulièrement dans notre périple. Un coucher de soleil, caché par ces tonnes d’arbres, caché par ce monde terrestre qui finalement ne m’avait pas tant manqué… l’horizon à perte de vue qui s’est rétrécit beaucoup trop soudainement à mon goût.

Une chance, il y a le baume de ma famille autour de moi. Prendre le temps de voir mes filles grandir jour après jour est une des choses les plus précieuses qui puisse exister.

Mais je ne peux nier que ce retour terrestre me met crûment en face de ma personnalité de nomade.

Expliquer pourquoi on l’a vendu… misère… Une décision financière bien sûr. Un bateau, ça coûte cher, qu’il soit sur l’eau ou sur la terre. Nous n’avions pas beaucoup d’espoir pour une ouverture des frontières cet été, donc nous avons considéré les frais engagés pour le garder, sans y aller cette année. Et nous ne savons pas quels seront nos plans pour le futur.

Je ne peux qu’espérer que je pourrai naviguer de nouveau, bientôt.

Nous souhaitons que la famille qui a acquis Océo puisse y trouver un cocon aussi confortable que nous. Et qu’il puisse faire leur bonheur dans leurs projets de voyage, quels qu’ils soient.

Adieu mon Océo. Puisses-tu encore porter d’autres gens vers leurs rêves comme tu as su le faire pour le nôtre! Merci!

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