Une dernière aventure: de Rouses Point au Québec – 6 septembre au 13 octobre 2020

Notre dernier mois à la marina Gaines aura été doux. Gaby, Darwin, Luke et Fred ont pris soin de nous. Ils ont ouvert leur tout nouveau lounge à notre usage exclusif. Les filles en ont profité à plein, c’était également un lieu parfait pour faire un peu d’école en mode accéléré, question de prendre une ou deux semaines de congé pour le déménagement.

Moment important : nous avons célébré notre 1 an de voyage le 10 septembre. La marina déserte a offert un terrain de jeu idéal pour une chasse au trésor, activité préférée des filles!

Puis un apéro de luxe et nous ouvrons la super bouteille de champagne, cadeau de Benoit avant qu’il nous quitte l’an dernier.

Merci Benoit!

Et soudainement, tout s’est enchaîné : sortie de l’eau le 24 septembre, location du camion, vider, laver puis hiverniser Océo.

Et nous voilà sur le chemin du retour, Seb et Livia dans le camion, les grandes avec moi à pied par la route. Il n’y a que trois places assises dans le camion. Ce serait vraiment pas de chance de se faire arrêter par la police, si près de notre but!

Eh oui, petite aventure en soi, passer les douanes à pied, c’est une première pour nous! À part un petit crachin qui s’est intensifié à 5 minutes des douanes, la marche était agréable.

Les douanières étaient très gentilles. Elles ont posé beaucoup de questions, surtout sur notre voyage. Elles ont jeté un œil au méga bardas dans le camion (ça pourrait décourager les plus audacieux d’y entrer!!). Il faut dire que j’avais fait une liste assez exhaustive du contenu ainsi que de nos achats de la dernière année. Ce qui fait que nous avons eu notre tampon d’entrée rapidement.

Notre super ami et voisin nous attendait à la douane pour nous ramener. Chez nous.

LE RETOUR

Quand nous avons atterri au Québec, dans notre maison, j’ai cru que c’était à cette minute précise que le voyage se terminait. J’avais tort. Nous ne sommes pas encore tout à fait revenus.

La retour à la vie terrestre, c’est un peu comme être comme sur un nuage : un peu doux comme en flottement, mais ne sachant pas quand il va éclater. Les repères ne sont plus les mêmes, on ajuste les routines, les émotions, la vie en famille.

Je me suis prise plusieurs fois à errer comme une âme en peine, de pièce en pièce, me demandant ce que je pourrais bien faire de tout cet espace… alors que je m’accommodais très bien du grand infini de l’horizon. Paradoxe.

Appréhendant le retour, j’ai été heureuse de voir que la vue de mon petit croissant de rue me réjouissait, tableau paisible avec ses grands arbres déjà pleins de couleur.

J’ai fait des tonnes de brassées de lavage, tout ce que j’ai ramené du bateau sentait l’humidité. La belle excuse!

Pour les filles, ouvrir nos boîtes correspondait à autant de trésors découverts.

Elles se balancent ensembles dans la cour. Jouent au badminton. Retrouvent le plaisir de bouger partout.

Au fur et à mesure que le concret prend la place, nous retrouvons notre vie terrestre.

Les souvenirs refluent lentement, un à un, au fil des conversations, aux repas.

Le plus pénible pour les adultes est de rentrer dans la cohue administrative. Seb a passé des heures au téléphone pour régler des détails insignifiants.

Notre quarantaine, qui se termine aujourd’hui, nous a donné le temps de préserver notre bulle familiale tout en nous occupant de nous réinstaller.

Nos voisins précieux se sont occupés de notre épicerie, se sont occupés de nous.

Ma tante et ma grand-mère sont venues nous faire un coucou, de la voiture, dans l’entrée. Cette petite visite a ouvert la digue des retrouvailles. Et le gâteau mousse de fête était le meilleur que j’avais mangé depuis longtemps! Miam!

Mon préféré en plus…

Le bruit de la pluie sur notre toît est bien différent de celui qu’elle générait sur le pont d’Océo.

Et le bleu de la mer a fait place au vert des arbres, et au blanc de nos murs. Blanc, un peu comme la page blanche qui s’étend devant nous. La toile blanche que peu à peu nous remplirons des couleurs de notre nouvelle vie. Peut-être, si nous sommes chanceux, comportera-t-elle un bleu12 ou un bleu25!

Côte Atlantique, île de Bimini, plage Radio

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Alors ça y est. Cette fois, c’est vraiment tout.

Comment écrit-on le dernier chapître d’une telle aventure?

Premièrement, il faut remercier les gens qui nous ont suivi tout le long de cette année hors du monde « habituel ». Grâce aux commentaires reçus suite aux publications sur le blogue, nous avons senti que ces gens étaient avec nous et quoi de plus rassurant, quand on se retrouve loin de chez soi, que de savoir que des personnes qui nous sont chères pensent à nous.

Cette aventure a connu une fin abrupte et inattendue. Mais comme pour pas mal tout le monde sur la planète, le virus a influencé les modes de vie et les projets. À travers tout ce tumulte, nous nous considérons chanceux. Le mode de vie de notre voyage s’inscrivait parfaitement dans un mode de confinement et d’auto-suffisance. Nous n’avons pas eu à modifier notre façon de vivre comme la plupart d’entre vous. Nous n’avions pas à aller au travail, nous étions déjà coupés de la présence physique de nos proches. L’impact sur nous au quotidien a donc été minime.

La perte de plusieurs êtres chers au cours de notre voyage a été plus difficile émotivement. Elle aurait été tout aussi dure si nous avions été à la maison, confinés.

Nous n’avons pas vu les Antilles et Grenade. Mais nous avons rencontré des tonnes de nouveaux amis. Il y a eu des déceptions et des grandes joies. La plus grande surprise a été la façon dont les Américains ont pris soin de nous. Partout où nous sommes passé, les gens tenaient à ce que nous ayions ce dont nous avions besoin. Et que nous soyions heureux.

Au final, peu importe la destination et le nombre de miles (nautiques) parcourus, le voyage a principalement été humain. Ce qui est une bonne nouvelle. Parce que ça veut dire… que ça ne peut que continuer. Merci. À tous. Pour tout. Et peut-être à la prochaine!

Merci d’avoir voyagé avec nous sur Océo!

3 commentaires sur « Une dernière aventure: de Rouses Point au Québec – 6 septembre au 13 octobre 2020 »

  1. Wow ! Tu devrais le faire relier comme souvenir pour les filles plus tard! J’ai beaucoup aimé vous suivre avec toutes les photos et les détails…j’avais l’impression d’espionner des gens qui s’y attendent et m’ouvrent leur porte!!!
    Mélanie se souviendra certainement de la date de votre départ car c’était son anniversaire le 10 septembre.
    En passant ton gâteau-mousse a l’air délicieux!

    Bon retour à vous 5 et bon retour aux filles à l’école et vous aux travail?

    Au plaisir de se revoir…un jour!!!

    XOXOXOXOXO

  2. Belle expérience de vie! Je vous souhaite que vous puissiez terminer le périple au moment opportun ! Merci de nous avoir partager tout ça! C’était extraordinaire !!
    Merci!

  3. J’avais dans la barre de favoris de mon fureteur web du travail le lien vers le site web. Oui, j’y aie jeté un coup d’œil à l’occasion voir où tout ce vent allait vous conduire.

    Je suis nostalgique avec vous sur la tournure des évènements, mais vous m’avez fait rêver à cette liberté du large. Vous allez en inspirer d’autres à faire de même.

    Merci à vous pour cette belle aventure!

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