École d’Océo – Bilan janvier 2021 – Livia, maternelle

Pour ceux qui reçoivent de nos nouvelles par courriel… Cet article est dédié au suivi de l’école et s’adresse principalement aux enseignantes qui s’occupent d’évaluer les filles. Mais vous êtes tout à fait les bienvenus de lire ce qui suit si notre cheminement scolaire vous intéresse! 🙂

Matériel utilisé par Livia
MatièresLivia, Maternelle
Initiation à la lectureCahier J’apprends à lire
Initiation à l’écritureCahier Pirouette
Activités variéesCahier Toute ma maternelle
Ateliers variésCamelot Jr, Quadrillon, Lego, etc.
Supports physiqueMultiples : Casse-tête, Alphabet, etc.
Matériel d’art et bricolageTout ce qui lui tombe sous la main!
Fonctionnement de notre école-maison

Nous faisons l’école du lundi au jeudi, de 9h à 15h, mais sans nous limiter à cet horaire.

Apprentissages de Livia

Les objectifs de Livia sont très généraux.

Elle est déjà très dégourdie socialement et prend part sans problème aux conversations ou aux activités proposées.

Au début de l’année elle savait écrire son prénom ainsi que les chiffres de 0 à 9.

Elle bricole de façon naturelle avec tout ce qui peut lui tomber sous la main (par exemple, faire de nouveaux vêtements à ses poupées avec des retailles de papier, des rouleaux de papier de toilette ou encore, avec des chaussettes trouées!). Elle manipule très bien tous les outils nécessaires : ciseaux, colle, pinceaux, etc.

Le nom des couleurs est une notion acquise tout comme différencier la gauche de la droite. Elle est même consciente que pour une personne qui lui fait face, ces concepts sont inversés.

Le focus est donc mis sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. La progression de la reconnaissance des lettres est excellente.

Elle connaît aussi par cœur la chanson de l’alphabet et peut placer correctement les lettres dans l’ordre en se fiant à la chanson.

Placer les lettres dans l’ordre grâce à la chanson – Janvier 2021

Selon les activités, nous pouvons travailler autant avec les lettres majuscules que les lettres minuscules.

Livia aime particulièrement son cahier Pirouette, d’autant que ses grandes soeurs participent souvent aux activités physiques proposées! En janvier 2021, nous sommes sur le point de le terminer.

Cahier préféré de Livia

On touche bien évidemment aux concepts mathématiques. Pas de problème de ce côté-là non plus.

Les ateliers sont aussi un moment agréable. Elle adore pouvoir faire « l’école comme les grands », c’est à dire travailler de façon autonome sur quelque chose.

Activités et projets individuels et collectifs – autonomes et dirigés

Des activités dirigées :

Activités autonomes: les filles, de par elles-mêmes, s’intéressent souvent à un projet en particulier. Elles vont chercher les bases disponibles puis elles mettent en œuvre leur projet. En voici quelques exemples :

Trousse de découpage

Nous avons une petite trousse de projets de découpage. Lorsqu’il lui en prend l’envie, Livia réalise un projet. Découpage et coloriage au menu.

Le masque
Nounours au lit

L’amour du dessin – autonome

Partout et à toute heure du jour, tout prétexte est bon pour dessiner.

Projets spéciaux

Fête des morts (El Dià de los muertos) – collectif – dirigé

La fête de Halloween s’étant présentée de manière différente cette année à cause de la COVID, nous avons plutôt décidé de mettre le focus sur une autre « version » de cette fête qui se célèbre chez nos voisins du Mexique : El Dia de los Muertos.

Nous avons tout de même gardé la base de Halloween: nous avons fabriqué des bonbons maison! Et pour introduire les principes de fabrication nous avons visionné l’épisode Fabrication de bonbons de la série C’est pas sorcier.

Pour la Fête des Morts, nous avons commencé par les notions : quelle en est la signification, comment la célèbre-t-on, quels sont les objets nécessaires, etc…

Puis nous avons visionné le film Coco qui a rendu ces notions théoriques très concrètes.

Le lendemain nous avons fabriqué un Altar. En 2020, nous avons perdu des gens que nous aimions : le grand-papa des filles et une très bonne amie à moi. Nous avons pu placer leurs photos sur notre autel et se souvenir de leurs caractéristiques, ce qui nous a permis de leur composer un poème/texte.

Nous avons aussi fabriqué des papel picado pour embellir le tout.

Les filles ont particulièrement aimé les couleurs des calaveras. Livia voulait en recopier pour décorer sa chambre.

Forces de Livia
  • Ses capacités sociales et son adaptabilité. Elle peut jaser avec n’importe qui de n’importe quel âge.
  • Sa bonne humeur et son optimisme.
  • Sa conscience de son environnement. Elle pose beaucoup de questions pertinentes sur ce qui l’entoure.
Points à travailler de Livia
  • Ici ce serait plutôt à maman de veiller au grain. Livia participe bien lorsque des activités lui sont proposées. Mais il arrive souvent que maman professeur doive passer plus de temps pour expliquer des notions aux grandes de 3e et 5e année. Livia étant efficace dans ses activités, elle se sauve en douce pour vaquer à des occupations d’enfant! Rien que de très normal… mais à surveiller pour une entrée à l’école l’an prochain!

École d’Océo – Bilan janvier 2021 – Mathilde, 5e année

Pour ceux qui reçoivent de nos nouvelles par courriel… Cet article est dédié au suivi de l’école et s’adresse principalement aux enseignantes qui s’occupent d’évaluer les filles. Mais vous êtes tout à fait les bienvenus de lire ce qui suit si notre cheminement scolaire vous intéresse! 🙂

Matériel utilisé par Mathilde
MatièresMathilde, 5e année
FrançaisCahier Arobas 5e année
Stratégies de lectureCahier Texto 5e année
MathématiqueCahier Caméléon 5e année
AnglaisCahier Spirals 5e année
GHECCahier Sur les rails 5e année
ComplémentCahier Toute ma 5e année
Leçons, Vocabulaire et Tables de multiplicationReliure avec mots de vocabulaire et Tables de multiplication jusqu’à 12  
Fonctionnement de notre école-maison

Nous faisons l’école du lundi au jeudi, de 9h à 15h, mais sans nous limiter à cet horaire. L’accent est mis sur les mathématiques, le français, le GHEC et l’anglais. Les autres matières s’intègrent dans des activités collectives pendant les périodes restantes.

Le vendredi est dédié au contrôle du vocabulaire, des verbes et des tables de multiplication. Cette mini évaluation hebdomadaire est basée sur les leçons données à la semaine.

À gauche le cahier de planification (agenda maison) et à droite le cahier des leçons
Début de l’année : Activité collective – Bilan du voyage

Nous avons réalisé une activité un peu touche-à-tout qui nous a permis de faire un bilan de notre année de voyage tout en amorçant la nouvelle année scolaire.

Progression de Mathilde – Français (Lire et Écrire)

Les activités se réalisent rapidement; c’est une matière facile pour elle.

Nous avons terminé le cahier Arobas A juste avant les Fêtes.

En grammaire nous avons donc vu : le nom, le déterminant, l’adjectif, le verbe, le pronom, les règles de formation du féminin, les règles de formation du pluriel, le groupe du nom, les accords dans le groupe du nom, le sujet, l’accord du verbe avec le sujet, l’adverbe, les adverbes en -ment, la préposition et quelques homophones (a/à, la/là/l’a, on/on n’/ ont).

Les mots de vocabulaire sont appris en leçons à raison d’un bloc par semaine.

Les notions de vocabulaire ont porté sur les synonymes et les antonymes, les mots liés à un thème, les familles de mots et la formation des mots.

Nous avons vu l’infinitif des 21 verbes des outils Arobas ainsi que leurs conjugaisons aux temps suivants : présent, imparfait, futur simple, conditionnel présent et futur proche. Nous sommes présentement en train de terminer l’apprentissage des conjugaisons au participe présent, participe passé et passé composé.

Nous étudions les stratégies de lecture avec le cahier Texto et les stratégies ADEL. Nous faisons régulièrement des exercices de compréhension de lecture. Les réponses de Mathilde sont complètes et bien développées. La seule difficulté rencontrée est de bien lire la question et de répondre à TOUTES ses facettes.

Travail en compréhension de lecture – Arobas

Malgré que notre collection de livres soit assez grande, nous empruntons aussi des livres à la bibliothèque municipale. Principalement pour Mathilde qui dévore tout ce qu’il y a à lire. Elle commence à lire des romans plus gros.

Nous faisons aussi des activités d’écriture. L’étape de composition se passe très bien. Nous travaillons à l’organisation des idées et nous faisons un bon travail d’auto-correction. Quoique Mathilde ne fasse pas beaucoup de fautes dans son premier jet.

Objectifs en français

Les objectifs en français pour la deuxième étape sont de :

  • terminer les notions du cahier Arobas B
  • continuer d’étudier les temps de verbe prescrits pour la 5e année (et enchaîner avec ceux de 6e année si ça continue d’être facile)
  • augmenter le nombre d’activités d’écriture

Nous continuerons évidemment l’étude des mots de vocabulaire de 5e année et le travail sur l’auto-correction.

Progression de Mathilde – Mathématique (Raisonner et résoudre)

Selon les dires de Mathilde, elle serait moins bonne en mathématique. De mon côté, je remarque plutôt que la compréhension des notions prend un peu plus de temps à s’imprégner qu’en français, mais au final, je crois que Mathilde excelle autant en français qu’en mathématique.

Nous avons terminé le cahier A de Caméléon tout juste avant le congé des Fêtes.

Nous avons vu les notions suivantes : les chiffres romains, le dénombrement par groupe de 10, les propriétés des nombres naturels, la représentation des nombres jusqu’à 1 000 000, la valeur de position, la décomposition d’un nombre, la notation exponentielle, la factorisation d’un nombre, la table de Pythagore, la multiplication d’un nombre à 3 chiffres par un nombre à 2 chiffres, la distributivité de la multiplication, la divisibilité, l’estimation et l’arrondissement d’un nombre, l’estimation et la mesure d’un angle en degrés (l’utilisation d’un rapporteur d’angle), le calcul mental, les triangles, le cercle, la technique conventionnelle de la division et les fractions sous TOUS leurs angles (différents sens de la fraction, associer nombre décimal, pourcentage et fraction, ordonner des fractions ayant un même dénominateur/numérateur, ordonner des fractions dont les dénominateurs sont différents, fractions équivalentes (PPCM), réduire une fraction à sa plus simple expression (PGDC), additionner et soustraire des fractions et multiplier un nombre naturel par une fraction). Ouf! Ça fait beaucoup de notions!

Les notions qui ont nécessité un peu plus de concentration sont les propriétés des nombres naturels et les opérations sur les fractions. Nous avons donc effectué plusieurs exercices de consolidation sur ces thèmes.

Les tables de multiplication de 0 à 12 ont été travaillées en leçons et sont maintenant presque acquises. Nous avons commencé les tables de division en janvier.

Nous faisons régulièrement des situations d’application et des résolutions de problème. L’application des notions se fait très bien mais le point à travailler est toujours de ne pas oublier de répondre à la question AU COMPLET.

Objectifs en mathématique

L’objectif ici est plus d’ordre personnel : ne pas se laisser décourager par une notion qui ne rentre pas du premier coup. Concrètement nous effectuerons bien sûr toutes les activités du cahier B de Caméléon. Et nous introduirons les tables de division dans les leçons.

Progression de Mathilde – GHEC

Nous travaillons avec le cahier Sur les rails des Éditions Chenelière. Nous sommes un peu déçues de ce cahier et nous complétons souvent avec les ressources du cahier Escales que nous trouvons sur internet.

Dans ce cahier nous avons vu toutes les techniques pratiques d’interprétation des documents, cartes, illustrations, graphiques.

Nous avons aussi vu la géographie du Canada, la végétation, le relief, les bassins hydrographiques et les régions physiographiques.

Les bassins hydrographiques sont particulièrement concrets pour les filles depuis notre passage des écluses du canal Champlain.

Écluser en famille
La dernière écluse, C12

Mathilde a vu les notions de la société canadienne entre 1745 et 1820, de la Conquête à la transformation du commerce des fourrures vers le bois.

Nous avons aussi commencé et presque terminé le dossier de la société canadienne vers 1820. Nous avons vu la population, le territoire, la vie quotidienne, la culture, les activités économiques et les étapes vers un gouvernement responsable.

Objectifs en GHEC

Nous poursuivrons en janvier pour compléter le programme de 5e année en GHEC.

Progression de Mathilde – Anglais

Pendant le voyage, Mathilde a côtoyé plusieurs amis anglophones. Ce qui lui a amené une fluidité en anglais. Elle comprend la plupart des conversations et son vocabulaire a fait un bond énorme. Les exercices dans le cahier Spirals de 5e année sont faciles pour elle.

Nous avons révisé les formules de présentation, le vocabulaire du matériel scolaire, des actions, des passe-temps, de Halloween et de Noël.

Nous avons aussi travaillé les notions des mots de questions, de l’article a/an, des possessive adjectives (avec l’ajout du ‘s à la fin d’un nom), des pronoms, du present continuous avec la terminaison en ing et l’ajout d’un s aux verbes au présent à la 3e personne du singulier.

Objectifs en anglais

L’objectif sera de maintenir le niveau de conversation qu’elle a acquis en voyage. Ce sera peut-être moins aisé étant donné que nous ne sommes plus en immersion mais nous y travaillerons.

Activités et projets individuels et collectifs – autonomes et dirigés

Les sciences, éthique et culture religieuse, arts, éducation physique et musique se font de façon dirigée ou autonome et souvent de manière collective, c’est-à-dire Mathilde et Daphnée ensemble. Parfois Livia peut se joindre à la même activité.

Parmi les activités dirigées, en voici quelques-unes :

Révision des bases du badminton

Activités autonomes: les filles, de par elles-mêmes, s’intéressent souvent à un projet en particulier. Elles vont chercher les bases disponibles puis elles mettent en œuvre leur projet. En voici quelques exemples :

Création d’une BD – individuel – autonome

Chanson au ukulele – collectif – autonome

Mathilde et Daphnée ont composé une chanson. Elles avaient un ukulele à leur portée. Elles ont composé deux suites de notes. Puis elles ont composé les paroles d’une histoire à chanter.

Création d’un bras articulé avec un aimant au bout – collectif – autonome

Introduction à l’atelier et aux outils nécessaires par papa bien sûr!

Création d’une « cabane délabrée » – individuel – autonome

Projets spéciaux

Fête des morts (El Dià de los muertos) – collectif – dirigé

La fête de Halloween s’étant présentée de manière différente cette année à cause de la COVID, nous avons plutôt décidé de mettre le focus sur une autre « version » de cette fête qui se célèbre chez nos voisins du Mexique : El Dia de los Muertos.

Nous avons tout de même gardé la base: nous avons fabriqué des bonbons maison! Et pour introduire les principes de fabrication nous avons visionné l’épisode Fabrication de bonbons de la série C’est pas sorcier.

Pour la Fête des Morts, nous avons commencé par les notions : quelle en est la signification, comment la célèbre-t-on, quels sont les objets nécessaires, etc…

Puis nous avons visionné le film Coco qui a rendu les notions théoriques très concrètes.

Le lendemain nous avons fabriqué un Altar. En 2020, nous avons perdu des gens que nous aimions : le grand-papa des filles et une très bonne amie à moi. Nous avons pu placer leurs photos sur notre autel et se souvenir de leurs caractéristiques, ce qui nous a permis de leur composer un poème/texte.

Nous avons aussi fabriqué des papel picado pour embellir le tout.

Noël autour du monde – collectif – dirigé

Les activités découper/coller sont toujours populaires. Celle-ci était l’occasion de se rendre compte que la façon de célébrer Noël n’est pas la même partout sur le globe, malgré plusieurs ressemblances.

Forces de Mathilde – selon maman prof
  • Écrire des textes.
  • Elle abat beaucoup de travail en peu de temps, elle est efficace, organisée, et son matériel est très bien rangé.
  • Très créative. Leader naturelle.
Points à travailler de Mathilde – selon maman prof
  • Lire les consignes jusqu’au bout.
  • Ne pas comprendre du premier coup génère un découragement.
  • Difficulté à travailler en équipe (avec sa sœur).
Avis de Mathilde sur son début d’année

École d’Océo – Bilan Janvier 2021 – Daphnée, 3e année

Pour ceux qui reçoivent de nos nouvelles par courriel… Cet article est dédié au suivi de l’école et s’adresse principalement aux enseignantes qui s’occupent d’évaluer les filles. Mais vous êtes tout à fait les bienvenus de lire ce qui suit si notre cheminement scolaire vous intéresse! 🙂

Matériel utilisé par Daphnée
MatièresDaphnée, 3e année
FrançaisCahier Zig Zag 3e année
Stratégies de lectureCahier Texto 3e année
MathématiqueCahier Tam Tam 3e année
AnglaisCahier Spirals 5e année
GHECCahier Panache 3e année
ComplémentCahier Toute ma 3e année
Leçons, Vocabulaire et Tables de multiplicationReliure avec mots de vocabulaire et Tables de multiplication jusqu’à 12  
Fonctionnement de notre école-maison

Nous faisons l’école du lundi au jeudi, de 9h à 15h, mais sans nous limiter à cet horaire. L’accent est mis sur les mathématiques, le français, le GHEC et l’anglais. Les autres matières s’intègrent dans des activités collectives pendant les périodes restantes.

Le vendredi est dédié au contrôle du vocabulaire, des verbes et des tables de multiplication. Cette mini évaluation hebdomadaire est basée sur les leçons données à la semaine.

À gauche le cahier de planification (agenda maison) et à droite le cahier des leçons
Début de l’année : Activité collective – Bilan du voyage

Nous avons réalisé une activité un peu touche-à-tout qui nous a permis de faire un bilan de notre année de voyage tout en amorçant la nouvelle année scolaire.

Progression de Daphnée – Français (Lire et Écrire)

Au début de l’année, nous avons travaillé fort sur la notion des classes de mots. Au mois de novembre, la notion de verbe est devenue plus claire et nous avons pu intégrer les conjugaisons. Étrangement l’apprentissage des verbes à l’imparfait a été très rapide et a permis de bien consolider les connaissances du présent de l’indicatif (et la reconnaissance de l’infinitif).

Nous avons terminé le cahier Zig Zag A avant les Fêtes.

En grammaire nous avons donc vu : le nom, le déterminant, l’adjectif, les règles générales de formation du féminin et du pluriel, le groupe du nom et les accords dans le groupe du nom, le verbe, le pronom, les règles de position (le son s, la lettre g et la lettre m devant b, m et p), la phrase, le sujet, l’accord du verbe avec le sujet et quelques homophones (a/à, son/sont, on/ont).

Les mots de vocabulaire sont appris en leçons à raison d’un bloc par semaine.

Les notions de vocabulaire ont porté sur l’utilisation du dictionnaire, le sens des mots et les familles de mots.

Pour introduire les conjugaisons nous avons vu la notion de radical et de terminaison.

Puis nous avons vu l’infinitif des 5 verbes de base (aimer, finir, avoir, être et aller) ainsi que leurs conjugaisons au présent de l’indicatif et à l’imparfait.

Nous étudions les stratégies de lecture avec le cahier Texto et les stratégies ADEL (celles de 5e année pour pouvoir les faire en collectif). Nous faisons régulièrement des exercices de compréhension de lecture. Daphnée comprend bien ce qu’elle lit. Elle a eu une belle progression en compréhension lorsqu’elle a réalisé que les réponses se trouvaient dans le texte et non pas qu’elle devait nécessairement « connaître » la réponse.

Bien que notre collection de livres soit assez grande, nous empruntons aussi des livres à la bibliothèque municipale. Daphnée commence à vouloir lire des romans et nous travaillons à ne pas se laisser impressionner par la grosseur du livre. Des fois, il suffit de l’ouvrir pour se laisser entraîner.

Nous faisons aussi des activités d’écriture. Daphnée a vraiment de belles idées. Nous travaillons sur la difficulté de mettre en application les apprentissages réalisés avec les mots de vocabulaire. Daphnée écrit encore souvent au son lorsqu’elle est emportée par un élan créatif (exemple: verbe être = aitre). La relecture et l’auto-correction avec supervision règlent beaucoup de ces problèmes.

Objectifs en français

Les objectifs en français pour la deuxième étape sont de :

  • terminer les notions du cahier Zig Zag B
  • continuer d’étudier les temps de verbe prescrits pour la 3e année
  • augmenter le nombre d’activités d’écriture
  • mettre l’emphase sur la relecture et l’auto-correction lors de compositions

Nous continuerons évidemment l’étude des mots de vocabulaire de 3e année.

Progression de Daphnée – Mathématique (Raisonner et résoudre)

Daphnée a la « bosse des maths ». Elle en mange. Elle a terminé son cahier Tam Tam A vers la fin novembre et elle a commencé le cahier B en décembre. Tout ce qui touche à l’arithmétique se fait de façon naturelle. Elle a donc suivi sa soeur de 5e année pour l’apprentissage des tables de multiplication.

Nous avons vu les notions suivantes : les chiffres romains, la représentation des nombres naturels, la valeur de position, la décomposition et la comparaison des nombres, la réflexion et la frise, le répertoire mémorisé de l’addition et de la soustraction, l’addition et la soustraction des nombres à 4 chiffres, le plan cartésien, les termes manquants, les angles, les droites parallèles et perpendiculaires, les polygones, le dénombrement et l’approximation, le sens de la multiplication et de la division, les fractions et les comparaisons de fractions, le nombre décimal et la monnaie, les unités de longueur et le périmètre.

Nous avons porté une attention particulière aux termes manquants. Par calcul mental, Daphnée peut trouver un terme manquant mais il lui est plus difficile d’écrire concrètement l’opération nécessaire.

Nous avons aussi travaillé à tracer des lignes bien droites quand vient le temps de dessiner des lignes perpendiculaires.

Les tables de multiplication de 0 à 10 ont été travaillées en leçons. Les tables de 0 à 5 et celle de 10 sont acquises.

Nous faisons régulièrement des situations d’application et des résolutions de problème. L’application des notions se fait très bien. Daphnée doit maîtriser son stress lorsqu’elle sait qu’il s’agit d’une « évaluation ». Souvent la quantité de texte pour un problème fait monter l’angoisse. Si on décortique le texte avec elle, elle est capable d’appliquer ses apprentissages. De plus en plus elle y parvient seule.

Objectifs en mathématique

L’objectif est d’ordre psychologique: ne pas se laisser impressionner par les textes des problèmes pour ensuite les traduire en données mathématiques.

Concrètement nous effectuerons bien sûr toutes les activités du cahier B de Tam Tam. Et nous poursuivrons l’étude des tables de multiplication dans les leçons. Si tout va bien nous introduirons les tables de division.

Si cette matière n’est pas suffisante à étancher la soif de mathématique de Daphnée nous nous mettrons à la recherche d’enrichissements.

Progression de Daphnée – GHEC

Nous travaillons avec le cahier Panache des Éditions Chenelière. Nous complétons souvent avec les ressources du cahier Escales que nous trouvons sur internet.

Dans ce cahier nous avons vu les caractéristiques du territoire (cours d’eau, formes de terrain, climat et végétation).

Nous avons aussi vu les représentations du territoire, la lecture d’une carte et d’une ligne du temps.

En collectif avec Mathilde en 5e année nous avons vu les bassins hydrographiques, notion très concrète pour les filles depuis notre passage des écluses du canal Champlain.

Écluser en famille
La dernière écluse, C12

Nous avons commencé les notions de GHEC avec les grandes migrations qui ont commencé il y a environ 35 000 ans. Nous avons aussi fait une petite activité sur les continents et les océans. Puis Daphnée a vu tout le dossier des Iroquoiens vers 1500. Au 15 janvier, nous en étions déjà presque à la fin des notions sur les Algonquiens.

Objectifs en GHEC

Nous poursuivrons pour compléter le programme de 3e année en GHEC.

Progression de Daphnée – Anglais

Dû à sa peur de ne pas se faire comprendre, Daphnée n’a pas beaucoup socialisé avec des amis anglophones en voyage. Elle a de la difficulté à développer son vocabulaire mais nous travaillons là-dessus. Nous travaillons des notions théoriques avec le cahier de 5e année Spirals en équipe avec Mathilde, ce qui permet de créer des interactions en anglais. Daphnée travaille aussi avec l’application Duo Lingo depuis le début décembre. Ça lui permet de pratiquer l’anglais de façon autonome.

Nous avons révisé les formules de présentation, le vocabulaire du matériel scolaire, des nombres, des couleurs, des actions, des passe-temps, de Halloween et de Noël.

Nous avons aussi travaillé les notions des mots de questions, de l’article a/an, des possessive adjectives (avec l’ajout du ‘s à la fin d’un nom), des pronoms, du present continuous avec la terminaison en ing et l’ajout d’un s aux verbes au présent à la 3e personne du singulier.

Objectifs en anglais

L’objectif sera d’améliorer le niveau de connaissance du vocabulaire anglophone et d’essayer de passer la barrière de la gêne en étant capable de se présenter et de comprendre des phrases simples.

Activités et projets individuels et collectifs – autonomes et dirigés

Les sciences, éthique et culture religieuse, arts, éducation physique et musique se font de façon dirigée ou autonome et souvent de manière collective, c’est-à-dire Mathilde et Daphnée ensemble. Parfois Livia peut se joindre à la même activité.

Parmi les activités dirigées, en voici quelques-unes :

Notion sur le sable
Arts: jeu des familles, faire connaître des artistes et mouvements
Révision des bases du badminton

Activités autonomes: les filles, de par elles-mêmes, s’intéressent souvent à un projet en particulier. Elles vont chercher les bases disponibles puis elles mettent en œuvre leur projet. En voici quelques exemples :

Création d’une oeuvre pour grand-maman – individuel – autonome

Daphnée a eu l’idée de recréer un souvenir des Bahamas et d’utiliser des roches que nous avons trouvé dans la baie de Chesapeake pour faire un cadeau à sa grand-maman qui se trouve seule en ces temps de COVID.

Plage et dauphins avec des roches pensées positives

Chanson au ukulele – collectif – autonome

Mathilde et Daphnée ont composé une chanson. Elles avaient un ukulele à leur portée. Elles ont composé deux suites de notes. Puis elles ont composé les paroles d’une histoire à chanter.

Création d’un bras articulé avec un aimant au bout – collectif – autonome

Introduction à l’atelier et aux outils nécessaires par papa bien sûr!

Apprentissage de la coutureindividuel – autonome et dirigé

Daphnée a manifesté de l’intérêt pour apprendre la couture. Nous avons donc commencé un projet de coussin patchwork. Elle a dû décider de la grandeur de son coussin, tracer un gabarit pour ses carrés de tissus puis déterminer combien de carrés il lui faudrait pour réaliser son projet. Elle a ensuite fait l’arrangement des carrés pour que ce soit agréable à son oeil. Puis nous avons appris le fonctionnement d’une machine à coudre. C’est un projet qui se continuera après le 15 janvier.

Les bases de la machine à coudre

Création d’un collier avec une attention portée à la régularitéindividuel – autonome

Apprentissage des bases de l’électronique – Individuel – Autonome et dirigé

Nous avons retrouvé un vieux tableau d’électronique en revenant de voyage. Daphnée a tout de suite voulu l’essayer. Le jeu consiste à suivre un plan en reliant des bornes qui sont différentes composantes électroniques: conducteurs, résistances, etc. Le but est de provoquer une réaction spécifique (allumer une lumière, générer un son…). Et en plus, ça permet de passer du temps avec papa. Situation gagnant-gagnant!

Projets spéciaux

Fête des morts (El Dià de los muertos) – collectif – dirigé

La fête de Halloween s’étant présentée de manière différente cette année à cause de la COVID, nous avons plutôt décidé de mettre le focus sur une autre « version » de cette fête qui se célèbre chez nos voisins du Mexique : El Dia de los Muertos.

Nous avons tout de même gardé la base de Halloween: nous avons fabriqué des bonbons maison! Et pour introduire les principes de fabrication nous avons visionné l’épisode Fabrication de bonbons de la série C’est pas sorcier.

Pour la Fête des Morts, nous avons commencé par les notions : quelle en est la signification, comment la célèbre-t-on, quels sont les objets nécessaires, etc…

Puis nous avons visionné le film Coco qui a rendu ces notions théoriques très concrètes.

Le lendemain nous avons fabriqué un Altar. En 2020, nous avons perdu des gens que nous aimions : le grand-papa des filles et une très bonne amie à moi. Nous avons pu placer leurs photos sur notre autel et se souvenir de leurs caractéristiques, ce qui nous a permis de leur composer un poème/texte.

Nous avons aussi fabriqué des papel picado pour embellir le tout.

Noël autour du monde – collectif – dirigé

Les activités découper/coller sont toujours populaires. Celle-ci était l’occasion de se rendre compte que la façon de célébrer Noël n’est pas la même partout sur le globe, malgré plusieurs ressemblances.

Forces de Daphnée – selon maman prof
  • Les mathématiques, le calcul mental.
  • C’est la partenaire idéale des travaux d’équipe. Produit des idées quand il le faut et sait proposer des compromis qui font consensus.
  • Très créative.
  • Belle motivation aux périodes scolaires.
Points à travailler de Daphnée – selon maman prof
  • Ne pas laisser le stress prendre le dessus.
  • Prendre le temps de réviser ses travaux d’écriture et appliquer l’auto-correction.
  • Améliorer l’apprentissage de l’anglais.
Avis de Daphnée sur son début d’année

École d’Océo – Bilan janvier 2021

Contexte

Partie pour 2 ans en voilier au mois de septembre 2019, la famille Goyette-Pelletier amenait dans ses bagages trois petites mutines : Mathilde, Daphnée et Livia (au moment du départ en 2019, elles avaient respectivement 9,7 et 4 ans). Mathilde et Daphnée ont suivi avec succès les enseignements de maman pour la première année de voyage.

Mais, en septembre 2020, au lieu de débuter cette deuxième année scolaire à Grenade comme prévu, nos petites mousses ont commencé l’école à la marina qui nous a vu partir, à Rouses Point, État de New York, États-Unis.

Le 18 mars 2020, à notre arrivée aux Îles Turquoises, à cause de la COVID-19, la décision avait été prise de rebrousser chemin et de faire une croix sur notre périple qui devait nous mener au sud des Antilles.

Pour la sécurité de nos filles, il était important pour nous de revenir au Québec. Mais nous ne savions pas à quel moment il serait possible de revenir dans notre maison.

Les décisions ont dû se prendre au fur et à mesure, les émotions étaient à fleur de peau. Les écluses assurant notre remontée au Lac Champlain sont restées fermées jusqu’au début du mois d’août. Et après entente avec les locataires qui occupaient notre maison, nous avons finalement pu la récupérer à la fin du mois de septembre 2020.

La rentrée scolaire a donc été effectuée à la fin août sur Océo, en territoire américain. Coup de chance, la marina met à notre disposition exclusive un « lounge » tout neuf où les filles ont pu avoir un peu plus d’espace que dans notre maison à voile.

Une pause scolaire a été nécessaire de la fin septembre à la mi-octobre pour permettre à tout le monde de réintégrer le monde terrestre.

Pendant nos navigations de retour, j’avais posé la question aux trois filles : voulez-vous réintégrer l’école « normale » à notre retour au Québec? Leur réponse a été unanime : non pas qu’elles n’aiment pas leur école, mais elles tenaient au moins à compléter cette expérience spéciale d’école à la maison comme c’était prévu. Ce bout-là, elles avaient le pouvoir de le choisir.

Nous voici donc de retour et les apprentissages avancent bien.

Une dernière aventure: de Rouses Point au Québec – 6 septembre au 13 octobre 2020

Notre dernier mois à la marina Gaines aura été doux. Gaby, Darwin, Luke et Fred ont pris soin de nous. Ils ont ouvert leur tout nouveau lounge à notre usage exclusif. Les filles en ont profité à plein, c’était également un lieu parfait pour faire un peu d’école en mode accéléré, question de prendre une ou deux semaines de congé pour le déménagement.

Moment important : nous avons célébré notre 1 an de voyage le 10 septembre. La marina déserte a offert un terrain de jeu idéal pour une chasse au trésor, activité préférée des filles!

Puis un apéro de luxe et nous ouvrons la super bouteille de champagne, cadeau de Benoit avant qu’il nous quitte l’an dernier.

Merci Benoit!

Et soudainement, tout s’est enchaîné : sortie de l’eau le 24 septembre, location du camion, vider, laver puis hiverniser Océo.

Et nous voilà sur le chemin du retour, Seb et Livia dans le camion, les grandes avec moi à pied par la route. Il n’y a que trois places assises dans le camion. Ce serait vraiment pas de chance de se faire arrêter par la police, si près de notre but!

Eh oui, petite aventure en soi, passer les douanes à pied, c’est une première pour nous! À part un petit crachin qui s’est intensifié à 5 minutes des douanes, la marche était agréable.

Les douanières étaient très gentilles. Elles ont posé beaucoup de questions, surtout sur notre voyage. Elles ont jeté un œil au méga bardas dans le camion (ça pourrait décourager les plus audacieux d’y entrer!!). Il faut dire que j’avais fait une liste assez exhaustive du contenu ainsi que de nos achats de la dernière année. Ce qui fait que nous avons eu notre tampon d’entrée rapidement.

Notre super ami et voisin nous attendait à la douane pour nous ramener. Chez nous.

LE RETOUR

Quand nous avons atterri au Québec, dans notre maison, j’ai cru que c’était à cette minute précise que le voyage se terminait. J’avais tort. Nous ne sommes pas encore tout à fait revenus.

La retour à la vie terrestre, c’est un peu comme être comme sur un nuage : un peu doux comme en flottement, mais ne sachant pas quand il va éclater. Les repères ne sont plus les mêmes, on ajuste les routines, les émotions, la vie en famille.

Je me suis prise plusieurs fois à errer comme une âme en peine, de pièce en pièce, me demandant ce que je pourrais bien faire de tout cet espace… alors que je m’accommodais très bien du grand infini de l’horizon. Paradoxe.

Appréhendant le retour, j’ai été heureuse de voir que la vue de mon petit croissant de rue me réjouissait, tableau paisible avec ses grands arbres déjà pleins de couleur.

J’ai fait des tonnes de brassées de lavage, tout ce que j’ai ramené du bateau sentait l’humidité. La belle excuse!

Pour les filles, ouvrir nos boîtes correspondait à autant de trésors découverts.

Elles se balancent ensembles dans la cour. Jouent au badminton. Retrouvent le plaisir de bouger partout.

Au fur et à mesure que le concret prend la place, nous retrouvons notre vie terrestre.

Les souvenirs refluent lentement, un à un, au fil des conversations, aux repas.

Le plus pénible pour les adultes est de rentrer dans la cohue administrative. Seb a passé des heures au téléphone pour régler des détails insignifiants.

Notre quarantaine, qui se termine aujourd’hui, nous a donné le temps de préserver notre bulle familiale tout en nous occupant de nous réinstaller.

Nos voisins précieux se sont occupés de notre épicerie, se sont occupés de nous.

Ma tante et ma grand-mère sont venues nous faire un coucou, de la voiture, dans l’entrée. Cette petite visite a ouvert la digue des retrouvailles. Et le gâteau mousse de fête était le meilleur que j’avais mangé depuis longtemps! Miam!

Mon préféré en plus…

Le bruit de la pluie sur notre toît est bien différent de celui qu’elle générait sur le pont d’Océo.

Et le bleu de la mer a fait place au vert des arbres, et au blanc de nos murs. Blanc, un peu comme la page blanche qui s’étend devant nous. La toile blanche que peu à peu nous remplirons des couleurs de notre nouvelle vie. Peut-être, si nous sommes chanceux, comportera-t-elle un bleu12 ou un bleu25!

Côte Atlantique, île de Bimini, plage Radio

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Alors ça y est. Cette fois, c’est vraiment tout.

Comment écrit-on le dernier chapître d’une telle aventure?

Premièrement, il faut remercier les gens qui nous ont suivi tout le long de cette année hors du monde « habituel ». Grâce aux commentaires reçus suite aux publications sur le blogue, nous avons senti que ces gens étaient avec nous et quoi de plus rassurant, quand on se retrouve loin de chez soi, que de savoir que des personnes qui nous sont chères pensent à nous.

Cette aventure a connu une fin abrupte et inattendue. Mais comme pour pas mal tout le monde sur la planète, le virus a influencé les modes de vie et les projets. À travers tout ce tumulte, nous nous considérons chanceux. Le mode de vie de notre voyage s’inscrivait parfaitement dans un mode de confinement et d’auto-suffisance. Nous n’avons pas eu à modifier notre façon de vivre comme la plupart d’entre vous. Nous n’avions pas à aller au travail, nous étions déjà coupés de la présence physique de nos proches. L’impact sur nous au quotidien a donc été minime.

La perte de plusieurs êtres chers au cours de notre voyage a été plus difficile émotivement. Elle aurait été tout aussi dure si nous avions été à la maison, confinés.

Nous n’avons pas vu les Antilles et Grenade. Mais nous avons rencontré des tonnes de nouveaux amis. Il y a eu des déceptions et des grandes joies. La plus grande surprise a été la façon dont les Américains ont pris soin de nous. Partout où nous sommes passé, les gens tenaient à ce que nous ayions ce dont nous avions besoin. Et que nous soyions heureux.

Au final, peu importe la destination et le nombre de miles (nautiques) parcourus, le voyage a principalement été humain. Ce qui est une bonne nouvelle. Parce que ça veut dire… que ça ne peut que continuer. Merci. À tous. Pour tout. Et peut-être à la prochaine!

Merci d’avoir voyagé avec nous sur Océo!

Rentrée scolaire 2020-2021

Lorsque nous nous sommes mis sur le chemin du retour, j’ai donné le choix à mes filles : continuer l’école à la maison comme prévu pour une deuxième année ou retourner à leur « vraie » école. Sans une seule hésitation, malgré mes demandes répétées, elles tenaient à l’école à la maison. J’en suis heureuse.

J’ai donc travaillé fort tout l’été pour faire le ménage dans tous les exercices et fichiers que j’avais téléchargé avant le départ et que je n’avais jamais eu le temps de classer.

J’ai aussi fait toute la planification de l’enseignement des notions de base (mathématique, français, anglais, GHEC) et je me suis monté une banque d’activités supplémentaires pour ces matières ainsi que pour les autres sujets.

J’avais déjà tous mes cahiers étant donné que nous devions être partis 2 ans, ce qui m’a grandement facilité la tâche.

Cette année, pas autant de thèmes très organisés mais plutôt des idées générales. Et je garde ce que je préfère entre tout : l’enseignement par intérêt. C’est-à-dire que si mes filles se lèvent le matin et se mettent spontanément à parler d’un sujet, on va le creuser ensemble cette journée-là. C’est vraiment magique comme apprentissage. Je prends l’exemple d’il y a deux jours où ma petite Livia, en avalant sa tartine, nous demande tout bonnement : « maman, papa, les trous noirs, c’est dans l’espace hein? ». Parfait pour une matinée à thématique espace!!!

Les grandes viennent de compléter leur 2e semaine d’école. Nous prenons un peu d’avance comme nous devrons « déménager » au Québec bientôt, et qu’elles ne feront probablement pas d’école à ce moment-là.

Je suis très fière des trois filles. Elles travaillent déjà dur. Bravo les filles!

De Shelburne à Rouses Point – 17 août au 5 septembre 2020

Toujours dans la baie de Shelburne, Mathilde a enfin pêché un poisson à la hauteur de ses attentes! Un très gros achigan.

Belle pêche

Et comme elle semble déterminée à nous nourrir, elle nous fait aussi du pain! On n’a même pas eu le temps de prendre une photo une fois cuit, il s’est mangé trop vite!

Nous avons aussi la chance de voir un gros arc-en-ciel double dont les deux bouts tombaient dans la baie de Shelburne. Y a-t-il un chaudron d’or au bout de l’arc-en-ciel? Mystère…

Le 19 août, nous avons envie de revoir une plage. Nous bougeons Océo vers North Beach. Nous passons devant Burlington, de loin. Nous avons fait le choix de ne pas aller nous promener dans cette ville que nous aimons tant. Ce COVID nous crève souvent le cœur.

Nous allons nous ancrer à North Beach mais malheureusement une éclosion d’algues bleues nous retient au bateau. Nous passerons tout de même la nuit ici. Je ne me souvenais pas que c’était aussi inconfortable. Les vents étant du nord, nous pointons vers le nord mais la vague rentre tout de même du sud. Le clapot fait un bruit qui rend le sommeil difficile.

Nous bougeons le lendemain. On se rend à Leddy Beach avec l’intention de faire l’épicerie au Hannaford. J’y trouve tout ce dont nous avons besoin pour un bon bout de temps.

La plage de Leddy Beach est belle. L’eau est vraiment très claire et ce n’est pas très profond sur une longue distance. On va s’y baigner tout l’après-midi avant de repartir nous cacher des vents à Shelburne.

Épicerie veut dire apéro génial! Et je retrouve mon cidre préféré!

Le 22 août, nous quittons Shelburne. Merci belle baie pour ton accueil!

Merci Shelburne!

Nous nous rendons à Treadwell Bay pour profiter d’une autre plage à l’eau claire. Nous sommes samedi, il y a une foule de petits bateaux moteur. Vers 16h, tout le monde s’en va et nous avons la plage pour nous tous seuls!

Le lendemain de notre arrivée est une journée pluvieuse et… froide! Nous réalisons que nous sommes plus près de l’automne que nous le pensions. Ce qui nous pousse à une réflexion sur ce que nous ferons de notre dernier mois sur le lac.

Nous avons donc décidé de demander un prix pour passer un mois à une marina dans le nord du lac, près de la frontière. Et comme le prix que nous avons obtenu nous convient et que la marina se montre très heureuse de nous accueillir, nous retournerons d’où nous sommes partis : la marina Gaines.

Le 24 août nous mettons le cap au nord pour la dernière fois. À notre arrivée, la vue sur la marina est un peu déstabilisante : tous les bateaux ou presque sont sur la terre. Les moorings ne sont pas installés. Il n’y a personne sur l’eau. C’est triste. À notre demande de « À quel quai nous avez-vous assigné? » nous nous faisons répondre: « eh bien, prenez celui qui vous plaira ». C’est drôle. Mais ça ne l’est pas.

Nous faisons un tour des cours à bateaux de Rouses Point. Des centaines de bateaux canadiens n’ont pas pu voir leurs équipages cette année. On se croirait en hiver avec tous ces bateaux hors de l’eau. Au moins tout a l’air en bon état. Quelques bâches se sont détachées, rien de grave.

On profite de Rouses Point et de la marina pour retrouver un peu de confort terrestre : douches, toilettes, buanderie, magasin à proximité… du luxe quoi!

Les filles sont contentes de pouvoir se délier les jambes. Nous allons explorer Rouses Point où nous nous sentons si bien. Et pourquoi pas se gâter avec une crème glacée? Miam!

Je découvre également le Farmer’s Market les vendredi. Nous n’avions jamais eu l’occasion d’y aller. Certains producteurs ont des légumes et des fruits frais, d’autres présentent de l’artisanat ou leurs tartes et confitures faites maison. Les marchands sont sympathiques, leurs produits sont excellents et on y fait de belles découvertes.

Vino!

Nous commençons à être en mode retour. Clarification des procédures d’entrée au Canada, planification de la quarantaine, location de camion pour ramener tout notre ménage, hivernisage du bateau… Il ne nous reste que 3 semaines à patienter. Nous serons bientôt de retour chez nous!

Vers le nord, tant qu’on peut – 27 juillet au 16 août 2020

Petit séjour à Atlantic Highlands. On retrouve les amis de La Metta qui sont arrivés juste après nous de leur traversée.

Nous en profitons pour célébrer dignement l’anniversaire de Kévin avec de la bonne pizza. Miam!

Nous quittons Atlantic Highlands le 30 juillet vers 10h30, une heure avant l’étale pour profiter de la marée montante dans le port de New York. Calcul un peu juste, nous aurions été plus confortables de partir exactement à l’heure de l’étale de marée basse (heure prise dans le canal d’entrée de la pointe de Sandy Hook). En partant trop tôt, nous avons rattrapé le courant et nous l’avons donc eu contre nous un petit bout de temps devant la ville de New York. Moteur à son régime optimal, nous avançons à 3 noeuds. Qu’à cela ne tienne, nous en avons profité pour admirer la Grosse Pomme et sa Grande Dame. Au contraire d’autres équipages qui sont passés plus tôt que nous, il y avait un peu d’activité maritime dans le port, mais pas autant qu’à l’automne.

Crédit photo: Seb

Entre le Verrazano et le Tappan Zee, nous saluons la ville. La marina de la 79th semble toute nue sans ses traditionnels moorings. Nous avons failli ne pas la voir…

La marina de la 79th semble minuscule sans son champ de moorings…

À nous l’Hudson vers Croton Point (ça fait toujours rire les filles ça, Crotonnn… hihi).

Nous nous arrêtons dans Haverstraw Bay, juste au nord de Crotonnnnn Point, mais pas avant d’avoir été contrôlé par la police maritime. Vous arrivez d’où? Vous allez où? Vos papiers s.v.p… Somme toute des policiers bien sympathiques, dont leur représentant que nous avions déjà croisé quelque part, probablement lors de notre contrôle à Cape May à l’automne. Les agents s’assurent que nous avons tout ce dont nous avons besoin (diesel, eau, provisions) et nous souhaitent bonne route.

L’Hudson. Quelle magnifique rivière. J’adore ses paysages tout en montagnes et en forêts. Et ses berges et ses eaux sont remplies d’histoire.

Nous renouons avec plaisir avec les trains, passagers sur la rive est, interminables marchandises sur la rive ouest.

Nous faisons une courte navigation le lendemain pour avoir des courants favorables, cette journée-là et la suivante. Nous nous arrêtons en face de Pollepel Island. Comme notre prochaine étape est Catskill pour le démâtage, nous en profitons pour enlever la grand voile dont nous ne devrions pas nous servir pour le reste du trajet. Et comme nous avons réussi à être efficaces, nous nous faisons plaisir en allant faire un tour de zodiac au château Bannerman, la ruine de l’île Pollepel. C’est fascinant de s’imaginer ce qui a pu se dérouler comme histoire ici.

Samedi 2 août.

Nous naviguons jusqu’à Catskill. On devait s’ancrer mais on se paye le luxe d’aller à la marina tout de suite. Nous appelons Mike de la marina Riverview qui semble débordé, il vient de commencer une affaire de location de kayaks et il en a plein les bras!!

-« AH, it is a NUTHOUSE here at the moment but just show up at the service dock and make some LOUD noise when you get there so I can hear you but anyway, welcome home!!”. Clic. (téléphone raccroché).

Nous rions pendant quelques minutes.

À notre arrivée à Riverview nous réalisons que nous sommes bien ici. Revenir à un endroit où nous sommes déjà passé et où nous sommes bien, ça fait du bien!

Nous travaillons à déshabiller Océo. Les choses nous semblent beaucoup plus facile. L’expérience fait son œuvre.

Nous démâtons lundi le 3 août. Ça y est, Océo est prêt pour le Canal Champlain.

Maintenant, nous avons un choix à faire : Isaias s’en vient demain en après-midi. Isaias, ce n’est malheureusement pas de la belle visite, c’est la 9e tempête nommée cette année et elle a décidé de venir dire bonjour à l’état de New York. Pouvez-vous me nommer une autre tempête qui commence en I et qui a visité le nord… Irene, ça vous dit quelque chose? Certaines installations ne s’en sont jamais remis, la face montagneuse de Catskill s’est trouvée modifiée pour toujours après le passage de la jolie Irene. Elle avait même abouti au Lac Champlain et causé pas mal de dommages. Alors les gens sont nerveux ici…

Nous décidons de rester à la marina. Mike bouge les bateaux (nous inclus) et les met face au courant de la rivière. Parce qu’ici ce qu’il y a de pire, c’est la crue des eaux des montagnes qui descendent et peuvent augmenter le niveau de la rivière de plusieurs pieds.

Nous suivons la progression d’Isaias sur le Hurricane Center et sur d’autres sources. Il me semble que le centre de la tempête dévie un peu vers l’ouest… Un avantage cette fois : la tempête doit passer de jour. C’est toujours plus rassurant!

On surveille Isaias

À 14h, les vents commencent. Puis la pluie. Au final, la tempête nous a pratiquement évité. L’eau rouge de la rivière Catskill a bien monté un peu, mais rien d’inquiétant. Nous étions bien préparés et nous sommes heureux quand cette préparation ne sert pas!!

Mercredi 5 août.

Départ de Catskill. Ça commence à sentir la maison. Petite route jusqu’à Houghtalin Island, juste pour couper le chemin jusqu’à Waterford en deux et prendre le temps de nous préparer pour Troy.

Troy. L’écluse fédérale. Les tuyaux autour desquels il faut passer nos cordes. Nous n’avons plus notre équipier avec nous, il va falloir travailler à deux… mais attendez, c’est vrai, on a des petits moussaillons à former! Mathilde et Daphnée sont heureuses d’avoir enfin la permission de participer activement à l’éclusage!

Prêtes pour les écluses, oui ça prend des gants Daphnée!

Jeudi 6 août.

En route vers le Canal.

Nous décidons de passer une seule corde autour du tuyau de l’écluse, attachée au centre de notre bateau. Mathilde veut la tenir. Malheureusement, une seule corde, c’est forçant. Je dois la lui reprendre et lui céder ma gaffe. Bilan : Première écluse en famille réussie, mais c’est forçant!

Arrêt au mur de Waterford. Plan de navigation initial : passer deux nuits à chaque mur (Waterford, Fort Edward et Whitehall) pour laisser le temps à l’écluse C12 (Whitehall) d’ouvrir après ses travaux, ouverture prévue le 10 août.

Vendredi 7 août, nous recevons une bonne nouvelle :

C’EST OUVERT! Danielle et Jean de Subtil, qui étaient à Whitehall depuis un petit bout, nous tenaient informés de la progression des travaux. Ils ont probablement été dans les premiers à passer. Bonne nav jusqu’à la maison les amis!

Nous ne resterons donc qu’une nuit à Fort Edward et une nuit à Whitehall, question d’accélérer la remontée vers le nord. Les obstacles sur la route de notre retour commencent à s’estomper.

Les filles prennent leurs aises dans l’éclusage, elles sont rendues pro et suscite l’admiration des éclusiers pour leur habileté. Certains se rappellent même de nous à l’automne, principalement grâce aux enfants. Nous sommes bien fiers de nos filles!

Évidemment qui dit défi, dit établissement de palmarès! Notre meilleure écluse ayant été celle de Fort Edward, la C7, selon la classification spéciale de Mathilde et Daphnée.

Le dimanche 9 août, ça y est, nous sommes au Lac Champlain. Nous avons le plaisir de retrouver Sous le Vent à Westport. Les visages sont radieux. La maison est proche.

Lundi le 10 août, direction Shelburne Bay. Notre premier plan était de nous rendre à North Beach, mais une alerte d’algues bleues et un vent du sud nous ont fait changer d’idée.

Nos amis de La Metta restent avec nous deux nuits. Nous en profitons pour aller explorer les sentiers du Shelburne Bay Park et ils nous invitent même à souper. Nous sommes chanceux!

Nous sommes donc à Shelburne depuis presque une semaine.

Beaucoup d’américains sur l’eau sont venus nous voir. Plusieurs sont intéressés par nos aventures. Notre histoire semble faire le tour de la communauté de voileux américains du Lac et il y en a même qui sont venus nous voir exprès pour nous offrir de l’aide, une voiture, des denrées, de la bière (!) parce qu’ils avaient entendu qu’une petite famille se trouvait « coincée » dans la Baie de Shelburne. Je suis vraiment épatée par l’esprit d’entraide aux États-Unis.

Des bienfaiteurs qui sont venus offrir leur voiture pour faire des courses

De notre côté, nous sommes donc en train de jongler avec nos options. L’annonce de la prolongation de la fermeture des frontières complique un peu notre logistique matérielle. Comment allons-nous ramener tout le contenu du bateau si nous le laissons aux États-Unis? (solution privilégiée pour le moment). Il faut considérer la possibilité que les frontières n’ouvrent pas cet automne, ou encore pas du tout l’été prochain… Il faut donc louer un véhicule pour pouvoir ramener notre maisonnée.

Alors pour nous aider à la décision, nous prenons du bon temps. Nous profitons de l’EAU DOUCE (!!!) du lac pour nous baigner, sortir le paddleboard… Les filles se sont mises à la pêche, Daphnée a même ramené un superbe achigan de quelques livres que nous avons dégusté au souper.

Je mets ma planification scolaire à jour… Je me dis qu’encore une fois, nous aurons une année avec des rebondissements, surtout si nous devons revenir chez nous fin septembre… Peut-être allons-nous commencer l’enseignement des matières de base un peu plus tôt que la rentrée scolaire officielle.

Malgré que nous sommes très bien accueillis ici, nous avons hâte d’être à la maison. D’être chez nous, dans un environnement familier. Notre entourage nous manque. On s’en vient. Bientôt!

P.S. : un mot pour mon amie Allison: I think about you my friend, my heart is with you. xxx

Traversée Cape May-New York (Atlantic Highlands) – 26 et 27 juillet 2020

Le 26 juillet, c’est le vrai départ de Cape May. 5-10-15 nœuds de vent annoncés du sud-ouest, juste parfait pour nous pousser jusqu’à New York.

Nous levons l’ancre à 7h du matin. Seb a fait tout un travail sur le guindeau et la remontée se fait à merveille.

La sortie de l’inlet se passe bien, nous avions synchronisé notre départ avec l’étale.

Nous prenons la mer à moteur, nous le savons, les trois premières heures devraient être à vents faibles, presque sans vague. Les filles jouent, personne n’a demandé de médicaments.

Vers 10h45 nous montons les voiles, toutes les deux grandes ouvertes. Le vent est bon, au grand largue, et nous avançons bien à 5 nœuds sur une mer à peine houleuse haute de 2 pieds, assez longue.

Le vent se met à faiblir et devient plein arrière. Le génois se borde à contre. Qu’à cela ne tienne, naviguons en ciseaux! Naviguer en ciseau consiste à ouvrir la grand-voile d’un côté et le génois de l’autre. Il faut bien assurer ses voiles car avec un vent plein arrière il est facile d’empanner la grand-voile (empanner veut dire que la grand-voile passe soudainement de l’autre côté du bateau, et si le mouvement est fait trop rapidement, on peut arracher pas mal de choses et être dans le gros caca!). Nous attachons une retenue de bôme sur notre grand-voile et nous filons un superbe 6 nœuds avec 10 nœuds de vent. Wouhou!

Naviguer en ciseau

À 16h45, il est clair que nous allons tout droit dans un grain (averse ou orage soudain et souvent fort). Ça ne nous tente pas, nous faisons faire demi-tour à Océo, nous prenons 2 ris et roulons le génois. Juste à temps, les rafales atteignent 25 nœuds et une petite pluie nous tombe dessus. En rebroussant chemin, nous avons évité le pire, et nous reprenons notre cap vers New York une heure plus tard.

Mais la mer ne l’entend pas ainsi. Les gros rouleaux générés par l’orages atteignent maintenant 6 pieds de haut. Rien de dangereux, mais tellement désagréable! Et pour aider, le vent est presque tombé, donc les voiles n’arrivent pas à stabiliser Océo dans les vagues.

Nous décidons de lâcher au moins un ris pour nous aider. AVERTISSEMENT : AVALANCHE DE TERMES TECHNIQUES ICI! Les ris sont ramenés au cockpit par un système de poulies qui passent dans la bôme. La bosse de ris a entraîné un des petits cordages du lazy bag dans une de ces poulies et tout est maintenant coincé. Je tire, je pousse, rien n’y fait. J’appelle Seb à la rescousse. Pas plus de succès. Seb prend ciseaux et pinces et coupe le cordage du lazy bag. Enfin, on peut lâcher notre ris. Faire des acrobaties, c’est bien, mais par une mer de 4 à 6 pieds de vagues, c’est pas mal moins amusant!

Même avec le ris lâché, le vent n’est pas assez efficace pour contrer la houle. Nous partons le moteur que nous garderons jusqu’à Atlantic Highlands.

Après l’histoire du ris, j’étais passablement découragée. Les traversées n’ont pas été faciles pour moi. On dirait qu’à chacune d’entre elles, il y avait toujours une raison de stresser, quelque chose qui brise, une mer démontée, des prévisions erronées… Je m’étais dit qu’en choisissant notre fenêtre pour être tranquilles, nous aurions peut-être une belle traversée de Cape May à New York et que je pourrais me réconcilier avec la chose. Mais ça n’aura pas été le cas. J’avais juste hâte que ça finisse…

Peut-être que la mer m’a entendue à ce moment (même si pourtant je n’avais pas parlé à voix haute!). J’ai couché les filles vers 21h et je me suis reposée pour prendre mon quart à 22h. Le vent s’est mis à souffler un peu et quand j’ai pris la barre, nous étions dans une petite houle confortable bien stabilisés par un vent constant de 10 nœuds.

Mon quart se passe sans encombre. Il y a un peu de lune mais ce qui éclaire l’océan, c’est surtout la pollution lumineuse de la côte. Nous sommes environ à 3 miles de là et la lumière générée me permet de voir la forme des vagues. Une fois n’est pas coutume, je suis contente qu’il y ait de la pollution!

Seb prend son quart à minuit. Je m’installe pour me reposer (nous dormons toujours à côté du barreur dans le cockpit au cas où il y aurait quelque chose), et une demi-heure plus tard Seb me réveille : il y a des crabs pots sur notre chemin. Des foutus crabs pots en plein océan par 60 pieds de profond! Comme nous sommes à moteur, c’est problématique. La lune vient de se coucher et je passe un bon vingt minutes à scanner l’avant du bateau avec notre méga lampe torche. Il y en avait 4 ou 5, puis plus rien. Peut-être que ce n’étaient pas des articles de pêche, peut-être était-ce des bouées de recherche… en tout cas, elles n’étaient pas sur les cartes et surtout pas dans les zones désignées de pêche ou d’étude. On a eu chaud!

Nous décidons aussi de ralentir la cadence sinon nous aborderons le port de New York avant le lever du soleil. C’est bien balisé et on peut même dire éclairé mais nous désirons nous ancrer de jour donc nous réduisons le régime moteur.

Quand je reprends la barre à 2h, le vent forcit un peu. Les modèles météo mis à jour en après-midi nous donnaient plein d’options qui n’existaient pas le matin-même.

Nous avions le choix de croire le modèle 1 : 12 nœuds de vent du sud, faiblissant au cours de la nuit.

Ou le modèle 2 : 15 nœuds de vent du sud-ouest avec rafales à 20.

Ou encore le modèle 3 : 19 nœuds de vent réel plus rafales du sud-ouest virant au nord-ouest à la fin de la nuit.

Misère. Filons donc en ligne droite jusqu’à New York pis on verra ce qui arrivera pour vrai! Un ris dans la grand-voile, le moteur qui roule à bas régime pour ne pas arriver trop tôt à Cape May, et en avant.

Je jette un œil fréquemment pour m’assurer qu’on ne croise pas d’autres flotteurs non identifiés. Nous ne sommes pas sur la route des grands cargos, pas trop de stress de ce côté. Nous croisons quelques petits bateaux de pêche mais il n’y a pas grand monde sur l’eau. C’est assez exceptionnel sur cette portion de l’océan.

À 4h, Seb se réveille comme avec un cadran interne et c’est son tour de prendre la barre. Le soleil qui se lève vers 6 heures me réveille, j’ai dormi comme un loir!

Lever de soleil sur l’Atlantique

Nous sommes à contre-courant pour entrer dans le port de New York. La marée descend vers nous mais le vent est très faible ce qui ne nous cause pas de vagues démesurées. À part aller juste à 3 nœuds, pas de désagrément. Nous nous ancrons derrière le brise-vagues d’Atlantic Highlands à 8h. Enfin. C’est fini.

C’est fini les traversées, la mer. Je suis contente, je suis triste. J’aurais aimé aimer les traversées. Me perdre dans des contemplations comme on en lit dans les livres, ou comme les amis nous les ont décrites, ceux qui les ont vécues. Ça n’aura pas été pour moi. Pas pour ce voyage-là.

Un comité d’accueil nous souhaite la bienvenue : 2 stingrays viennent jouer à la surface de l’eau autour d’Océo pendant que nous sirotons notre café. La Metta nous rejoint à ce moment, elle aussi arrive de la mer.

La Metta à Atlantic Highlands

Notre prochaine étape est de remonter la rivière Hudson. Pas d’arrêt à New York pour nous. Après le virus, peut-être reviendrons-nous profiter de cette ville si spéciale. Pour l’instant, reposons-nous de notre nuit de navigation!

Apprivoiser Cape May – 21 au 26 juillet 2020

Cape May, pour les terriens, c’est une jolie ville touristique où il fait bon flâner et aller à la plage. Pour des marins pauvres comme nous qui ne voulons pas passer tout notre budget en marinas dispendieuses, c’est une autre histoire.

Le seul ancrage digne de ce nom est coincé entre les bâtiments de la Garde Côtière et le canal d’entrée de Cape May, où circulent toutes sortes de bateaux en quantité assez phénoménale les fins de semaine d’été, ce qui génère un nombre de vagues impossible à répertorier.

La plage de Cape May est à environ une heure de marche. L’épicerie une demi-heure. On laisse l’annexe au quai d’un restaurant sans trop savoir si c’est vraiment permis, il n’y a aucune indication pour nous aider. L’accès à terre n’est donc pas facilité comme d’autres destinations. Et avec la chaleur intense des mois d’été, les excursions à terre ne sont pas très tentantes.

Qu’à cela ne tienne, soyons créatifs. Je suis allée passer du temps à Higbee Beach avec Daphnée et Livia. Nous voulions aller à la plage sans avoir à marcher une heure sous le soleil de plomb (il fait presque 40 degrés ces jours-ci). Nous avons pris Zozo et avons navigué 4 miles dans le canal de Cape May. Nous nous sommes retrouvées dans la Baie du Delaware avec une magnifique et immense plage. Les filles ont pu courir autant qu’elles voulaient!

L’eau à Cape May est agréablement fraîche. Malgré que nous ne nous baignions pas avec les méduses, nous nous arrosons avec plaisir de cette eau rafraîchissante. Avec la canicule incessante depuis la mi-juin, l’eau de la mer était toujours trop chaude pour nous soulager de la chaleur. Ici, on est bien!

Nous voyons aussi nager des horseshoe crabs autour d’Océo. Ils semblent flotter à la surface comme une noix de coco! J’aime bien ce petit animal, même si nous avons appris qu’il fait partie de la famille des scorpions!

Le 21 juillet, nous faisons le plein et nous préparons Océo pour le départ en milieu de matinée. Le 22, nous revérifions une dernière fois la météo. Pop. Un avertissement apparaît : veille d’orages violents pour toute la côte, de Cape May à New York, de 1h l’après-midi jusqu’à tard en soirée. J’aime pas les orages. En peu de temps, nous prenons la décision de ne pas partir. Pour une fois qu’on était prêts! Le départ sera remis à plus tard, le temps de laisser passer le front stationnaire qui génère ces orages.

Nous trouvons à nous occuper sur le bateau. Seb a travaillé fort pour voir ce qui clochait avec le guindeau. Pas de diagnostic final mais il va un peu mieux. Espérons qu’il survivra jusqu’au Lac Champlain, après on avisera.

Les filles font un calendrier des jours qui restent avant de retourner à la maison. Elles ont de plus en plus hâte, maintenant qu’elles savent que ce jour approche. C’est notre nouveau but.