De la belle visite – 9 au 16 février 2020

Il vente.

C’est pour ça qu’on a pris la marina un peu d’avance à Nassau. Ça nous permet aussi de faire un peu de lavage et de ménage d’Océo pour recevoir notre visite qui arrive demain. Nos voisins et amis, Jacques et Lucie, viennent nous rendre visite dans les eaux turquoises des Bahamas. Ils arriveront à Nassau demain et repartiront de Staniel Cay par un petit avion qui les ramènera à Nassau le 19.

Le 10 février, nous faisons une dernière (et gargantuesque) épicerie, question de ne manquer de rien dans les Exumas. Notre visite arrivera un peu en retard, une tempête de neige affecte les vols de Montréal cette journée-là. Nous sommes un peu déconnecté de la réalité hivernale du Québec, bien sûr nous nous tenons au courant de ce qui s’y passe mais il est bien différent de vivre cette réalité et de la voir sur un écran électronique. Depuis notre arrivée aux Bahamas, la température varie rarement. Elle se situe toujours entre 23 et 26 degrés Celsius et les nuits on obtient du 20 à 22 degrés. Les deux seuls facteurs qui influencent le niveau du thermomètre sont les nuages et le vent. Et même dans ces cas-là, nous sommes plus que confortables!

Nous profitons de l’excuse d’avoir des visiteurs pour nous payer le luxe d’un restaurant, le très connu (auprès des gens de bateau) Poop Deck. Nous faisons un petit festin de fruits de mer en espérant attraper ces prises nous-mêmes éventuellement. Les occasions de pêcher ont été rares et Sébastien a bien hâte de nous rapporter sa première prise.

Sur le menu du Poop Deck ce soir…

Le lendemain, départ vers Highbourne Cay. Nous avons envie de partager les lieux que nous avons aimé avec nos amis. Il vente tout de même encore un peu (beaucoup) et la houle est bien installée sur le banc. Une chance que notre visite n’est pas trop sensible au mal de mer. Pour bien faire, le vent souffle dans la même direction que la plupart du temps que nous avons passé aux Bahamas : dans notre face! Voici donc un nouveau point cardinal pour les gens de voile aux Bahamas : DANS FACE!

Notre ancrage est quand même très confortable, juste un peu plus rouleur que ce à quoi Highbourne nous avait habitué. Notre navigation a été un peu plus longue que prévu ce jour-là, nous nous reposons au bateau et nous irons voir les iguanes le lendemain matin.

Les couchers de soleil d’Highbourne

12 février. Il vente toujours, du 10 à 15 nœuds soutenu, ce qui nous lève une belle vague bien mouillée pour une expédition à 7 personnes dans un Zozo habitué à 5! Une chance, il fait beau, il fait chaud, les iguanes sont au rendez-vous et la plage est magnifique.

Nous nous rendons compte que sans le savoir, nous avons dû visiter Leaf Cay au « slack » la dernière fois. Le slack est le moment où le courant de marée s’inverse et où le courant perceptible à un certain endroit est presque nul. Les filles essaient de faire un peu d’apnée mais nous avons presque le cœur qui arrête à les voir dériver si vite! C’est vrai, je suis un peu « chicken » quand il s’agit de mes filles, mais bon, on ne veut pas qu’il leur arrive quelque chose!

On ne voit pas le temps passer. On est parti en milieu de matinée en se disant qu’on allait revenir pour le dîner. Alors, sans horloge, quand on a eu faim, on est retourné à Océo pour se rendre compte qu’il était déjà 15h! Quand même fascinant de perdre autant la notion du temps.

13 février. Nous quittons Highbourne pour Norman’s Cay. C’est vraiment dommage que nous n’ayions pas pu montrer Highbourne sous son meilleur jour à nos visiteurs. Il vente encore pas mal.

Nous faisons de la voile décevante, le vent est presque DANS FACE, nous sommes au près serré avec un beau 15 nœuds de vent mais nous n’avançons pas à notre goût. On rentre toute la toile et on va s’ancrer dans le canal de Norman’s. Il y a seulement deux catamarans à l’ancre à notre arrivée. Ils partiront dans le courant de l’après-midi… nous sommes seuls à Norman’s. Seuls à Norman’s, est-ce que ça s’est déjà vu??

On doute presque de notre choix d’ancrage, mais lorsque les vents se lèvent un peu et que nous voyons les mâts des bateaux à l’ouest de l’île se dandiner d’un côté et de l’autre, pendant que nous sommes presque dans un calme plat, nous confirmons notre choix!

Coucher de soleil à Norman’s et on aperçoit l’avion à droite

14 février. C’est la St-Valentin. J’avais heureusement mis en stock un boîte de Skittles pour les filles et Mathilde avait préparé en cachette une carte faite maison pour chaque personne. C’était parfait. Et ça nous fait réaliser la commercialisation des fêtes dans notre Amérique du Nord où tout est (trop) facile d’accès.

Nous commençons notre journée avec une plongée en apnée à l’avion coulé. Plein de poissons nous y attendent en plus d’une grande raie presque toute camouflée dans le sable. De la surface, on ne dirait pas que l’avion est aussi gros. Et on a bien choisi notre timing, cette fois, on est bien au « slack » et on peut se promener aisément autour de l’avion!

Tellement fière de ma grande fille, maintenant une pro de l’apnée

Nous décidons de partir l’après-midi même vers Shroud Cay. Il y a tant à voir et si peu de temps… Nous voulons aller explorer la mangrove le lendemain matin très tôt, il est donc préférable d’y être déjà ancré. Quel lieu magnifique. L’eau est si claire… On se baigne derrière Océo jusqu’à « l’heure des requins ».

Nous avons un peu peur des requins. Malgré tous les reportages nous les présentant sous leur meilleur jour, il reste que ces bêtes reines de l’océan sont plutôt impressionnantes lorsqu’on les rencontre dans leur environnement. Il est donc déconseillé de se baigner entre 16h et 9h du matin, principalement dans les heures de pénombre qui sont celles où le requin chasse le plus. Nous adhérons à ces recommandations. Mais j’ai bien hâte au moment où nous pourrons être dans l’eau en même temps que ces grands poissons et où nous pourrons nager en étant confortables en leur présence.

Coucher de soleil sur Shroud Cay
Spectacle du jour de la croisière: Livia la magicienne!!

15 février. La mangrove. Écosystème extrêmement important pour la regénération des espèces marines. C’est une pouponnière naturelle qui permet la reproduction des espèces et qui a même réussi à regénérer une population de poisson qui habite à 60 miles de là. Quel magnifique paysage nous avons la chance de découvrir. L’eau grouille de vie marine. Nous nous sentons privilégiés!

La plage au bout de la mangrove est à couper le souffle. Des couleurs brillantes, du sable comme du sucre en poudre.

Il est très difficile de sortir tout le monde de l’eau pour retourner avant la marée basse. C’est magnifique, mais on ne voudrait pas rester coincé ici!

De retour sur Océo nous nous baignons encore. Trois rémoras nous ont adopté. Ils vaquent tranquillement à leur nettoyage de la coque d’Océo pendant que nous nageons autour d’eux. Il y en a même un qui doit nous prendre pour une baleine, il a collé son front de ventouses sur Océo et il semble bien installé!

16 février. Debout très tôt, nous quittons pour Warderick Wells. Un petit 3h30 de navigation et nous sommes rendus au croissant bleu. Le capitaine est un peu stressé, il y a plusieurs bateau déjà au mouillage et celui que l’on nous a assigné se trouve presque tout au fond. On lit la couleur de l’eau pour savoir de quel côté des bateaux nous devons passer. Nous n’accrochons rien et je ramasse la corde de mouillage. C’est lourd!! Je n’avais encore jamais vu d’attache aussi grosse. Je réussis à nous attacher, enfin, nous pouvons relaxer.

Et enfin, nous allons découvrir ce lieu mythique qu’est Boo Boo Hill. Une histoire veut qu’un bateau ait coulé au large de l’île en emportant la vie de tous les passagers. On dit maintenant que les jours de pleine lune, on peut les entendre dans le vent. Pour contrer le mauvais sort, il faut donc faire une offrande à la colline, qui se traduit pour presque tout le monde par un morceau de bois de grève avec le nom de notre bateau gravé ou peint. Puis on dépose notre morceau de bois (ou peu importe l’offrande) au sommet de Boo Boo Hill.

Seb s’est occupé de graver notre planche et de la fixer, tout en haut des pancartes aux noms de ceux qui nous accompagnent cette année. Pas tous des gens que nous connaissons personnellement, mais des noms que nous voyons sur l’eau ou que nous entendons dans la radio VHF. Sans être amis, ce sont tout de même nos compagnons de voyage. Je trouve ce lieu spécial. Il m’inspire.

Nous allons aussi voir les blowholes mais malheureusement, il ne vente pas assez fort pour en profiter.

Nous retournons à la plage où le parc met à notre disposition des chaises longues et des kayaks gratuitement.

On est bien à Warderick Wells
Pas besoin de cahiers, on écrit sur la plage!

Nous n’utiliserons ni l’un ni l’autre, trop occupés que nous étions, les filles et nos visiteurs à jouer dans l’eau et moi à aller nager avec une tortue! Oh oui! J’ai nagé avec une tortue, elle m’a même permis de flatter sa carapace. Quel moment de bonheur. Une pause dans l’univers, ce pour quoi nous faisons tant d’efforts, des moments volés au temps. Un privilège à savourer entièrement.

Nous devons ensuite décider si nous restons un jour de plus dans ce paradis ou si nous quittons le lendemain matin en direction de Staniel Cay. Les vents doivent forcir de nouveau, nous n’aurons peut-être pas le choix de partir si nous voulons être à Staniel Cay pour être certains que notre visite prenne son avion. À suivre…

2 commentaires sur « De la belle visite – 9 au 16 février 2020 »

  1. Belle visite en effet! Tant mieux pour vous…En passant: même au Québec, les jeunes et moins jeunes font encore des cartes maisons personnalisées…
    Bonne continuité à vous…Quelle est votre date de retour?
    XXxxx

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