Traversée Sandy Hook – Cape May, 12 et 13 octobre 2019

Enfin. Notre fenêtre météo s’ouvre. Mélissa la tempête tropicale fait son chemin vers le nord et la mer commence à se calmer. Je dis bien commence.

Les prévisions étant ce qu’elles sont (des prévisions!) nous ne savons pas exactement comment la mer aura décidé de réagir après le passage de Mélissa. C’est pour ça qu’il est important de partir avec des conditions plus que confortables pour tout l’équipage.

Nos prévisions nous donnaient une vague longue (donc plus confortable) de 4 à 6 pieds qui allait en diminuant vers 3 à 5 pieds.

Nous nous sommes donc lancé dans l’océan samedi le 12 octobre vers 15h. Nous dépassons la pointe de Sandy Hook et ses plages immenses avec fébrilité.

Puis nous rencontrons la mer. La vraie.

Les filles sont restées dans le cockpit avec nous jusqu’à 20h, l’heure du dodo. Mathilde et Daphnée se sont endormies avec nous pendant que Livia ralliait sont lit. C’est à peu près à ce moment que nous avons réalisé que nous ne pourrions pas compter sur notre pilote automatique pour la traversée. Peut-être mal ajusté, il ne répondait vraiment pas bien aux vagues de l’océan. Nous avions déjà décidé de faire des quarts, nous nous préparions maintenant à une expérience un peu plus intense.

Je peux dire qu’il a fait un temps magnifique. Un peu froid vers le milieu de la nuit mais nous étions bien habillés.

Je peux aussi dire que nous avions une lune (presque) pleine vraiment éclatante. Une chance, elle nous permettait de voir venir les vagues.

Et je peux aussi le dire, je vous l’avoue, j’étais terrorisée! Je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai vite réalisé que pour moi, une mer de 4, 6, 9 pieds, c’était peut-être un peu trop gigantesque pour une première expérience. J’ai un peu figé. J’aurais pris la barre si il avait fallu mais j’ai préféré la laisser à Seb et Benoit. J’ai barré un peu à l’approche de Cape May, les vagues et mon petit cœur s’étant calmés. Sébastien a vraiment été mon héros cette nuit-là, il a barré pendant 5h consécutives de nuit, laissant la barre à Benoit pour le lever du soleil.

Avons-nous eu le mal de mer? Sébastien et moi avons mis des timbres de scopolamine, pour être certains d’être efficaces. Benoit avait ses propres trucs. Et nous n’avons pas donné de médicament en prévention aux filles. Livia et Daphnée jouaient comme sur la terre ferme et s’amusaient même de nos cabrioles dans les vagues. Mathilde a été un peu plus sensible, en plus de se sentir mal d’être la seule à être incommodée. Alors Benoit a compati, il a été malade un grand coup juste pour la rassurer (hihi!). Elle est allée se coucher et le repos a fait son œuvre. Le lendemain elle se sentait mieux.

La traversée aura duré un peu plus de 20 heures. Un 20 heures au bout desquels j’aurais pensé, à un moment de la traversée, vendre le bateau et voyager autrement. Mais lorsque j’ai eu passé un moment à la barre, j’ai réalisé que ma panique s’était envolée, laissant la place à un grand respect pour cette nature si immense, si puissante. Je n’avais plus peur. Océo m’avait prouvé sa valeur, tout comme mon capitaine qui a su le mener de main de maître!

Et les prochaines traversées se feront avec des vagues un peu moins grosses!!!

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