Deltaville. Stop. – 14 au 31 mai 2020

Déjà 17 jours que nous sommes arrivés à Deltaville. Le temps a pris une toute autre dimension.

Les travailleurs de l’état de New York (des écluses) sont finalement retournés au travail. L’échéancier donné pour l’ouverture complète du canal Champlain est le 10 août. Une seule écluse pose problème: l’écluse de Whitehall, la C12, celle qui est la plus au nord et qui ouvre les portes du lac Champlain. Les autres écluses pourraient ouvrir le 4 juillet mais il n’y a pas beaucoup d’options d’ancrage ou de marina dans le canal Champlain. Donc pas d’urgence de remonter au nord.

Il nous reste deux options si nous voulons hâter notre retour au Québec: passer par les maritimes, ou sortir le bateau de l’eau. Si nous choisissons cette dernière option nous le ferons dans le coin de Deltaville. Et nous louerions une voiture pour retourner au Québec.

Mais ça ne nous tente pas. Oui, nous avons très hâte d’être de retour à la maison. Mais ce serait beaucoup de coûts et d’incertitude. Les frontières vont-elles rester fermées longtemps? Y aura-t-il une deuxième vague qui nous empêcherait de revenir chercher notre bateau plus tard? Allons-nous enlever tout le gréement d’Océo, l’hiverniser, remplir un camion de déménagement et revenir… en quarantaine au Québec?

Les Maritimes posent également beaucoup de contraintes. Le brouillard et le froid entre autres. Et aussi, des gens que nous connaissons y sont maintenant parvenus et font face à plusieurs restrictions. Il est bien sûr interdit de se promener à terre, parfois même difficile de se ravitailler.

Notre dernière option, malgré que nous aurions à faire face à une très longue attente, serait de rester ici, à Deltaville. Il faut dire que nous y sommes TRÈS bien.

À notre arrivée, Maryse de Boréal Blues s’est assurée que nous soyions au courant de tous les petits trucs et astuces de la place.

Le propriétaire de la marina et son petit-fils, Dennis et Lucas, sont très accueillants. On peut rester à l’ancre et payer un frais d’utilisation pour les facilités de la marina, qui incluent toilettes et douches propres, lavage, terrain immense pour se dégourdir les jambes et surtout, une superbe piscine qui fait le bonheur des filles (et de nous aussi, surtout quand il fait très chaud!).

Nous pouvons aussi aller marcher dans le sentier nature qui mène au musée de l’autre côté du boisé. Le musée est fermé mais la promenade vaut la peine, la forêt est superbe et on y croise même des chevreuils régulièrement!

J’ai aussi osé prendre le véhicule de courtoisie pour aller faire une épicerie. Tout le monde ici porte un masque, les gens prennent le virus au sérieux et se dotent des moyens pour éviter la propagation. C’est peut-être pour ça qu’il n’y a presque pas de cas de COVID dans les environs.

Nous nous sentons assez en sécurité pour « fréquenter » des gens. Nous avons la chance d’être à l’ancre avec plusieurs bateaux québécois: Boréal Blues, Sous le vent, Subtil, Au gré des vents… François de Alegria nous avait aussi rejoint pour un temps. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu autant d’amis francophones pour nous entourer.

Les filles aussi sont contentes, elle se sont enfin fait une amie qui parle français! Et on a pu faire un échange de livre! C’est bien de voyager en pays étranger, mais ça fait du bien de reconnecter avec nos racines!

Préparation d’un échange de livres

À Deltaville, je me sens totalement hors du temps. Il m’est impossible de me rappeler les dates exactes de notre arrivée, du jour de l’épicerie, du dernier lavage… Nous laissons la vie nous mener doucement. Ça fait drôlement du bien!

Vous devinez donc que notre option privilégiée est d’attendre ici que les écluses ouvrent. Oui, nous resterions environs 2 mois au même endroit. Mais comme pour l’instant tout est fermé, et même si tout ouvrait, voudrions-nous aller visiter une grande ville comme Washington? Ou aller fréquenter des tonnes de petites plages où les risques de contracter le virus est plus grand? Nous avons arrêté notre périple de deux ans pour mettre notre famille en sécurité. Nous pensons donc que notre choix le plus conséquent est de nous exposer le moins possible. Ici, on se sent bien.

Alors ici ce sera. Pour l’instant.

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