Passage en mer, 20 et 21 novembre

Durée: 21 heures.

Cest fou comme le temps perd tout son sens lorsque l’on est en mer. On est régi par le soleil qui doit malheureusement nous quitter lorsque son voyage s’achève sur l’horizon. On se sent bien seul quand il nous lâche la main pour passer de l’autre côté.

La lune, cette grande dame, est arrivée un peu tard dans notre périple nocturne. Nous l’avons attendue jusqu’à 1h du matin. Nous sommes tombés dans sa semaine de grasse matinée.

Une grande partie de notre sortie en mer s’est donc déroulée de nuit.

Pour commencer notre navigation nous devions passer un pont qui, nous le savions, est moins haut que le 65 pieds recommandé. Mais moins haut de combien? Après avoir fouillé un peu nous sommes tombés sur ceci:

Déchiffrage du code secret…

Bon.

On calcule notre hauteur de marée et on se dit qu’on ne peut pas passer ce pont plus tard que 12h30 sinon la marée aura trop monté et nous serons coincés à Beaufort.

Nos calculs étaient bon et si nous avions attendu plus tard nous n’aurions pas passé.

Le problème, c’est que ce départ hâtif nous fait arriver un peu trop tôt à notre inlet d’entrée (l’endroit où on passe de la mer à l’intérieur des terres). Il n’est pas recommandé d’entrer dans un inlet de noirceur… Nous décidons de réduire notre vitesse en chemin pour compenser.

Les premières heures se passent bien. La mer est calme, Il y a des tonnes de dauphins, tout va bien. Mathilde a pris des comprimés Gravol,  pas question pour elle d’être malade le jour de sa fête!!

Le soleil se couche et c’est la nuit noire. Une nuit noire étrange. On dirait qu’un brouillard noir s’étend sur l’océan de notre côté gauche. Il n’est que 18h. Sur notre droite défilent les dernières lumières visibles de la côte. Toutes les autres lumières seront celles de navires.

Toutes? Non. Il fallait bien un peu de piment dans cette aventure! La noirceur finissait tout juste de nous envelopper, je venais de descendre à l’intérieur pour aller chercher de quoi grignoter quand Sébastien m’a rappelée à l’extérieur d’un ton pressant.
-Que se passe-t-il?
-Je viens de voir 3 flares rouges.
-M****

Les feux de détresse sont utilisés… en cas de détresse. Un bateau a des problèmes, probablement graves. Le stress monte, nous notons notre position puis nous appelons la Garde Côtière américaine. Après avoir pris toutes les informations que nous pouvions leur donner, ils nous demandent de rester standby et qu’ils vont nous rappeler par téléphone si besoin est.

Quelques minutes plus tard, l’officier à qui j’ai parlé me rappelle et me raconte avec un peu de furie dans la voix que l’armée faisait des tests pyrotechniques ce soir et qu’ils ont « oublié » d’avertir la Coast Guard. Le monsieur, il était pas content!

Alors mis à part cet incident et une noirceur un peu stressante, la traversée s’est bien passée.

Bien sûr, les prévisions de vents et de vagues ont un peu enflé vers la fin du parcours. Et nous avons aussi testé une autre chose à ne pas faire: rentrer dans un inlet à marée descendante avec un vent qui souffle contre le courant de marée! Ah ça, je ne m’y ferai pas reprendre! Des vagues pas belles du tout nous attendaient et nous avions bien hâte de franchir les breakwaters! Une chance que nous soyions arrivés de jour!

Nous nous ancrons juste derrière nos amis de Jazzy Lady qui nous attendaient sur leur pont pour nous crier la bienvenue!

Seb est allé se coucher, moi j’ai préparé un gâteau et une lasagne et nous allons bientôt découvrir la belle Cumberland Island à côté de laquelle nous sommes ancrés. Bonne nuit tout le monde!

Un commentaire sur « Passage en mer, 20 et 21 novembre »

  1. Bonne fête en retard ma belle Mathilde!!! J’espère que tu profites de tous les beaux moments qui s’offrent à toi. Je pense souvent à vous!

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